

Streaming dominant, vinyle plus discret, mais bel et bien présent, Luxman choisit pour sa part de rendre hommage à deux supports numériques qui ont fait leur preuve : le CD et le SACD. D’autant que la marque japonaise a toujours été leader en matière de lecture CD ; souvenons-nous du D-500XS ou encore du D-107u, doté d’un étage de sortie à tubes, avec toujours ce souci de rendre la lecture numérique plus « humaine » pour ne pas dire plus « analogique ». C’est aujourd’hui la nouvelle série D qui s’est imposée avec le D-10X et le D-03X, le nouveau venu prenant naturellement place entre les deux sur le plan hiérarchique. Présentation similaire, la seule différence siégeant dans la performance des composants.
Sur le plan visuel, le D-07X dégage une sorte d’autorité, celle d’un haut de gamme tout en sobriété, grâce à un design visuel fort bien pensé, optimisé par la qualité des matériaux.
On remarque à l’usage la parfaite maîtrise de la platine réservée aux disques compacts, lente et précise à la fois, grâce au mécanisme LxDTM-1, développé par la marque nippone, et montée directement sur le châssis. Car, d’un point de vue technique, le D-07X se rapproche étrangement du prestigieux D-10X, avec des circuits à très haute performance de la dernière génération.
Cela apparaît clairement avec l’usage du convertisseur DAC BD34301EKV, appartenant à la série « MUS-IC » de ROHM en configuration double mono. Puisqu’il s’agit d’un convertisseur totalement indépendant, il peut prendre en charge, par le biais de l’entrée USB, les données numériques PCM jusqu’à 768 kHz/32 bits et DSD 22,4 MHz sans sourciller. La lecture MQA à partir d’un PC est également possible, à l’aide des CD de ce type.
De la même façon, l’entrée S/PDIF maîtrise les signaux PCM jusqu’à 24 bits/192 kHz. Très important, ce modèle est équipé d’une nouvelle horloge à bruit de phase ultra-faible, en mesure de fournir la plus grande précision possible, avec pour corollaire un très faible jitter. Filtre analogique FIR à deux modes, à mettre en œuvre lors de la lecture des CD ou des SACD pour la qualité sonore souhaitée.

Les étages analogiques, équipés d’une conversion I/V entièrement symétrique, reçoivent les sorties séparées du DAC double mono. S’ajoute un circuit tampon discret nouvellement développé, tout cela à la faveur d’une image sonore bien proche, nous assure-t-on du D-10X.
Quant à l’alimentation, très stable, elle recourt à un gros transformateur de puissance et à des régulateurs indépendants réservés à chaque circuit. Le châssis est blindé, afin de contrer les bruits numériques nuisibles.
Autre aspect, la partie intérieure du lecteur qui impressionne vraiment par cette volonté de cloisonner les différents circuits ; sept sections réservées aux différentes cartes qui gèrent la mécanique de lecture, les circuits numériques ou analogiques, l’alimentation.
C’est l’impression de raffinement qui prédomine d’emblée, avec une image sonore très orientée vers une esthétique volontiers « analogique ». Cette recherche semble d’ailleurs particulièrement prégnante dans le haut de gamme japonais, celle-là même que l’on trouve avec les électroniques Shindo ou Leben, notamment, en quête d’une musicalité optimale, à l’opposé de toute préoccupation « hi-fi » par trop froide et objective, selon les tenants de cette philosophie de l’écoute.
À l’évidence, la richesse des cordes est indiscutable, avec ce côté lié, presque moelleux que l’on ne trouve guère, en effet, qu’en présence d’un système analogique de belle facture. C’est dans tous les cas l’intelligibilité du médium qui est privilégiée, d’une richesse de timbres constante avec toujours cette inclination à la délicatesse plutôt qu’aux sonorités tranchantes, marquées par une certaine infaillibilité.
La musique baroque s’accommode tout particulièrement de ce type d’esthétique sonore et musicale avec cette lumière caractéristique, un peu « dorée » qui ne s’apparente en aucune manière à une coloration mais plutôt à une option, un peu à la façon d’un éclairage LED où l’on a le choix entre le blanc presque bleuté conforme, nous assure-t-on, à la lumière du jour, ou le blanc chaleureux très légèrement jauni, plus proche des éclairages traditionnels, pour ne pas parler de la bougie… C’est de cela que se réclame le Luxman.
On l’aura compris, notre lecture est plus à l’aise dans le raffinement, dans l’expressivité de la musique, plutôt que dans l’éclat, le spectaculaire. Cela dit, même pour cette dernière option, le résultat est tout à fait satisfaisant. Mais il est vrai que les succulences baroques s’accommodent avec bonheur d’une telle option : raffinement de la basse de viole, chantante et fluide, charme vocal également, assorti d’un très beau suivi mélodique mené sans effort, avec à nouveau ce côté fluide qui relève en effet du monde analogique.
Un tel appareil est donc comme parfois avant tout réservé à des mélomanes cultivés à la recherche d’une image sonore telle que l’on peut parfois la trouver au concert. On retrouve ainsi cet aspect « organiquement lié » qui permet de percevoir la musique comme un tout, à la fois vivant et charnel. C’est sans doute la qualité première de ce lecteur attachant.
Cela étant, nous avons procédé à la lecture de plusieurs SACD, un moment réjouissant à dire vrai, qui nous a permis de gagner en résolution, en aisance et, du coup, en dynamique.

À l’écoute des SACD, le gain est sensible en matière d’aération, à la faveur d’une scène stéréo à la fois ultra-précise et vivante. Le charme de la musique live s’impose immédiatement avec des étagements en profondeur parfaitement réalisés, en mesure de satisfaire l’écoute.
Le résultat avec les CD est sans doute un peu moins impressionnant, quoique tout à fait respectable. Dans ce cas précis, c’est toujours le sentiment d’un tout musical qui semble dominer, sans recherche particulière d’une scène holographique en trois dimensions ou d’un relief un rien ostentatoire. Ce lecteur affiche au fond une forme de probité qui entend respecter l’aspect purement musical des enregistrements, avec un purisme qui séduira certains mélomanes.
Les atouts de ce lecteur haut de gamme, relativement coûteux existent bel et bien. Ils siègent avant tout dans cette texture sonore raffinée, éloignée de tout déploiement superflu, mais en mesure de traduire avec talent la richesse harmonique des instruments ou des voix humaines.
Capable de lire à la fois les CD et les SACD, le D-07X se destine donc avant tout aux possesseurs d’une collection de SACD sérieuse, dont il saura tirer le meilleur. Rappelons que ce modèle a vu le jour dans un pays qui privilégie très largement ce dernier support.
Une qualité de fabrication irréprochable, cet appareil distille un plaisir particulier, en proposant une écoute chaleureuse pleine de charme, constamment musicale, axée sur une certaine recherche de la beauté, de la délicatesse et de l’expressivité, sans pour autant négliger un sens de l’objectivité bien étendu nécessaire.
Il s’imposera avant tout, rappelons-le, aux aficionados du SACD, tout à fait en mesure de sublimer de vieux enregistrements analogiques, réputés pour leurs prises de son parfois incomparables, tout cela avec une heureuse synthèse entre achèvement sonore et sens musical.
Timbre
8
Dynamique
7
Scène sonore
7
Qualité / prix
7
Plaisir musical
Facilité d'utilisation
Qualité de fabrication
Dimensions : 410 x 440 x 132 mm
Lecteur hybride : CD/SACD
Réponse en fréquence : 5 Hz/20 kHz (CD), 5 Hz/38 kHz (SACD)
Entrée numérique : coaxiale S/PDIF
Sortie numérique : coaxiale
Sortie analogique : RCA, XLR
Prise USB : B
Poids : 17 kg

