

Ce modèle est la réponse aux mélomanes qui veulent une platine vinyle sans « prise de tête », dans un budget étudié et raisonnable, tout en bénéficiant de la qualité EAT.
Son assemblage est d'une grande simplicité et les solutions choisies pour l'amortissement du châssis, la lutte contre les vibrations et perturbations en tous genres sont d'une efficacité éprouvée.
Ajoutez-y la touche féminine d’une des rares créatrices du monde de la hi-fi en la personne de Jozefína Lichtenegger, et vous obtenez un objet désirable, véritable vecteur de plaisir musical.

Alors que certains constructeurs optent pour des platines légères, EAT reste fidèle à une construction massive. L’ensemble tournant ainsi que le bras sont installés sur un socle épais et rigide en MDF de 5 cm d’épaisseur. Ce socle repose sur 3 pieds coniques, réglables en hauteur, en aluminium amortis par des inserts en TPE (élastomère thermoplastique) qui réduisent tout risque de rétroaction acoustique.
Un moteur à très faible bruit est installé dans un anneau en acier monté dans le châssis. Par une courroie plate en caoutchouc poli antistatique, il entraîne un contre-plateau en aluminium de 0,9 kg sur lequel repose un plateau de 28 mm d’épaisseur lui aussi en aluminium, de 5,2 kg.
Le palier inversé massif de 1,8 kg intègre un axe en acier inoxydable poli muni d’une bille en céramique à son extrémité. En contact avec une plaque de téflon, ce montage assure un bon amortissement avec un mouvement fluide et sans bruit.
Un bloc adaptateur secteur externe fournit une alimentation propre au moteur pour l’obtention de vitesses de rotation précises.
Pièce maîtresse de cette platine, le bras hybride unipivot et cardan C-Note de 10 pouces associe un tube droit en fibres de carbone à un porte-cellule en aluminium, assurant rigidité et faible résonance par la rupture des modes de propagation des vibrations dans les matériaux : l’unipivot soulage la charge sur le roulement tout en bénéficiant de sa stabilité et de sa facilité d’utilisation.
Une graisse à base de silicone amortit les résonances du bras de lecture et vient parfaire l’isolation de la cellule phonocaptrice qui s’exprimera au mieux. Un câble phono asymétrique est fourni, avec en option la possibilité d’un câble symétrique pour la transmission complète du signal dans ce format.
À l’évidence, cette platine met en lumière la douceur et le soyeux de la reproduction par un travail d’analyse où domine le naturel, cette essence analogique des sons faisant toute la différence. Elle délivre une belle proximité avec la musique quel que soit le genre écouté : c’est une restitution réaliste bien construite dans l’espace avec un confort d’écoute certain.
Les timbres revêtent un beau grain avec un détourage incontestable malgré un nuancier très légèrement atténué. Une très bonne neutralité générale s’impose sans qu’aucune coloration ou once d’agressivité n’entache le charme de la restitution. La balance tonale ressort bien équilibrée, sans bosse ni creux.
Le registre grave solide, confortable avec sa très légère rondeur, descend avec densité sans nuire à la pureté du reste du spectre sonore. Un côté à la fois lustré et opulent prédomine ; sur le Night Bird de Bernard Lavilliers, très exigeant sur les basses fréquences, nous ne bénéficions certes pas de toutes les nuances inscrites au fond du sillon permises aux toutes meilleures, mais la restitution complexe reste d’une grande cohérence, avec une matérialisation correcte et une bonne séparation des notes.

Dans un tout autre genre, la voix et la diction de Sarah McCoy sur l’album Blood Siren restent soignées avec des reprises de souffle perceptibles et une séduction évidente. L’ambiance d’un concert est vraiment réaliste avec une présence affirmée, la grande aération d’une scène sonore bien dimensionnée, d’une profondeur notable et à la stabilité jamais remise en question.
Les transitoires ordonnés et structurés ne passent pas inaperçus. Leur éclat est toutefois assagi par une énergie légèrement atténuée, un léger manque de vitesse sur les attaques, sans doute imputable à la cellule montée, le bras pouvant accueillir des modèles bien plus ambitieux. La restitution exprime davantage sa nature par le contrôle, la mesure et l'équilibre général ressenti.
Poser un vinyle sur cette C-Dur revient à s’extasier sur une musique fluide, naturelle et aux belles sonorités comme sait si bien le restituer ce support « d’antan ».
Nous avons là un bel objet digne de la lecture vinyle au classicisme fait du mélange d’un savoir-faire certain et d’une élégance discrète, à l’ergonomie évidente pour tout un chacun. Un retour aux sources qui favorise une écoute détendue, digne d’un certain âge d’or de la hi-fi, exprimant une reproduction musicale universelle et confortable pour tous genres musicaux : la joie simple en somme de passer un vinyle.
Elle n’a certes pas la prétention de ses consœurs bien plus ambitieuses et chères, mais elle laissera une place privilégiée à la seule musique, en plus de sa plastique avantageuse qui plaira à madame.
Timbre
Dynamique
Scène sonore
Qualité / prix
Plaisir musical
Facilité d'utilisation
Qualité de fabrication
Type : entraînement par courroie
Vitesse : 33,33 & 45 t/min
Dimensions (L x P x H) : 496 x 396 x 170 mm
Poids : 15,6 kg
Pleurage et scintillement : < 0,01 %
Rapport signal/bruit : -70 dB
Bras : C-Note 10 pouces
Masse effective : 16,5 g
Longueur effective : 254 mm

