Accessoire Hi-fi

ASTELL&KERN | PD10

Monday, February 2, 2026
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Introduction

Le PD10 marque un tournant dans la stratégie d’Astell&Kern avec une approche centrée sur la polyvalence. Son imposant écran tactile de 6 pouces Full HD et son châssis en acier inoxydable définissent un appareil à la frontière entre mobilité et sédentarité.

Sa véritable innovation réside dans sa triple fonction : lecteur autonome haute-résolution, DAC USB pour sources informatiques, et maillon hi-fi complet via sa station d’accueil. Cette conception hybride en fait le pivot d’un système audio personnel évolutif, capable de s’adapter à tous les contextes d’écoute sans sacrifier la qualité sonore. Un compagnon musical qui transcende les catégories traditionnelles d’équipements audiophiles.

Quand la technique flirte avec l’absolu

Configuration avec berceau

L’architecture HEXA du PD10 représente un tour de force technique. Cette structure sépare complètement les circuits numériques et analogiques avec une rigueur obsessionnelle. Deux puces AK4191EQ gèrent exclusivement le traitement numérique du signal, tandis que quatre DAC AK4498EX de dernière génération assurent la conversion analogique. Cette séparation physique et électrique élimine toute interférence et garantit un plancher de bruit abyssal de -128 dB en mode symétrique.

L’amplification adaptative constitue l’autre innovation majeure. Le PD10 intègre trois modes distincts : le Normal Gain (jusqu’à 5,5 Vrms) privilégie la finesse pour les casques sensibles, le High Gain (jusqu’à 8,3 Vrms) délivre la puissance nécessaire aux casques exigeants, tandis que le Smart Gain détecte automatiquement l’impédance et ajuste l’amplification. Le système DAR (Digital Audio Remaster) retravaille les fichiers PCM et DSD en temps réel pour optimiser leur restitution.

Six filtres numériques permettent d’affiner la signature sonore : Edge pour une réponse transitoire ultra-rapide, Acoustic pour un caractère plus organique, Traditional pour une approche classique, Harmonic pour enrichir les harmoniques, ou encore des variantes Slow et Fast Roll-Off qui modifient la pente de coupure des hautes fréquences. Cette palette de réglages transforme le PD10 en véritable laboratoire sonore.

Installé sur son socle dédié, l’appareil se métamorphose en maillon hi-fi complet. Ses sorties XLR symétriques exploitent pleinement l’architecture HEXA à quatre DAC pour délivrer vers un amplificateur externe un signal d’une pureté et d’une séparation stéréophonique remarquables. Le berceau, avec ses entrées numériques supplémentaires, fait du PD10 le centre névralgique d’un système audio domestique complet et performant.

Fabrication et écoute

Timbres

Le PD10 marque une évolution vers une signature plus musicale qu’analytique pour Astell&Kern. L’architecture à quatre DAC AK4498EX déploie une richesse harmonique captivante. Sur « The Girl from Ipanema » (Getz/Gilberto en DSD128), le saxophone révèle toutes ses textures — souffle, vibration des anches, résonances — avec une fidélité remarquable. La voix d’Astrud Gilberto baigne dans une aura veloutée qui rappelle la chaleur des électroniques à tubes.

Les filtres numériques transforment cette signature selon les préférences. En mode Harmonic sur « Asturias » de Yepes, la guitare classique dévoile chaque corde dans sa pleine personnalité : graves profonds, médiums chaleureux, aigus brillants sans agressivité. À l’inverse, le filtre Edge sur « Time Out » de Dave Brubeck privilégie la précision des attaques de piano, chaque note se détachant avec une clarté cristalline. Cette adaptabilité sonore constitue l’un des atouts majeurs de l’appareil.

Dynamique

L’architecture HEXA révèle pleinement son potentiel dans les nuances subtiles grâce à un plancher de bruit remarquablement bas. Sur « Scheherazade » de Rimsky-Korsakov (Orchestre de Chicago), les pianissimos des cordes conservent toute leur tension dramatique, même à faible volume d’écoute. En mode High Gain avec le Meze Liric II, l’autorité dynamique du PD10 convainc, sans toutefois égaler les amplificateurs de bureau haut de gamme dédiés. Les passages orchestraux les plus denses de « Also sprach Zarathustra » de Strauss sont restitués avec conviction, mais on note une légère retenue dans les fortissimos extrêmes avec les casques les plus exigeants.

Cette limitation s’efface avec des modèles d’impédance moyenne, confirmant que le PD10 s’exprime pleinement avec des casques modérément gourmands en courant. L’amplification adaptative Smart Gain démontre ici toute sa pertinence en ajustant automatiquement la puissance selon l’impédance du casque.

Scène sonore

Le PD10 sculpte une scène sonore d’une ampleur et d’une stabilité remarquables. L’orchestre dans Scheherazade se déploie avec une profondeur naturelle, chaque pupitre occupe sa position sans jamais empiéter sur son voisin. La séparation stéréophonique, fruit de l’architecture quad-DAC, place chaque instrument dans un espace tridimensionnel cohérent.

Sur Larks' Tongues in Aspic de King Crimson, le PD10 démêle avec habileté les strates rythmiques entremêlées. Chaque instrument conserve son intelligibilité même dans les passages les plus denses. La scène reste stable en toutes circonstances, sans effet de balancement ou de flou. On regrette cependant un léger manque de profondeur sur certains enregistrements très exigeants, où les références absolues creusent davantage l’arrière-plan. Cette limitation demeure mineure et n’entache pas la cohérence globale de la présentation spatiale.

Rapport qualité/prix

À environ 2 990 euros, le PD10 se positionne dans le segment premium du marché, mais sa proposition de valeur demeure solide. Il faut considérer qu’on acquiert ici trois appareils en un : un lecteur haute résolution capable de traiter nativement les formats les plus exigeants, un DAC USB de référence qui rivalise avec des modèles de bureau coûtant le double, et un berceau qui transforme l’ensemble en source hi-fi complète.

La comparaison avec la concurrence directe révèle les atouts du PD10. Un DAC de bureau de niveau équivalent comme le Chord Hugo TT 2 coûte à lui seul plus de 4 000 euros, sans offrir la portabilité ni l’écran tactile.

Verdict

L’Astell&Kern PD10 propose une approche originale de l’audio portable haut de gamme. Sa conception hybride répond intelligemment aux besoins de l’audiophile moderne qui refuse de compartimenter son écoute. L’architecture HEXA et le quad-DAC garantissent des performances de très haut niveau, tandis que les six filtres numériques offrent une personnalisation appréciable. En mode DAC USB, il rivalise avec les meilleures sources de bureau.

Le PD10 constitue une vision cohérente de ce que peut être l’audio personnel contemporain : polyvalent, technique et profondément musical.

Timbre

7

Dynamique

7

Scène sonore

7

Qualité / prix

7

Plaisir musical

Facilité d'utilisation

Qualité de fabrication

Fiche technique

Prix :
2990
euros
Origine :
Corée du sud

Matériaux : Acier inoxydable et verre
Écran : 6 pouces Full HD tactile
Architecture : HEXA (séparation numérique/analogique)
DAC : 4 x AKM AK4498EX + 2 x AK4191EQ
Amplification : Normal/High/Smart Gain (5,5 à 8,3 Vrms)
Décodage : DSD512 natif, PCM 32-bit/768kHz
Filtres numériques : 6 options (Edge, Acoustic, Traditional, Harmonic, Slow/Fast Roll-Off)
Sorties : 3,5 mm, 4,4 mm symétrique, XLR via berceau
Connectivité : Wi-Fi, Bluetooth, USB-C (DAC), AK File Drop
Autonomie : 15 heures (batterie 5 770 mAh)
Stockage : 256 Go + microSD (jusqu’à 1 To)

Haute Fidélité N°276
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