

La nécessité d’un très bon amplificateur pour casque se fait ressentir pour les grands amateurs du genre. Dans ce cas, un circuit symétrique est vraiment un plus incontestable à l’écoute, pour un recul évident du bruit de fond, mais pas seulement. Qui d’autre que Bryston, expert du monde pro, peut satisfaire à cette demande ?
L’allure est sans surprise, classique, 100 % Bryston, c’est du solide usiné dans l’aluminium massif et anodisé, bénéficiant de la célèbre garantie 20 ans.
En façade se trouve la sélection par un switch des trois entrées présentes à l’arrière : RCA, XLR et mini-jack 3,5 mm, pour un appareil nomade. À côté se trouve le choix de deux gains : 20 dB et 14 dB, bien adapté à un large panel de casques.
D’ailleurs, la puissance du BHA-1 est conséquente, plus de 2 W par canal sur 32 ohms, réserve plus que confortable. Le large volume est à l’ancienne, agréable à manipuler, jouxtant la balance à cran central.
À droite se trouvent les sorties : une asymétrique sur jack 6,35 mm aux contacts plaqués or ; un adaptateur en « Y » approprié pourra piloter deux casques asymétriques à partir de cette prise.
Suivent trois fiches XLR, où les deux premières servent dans le cas où le casque dispose de sorties symétriques séparées gauche et droite sur XLR 3 points, ce qui offrira les meilleures performances. La troisième est la sortie stéréo classique sur XLR 4 points.
À noter que, bien que le BHA-1 soit capable de piloter plusieurs paires d’écouteurs à partir de ses sorties, la puissance totale délivrée doit être inférieure ou égale à celle de sortie nominale, afin de maintenir des performances optimales et éviter une surchauffe.
Malheureusement, c’est difficilement prévisible, car tout dépend des impédances de charge, des niveaux de tension de sortie et du niveau d’écoute en fonction de la sensibilité du casque. L’utilisateur devra voir si c’est le cas selon les modèles.
Enfin, le switch de mise en marche côtoie une LED, qui s’allume en vert, ou en rouge quand l’alimentation externe optionnelle MPS-2 est allumée, mais que le BHA-1 est, lui, éteint.

L’implantation intérieure montre une conception très sérieuse, totalement double mono et symétrique. Il fonctionne comme un amplificateur de puissance miniature, et adopte les mêmes éléments de conception éprouvés que ceux utilisés dans les amplificateurs Bryston.
Six amplificateurs opérationnels discrets fonctionnant en classe A génèrent la sortie casque. Chaque moitié de l’une ou l’autre sortie symétrique est alimentée par un amplificateur séparé dans une configuration pontée (pour un total de 4 amplificateurs de sortie).
L’avantage de piloter chaque haut-parleur du casque avec deux amplificateurs en mode symétrique est de doubler la tension du signal vers chaque driver. Cette configuration est plus stable et silencieuse, notamment en présence d’une charge difficile.
Le puissant montage en classe A chauffe ; malgré la taille basse, il faut laisser assez d’espace pour la convection naturelle.
Le choix de 2 gains est appréciable, et la structure symétrique est un atout qui s’entend.
Le volume est le célèbre ALPS Blue Velvet RK27, et les circuits sont majoritairement en composants CMS (de surface), sauf pour les condensateurs.
Enfin, des sorties analogiques sur XLR permettent d’utiliser le BHA-1 en tant que préamplificateur symétrique, ce qui est un gros avantage, si les deux entrées suffisent.
Difficile de cerner l’identité sonore exacte du Bryston, car il n’en a pour ainsi dire pas, sinon celle de la prise de son.
Aucune coloration typée ne se perçoit, à la différence de certains modèles à tube certes très agréables, mais qui finalement ajoutent leur signature à l’enregistrement original.
Un choix philosophique s’impose donc entre un appareil charmeur mais sans doute pas tout à fait neutre, et l’école Bryston très monitoring, se contentant d’être aussi fidèle que possible à la source, sans rien omettre ni rien ajouter.
S’y adjoint une transparence poussée qui laisse percevoir tous les détails que sont capables de restituer les casques haut de gamme, comme le Focal Utopia, surtout en liaison symétrique.
La sensation d’aération générale est extrême, comme un voile qui se lève et laisse découvrir les plus infimes nuances. De plus, la précision de placement des instruments, sans flou artistique, est évidente.
Le piano d’Emil Gilels, enregistré au Concertgebouw d’Amsterdam (The Lost Recordings), sur Arabesque de Schumann, possède une légèreté, une limpidité et une rapidité qui donnent un sentiment de naturel évident, aussi lorsque l’on perçoit les bruits du siège du pianiste lors de ses mouvements.
Les attaques sont très vives également sur le Bryston, instantanées, prouvant des capacités dynamiques irréprochables, bien dans la tradition de la marque canadienne.
Côté timbres, le BHA-1 se contente d’exalter ceux des meilleurs casques, sans les dénaturer ni rajouter une signature particulière, et l’univers sonore peut changer radicalement selon les morceaux.
Par exemple, le Tracy Chapman Crossroads montre un grave superbe et précis, bien charpenté, et la voix chaude de l’artiste exprime son humanité, sans être décharnée ni maigre. La finesse de la guitare est exceptionnelle, d’une authenticité surprenante.
C’est aussi le cas de la voix d’Astrud Gilberto sur « Samba de Uma Nota Só » de Jobim, album Live at Berlin de 1966, accompagnant Stan Getz, dans une atmosphère vivante et réaliste, en prise directe avec la beauté de cet enregistrement historique.
Finalement, le BHA-1 est l’exhausteur des qualités des meilleurs casques.

Tout à fait classique et dépourvu d’attributs contemporains dernier cri, le BHA-1 se concentre sur l’essentiel, qui est contenu à l’intérieur.
C’est-à-dire un schéma symétrique en classe A à même d’exploiter idéalement les bons casques.
Il peut aussi servir de préampli avec sortie XLR, ce qui est appréciable, si ce n’est qu’il n’y a pas de télécommande.
Si vous pouvez débourser 2 500 euros et que vous possédez un DAC externe, la neutralité du BHA-1, ses aptitudes dynamiques, son sens aiguisé du détail, son silence et son image sonore ouverte ne feront perdre aucune subtilité à votre casque préféré.
Timbre
Dynamique
Scène sonore
Qualité / prix
Plaisir musical
Facilité d'utilisation
Qualité de fabrication
Couleur : silver ou noir
Garantie : 20 ans
Dimensions (L × H × P) : 432 × 69 × 282 mm
Poids : 3,6 kg
Réponse en fréquence : 20 Hz – 20 kHz (0,1 dB)
THD : < 0,003 %
Rapport signal/bruit : 105 dB
Entrées : RCA, XLR, mini-jack
Sorties : jack 6,35 mm, 2 × XLR
Impédance d’entrée :
Asymétrique : 10 kΩ
Symétrique : +15 kΩ/-5 kΩ
Sensibilité d’entrée :
Hi (20 dB) : 70 mV (100 mW out)
Low (14 dB) : 140 mV (100 mW out)

