Enceintes Hi-fi

TRIANGLE MAGELLAN CELLO 40TH

Wednesday, September 9, 2026
TRIANGLE MAGELLAN CELLO 40TH
Entre nos lignes, maintenant :  
TRIANGLE MAGELLAN CELLO 40TH

Introduction

Belle colonne élancée, qui prend place juste au-dessous de la grandiose Quatuor 40TH, au-dessus du modèle bibliothèque Duetto 40TH, la Cello trouvera sa place dans des salles d’écoute d’au moins 25 m², qui pourront s’étendre à 50 m². Elle revendique la capacité à recréer le « grand son », pour une taille encore raisonnable.

Le coffret, agréablement courbé, entend contourner efficacement les ondes stationnaires. Ce dernier est réalisé en contreplaqué, à partir de couches successives de 3 mm. S’ajoutent à cela de nombreux renforts, placés dans les zones critiques.

TRADITION OPTIMISÉE

Pour le registre aigu, Triangle reste fidèle aux modèles à pavillon, et pour l’occasion au très haut de gamme TZ2900. Ce haut-parleur de la dernière génération recourt à un alliage de magnésium, capable d’optimiser la bande passante, sans distorsion.

Tradition encore avec le médium de 160 mm, toujours avec membrane papier et suspension à petits plis, en mesure de préserver la vie et la rapidité naturelle de la musique, dont Triangle s’est toujours fait le champion. S’ajoute une pièce de phase en forme d’ogive, afin d’optimiser la directivité.

Pour le registre grave, la marque française a, depuis le début, privilégié des transducteurs de faibles diamètres, afin de préserver là encore la rapidité et l’articulation, au mépris – justifié – de sonorités souvent surexposées dans ce registre toujours problématique.

Il s’agit de deux modèles de 160 mm, les T16GMMT15GCl. On emploie, pour les membranes, une structure sandwich en verre alvéolaire, issue de l’aérospatiale, qui cumule la légèreté à une rigidité hors norme.

Ces trois haut-parleurs font usage du nouveau système de refroidissement LHS 2, placé à l’arrière du moteur.

CONCEPTION 100 % TRIANGLE

En face avant, on aperçoit la pointe de découplage placée à l’extérieur du socle, selon le principe SPEC. Cette pointe solitaire, qui prend position dans l’alignement des haut-parleurs, permet d’évacuer l’énergie vibratoire vers le sol.

D’autant que l’évent bass-reflex, avec son large résonateur circulaire à bouche évasée, est placé juste au-dessus.

Quelques mots sur le filtrage, réalisé à partir de composants haut de gamme, provenant notamment de la marque française SCR Audio.

Rappelons que la plupart des composants sont conçus et fabriqués par la marque, qu’il s’agisse des haut-parleurs dans leur totalité ou même de certains éléments du filtrage, principe auquel Triangle est toujours resté fidèle.

Fabrication et écoute

Timbres : Lors d’une première écoute, l’enceinte n’est pas sans séduction, avec cette forme de légèreté, d’aération sans lourdeur qui s’inscrit au fond dans la tradition de la marque. Car Triangle a toujours excellé dans ce domaine, qui sert au fond une certaine cause musicale : jamais ce côté volontiers « adipeux » qui n’a au fond rien à voir avec ce que l’on entend au concert.

Pourtant, une écoute plus attentive nuance un peu notre propos. Cette forme de sveltesse sonore, a priori de bon aloi, dessert quelque peu un certain sens de la matière, de la densité. Cela nuit sans doute à une véritable caractérisation des timbres qui requiert une incarnation véritable à la façon d’un noyau sonore à la fois lapidaire et stable.

Car, une fois de plus, les promesses d’une vraie enceinte haut de gamme s’inscrivent dans la logique des contraires : être en mesure de produire une sonorité fine et légère quand cela s’impose, par exemple sur les violons ou la flûte traversière, tout en ayant la capacité à rendre tangible la matière des contrebasses à l’unisson ou plus simplement le souffle puissant, intense des bois, de la clarinette ou du contrebasson. Une forme d’art assurément…

Il y a plus : le tweeter assez haut perché se fait sans doute un peu trop entendre, notamment sur les forte, à la façon d’une sonorité un peu « nasillarde » et répétitive. Cela étant, tout nous autorise à penser que ces enceintes, livrées neuves, ont manqué tout simplement de rodage.

Dynamique : En revanche, le sens du rythme de la Cello est sensible ; cela confère au discours musical une belle intelligibilité, un élan bienvenu.

Cela étant, la gestion de l’ambitus dynamique, du pianissimo au plus éclatant des fortissimo, fait appel à d’autres aptitudes, notamment la stabilité ou le sens de l’ordre, avec cette faculté à préserver une certaine limpidité lors des signaux sonores de grande intensité.

Les réserves exposées précédemment contribuent là encore à « lisser » un peu le propos, avec une tendance à la dématérialisation qui empêche d’appréhender la musique dans toute sa puissance corporelle véritable, sans parler de la prégnance un peu accentuée du tweeter…

Dans les passages musicaux plus tempérés, la Cello laisse percevoir des nuances qui n’excluent pas une certaine délicatesse, malgré une image sonore toujours un peu artificielle.

Scène sonore : La localisation des instruments ou des voix humaines se révèle assez convaincante. Mais nous savons que la perception acoustique et sonore est essentiellement d’ordre phénoménologique, à la façon d’une impression globale, indifférenciée.

Autant dire qu’elle prend tout en compte, en associant l’équilibre spectral, le réalisme des timbres, la vitalité dynamique ou même la crédibilité véritable de l’image stéréo. Tout cela comme un tout véritablement « organique ».

Or, les limites exposées plus haut nuisent à cette crédibilité totale, malgré une mise en espace somme toute convaincante qui s’accompagne d’une réelle précision dans la localisation. Mais là encore, le manque de rodage probable y est peut-être pour quelque chose.

Rapport qualité/prix : À l’évidence, cette enceinte ne nous a pas entièrement captivés, avec des déficits qui se localisent avant tout dans la traduction des timbres. Ces derniers négligent à la fois la caractérisation et, par conséquent, la richesse véritable.

Cela pourrait impliquer, comme nous l’avons mentionné plus haut, une absence cruelle de rodage. Cela entame, pour l’heure, l’équité d’un rapport qualité/prix satisfaisant.

Verdict

Triangle s’est toujours fait connaître par l’excellence de ses modèles d’une réelle accessibilité financière et qui brillaient – qui brillent ? – alors – toujours ? – par leur franchise et leur fraîcheur musicale toujours plaisantes, jamais décevantes.

Avec cette possibilité de constituer une chaîne à moins de 5 000 euros appuyée par de bonnes électroniques anglaises, tout cela au service de la probité et de la musicalité.

Cette fois-ci les choses ont changé, le prix d’abord, pour un résultat sonore et musical qui, dans l’état actuel des choses, nous laisse un peu perplexes.

Timbre

5

Dynamique

7

Scène sonore

7

Qualité / prix

5

Plaisir musical

Facilité d'utilisation

Qualité de fabrication

Fiche technique

Prix :
11000
euros
Origine :
France

Dimensions : 425 × 1 140 × 320 mm (avec socle)
Poids : 38,8 kg
Sensibilité : 90 dB
Bande passante : 35 Hz à 30 kHz
Type : 3 voies
Puissance de l’amplificateur : de 30 à 400 W
Impédance nominale : de 3,4 à 8 ohms
Charge : bass-reflex
Fréquences de coupure : 350 Hz et 2,5 kHz

Haute Fidélité N°260
Cette article à été publié dans :
Haute Fidélité N°260
DECEMBRE / JANVIER 2021/2022
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