

ATC développe depuis près de cinquante ans une ligne de produits à la fois professionnelle et grand public, qu’il s’agisse d’enceintes ou d’électroniques très haut de gamme. Cette marque britannique conçoit ses haut-parleurs.
La SCM-20 PSL appartient à la série Classique. Enceinte de forme classique, elle accuse un poids considérable (18 kg) à la faveur d’une grande inertie. Lutte efficace contre les résonances parasites, grâce aux panneaux bitumeux placés aux endroits critiques.
En effet, l’ancrage professionnel d’ATC est indéniable, par le biais d’un engagement actif dans le domaine de l’enregistrement notamment, chez Sony Music ou Telarc. Car, depuis une quinzaine d’années, Billy Woodman, le concepteur, et son équipe ont développé une nouvelle topologie de haut-parleurs qui vise à éliminer les effets de « l’hystérésis magnétique », source importante de distorsion.
Et puis, c’est sans aucun doute la fameuse technologie SL qui incarne au mieux cet engagement.
Ce modèle bibliothèque deux voies de 20 litres accuse un certain poids (18 kg) qui conduit à une inertie bénéfique. En témoignent les panneaux bitumeux qui prennent place à l’intérieur du coffret et placés à des endroits critiques, afin de limiter toute forme de coloration, de résonances parasites.

Les haut-parleurs maison sont fabriqués à la main. Ainsi, le grave/médium de 150 mm recourt à un cône singulier, réalisé à partir d’un matériau en polyester « insonorisé » propriétaire.
S’ajoutent une énorme bobine acoustique de 75 mm, conçue de façon très élaborée, et un moteur massif avec bobine courte, conçu selon le principe « SL », exclusivité de la marque britannique.
Cela garantit une puissance élevée, sans distorsion.
Le tweeter à dôme souple de 25 mm est doté d’une double suspension, à la fois primaire et secondaire, et d’un moteur Tesla à très haute énergie.
Notons que la conception spéciale de ce transducteur permet de faire l’économie du ferro-fluide, avec l’avantage d’un entrefer magnétique réduit, et d’une meilleure gestion de la bande passante.
Cet ensemble contribue à la réalisation d’une enceinte de type monitoring de très haut niveau.
La cohérence entre les deux haut-parleurs est assurée par un filtrage de 2e ordre qui comporte des inducteurs à noyau d’air surdimensionnés et bobinés par ATC.
Les condensateurs, pourvus des mêmes films en polypropylène métallisé haute tension et d’inductance à air, offrent une fiabilité exceptionnelle.
ATC recommande, ce qui est normal, l’utilisation de ses propres électroniques, pour lesquelles ses enceintes sont conçues, avant tout, sans négliger toutefois, au vu de leur faible impédance de charge, l’usage d’amplificateurs de marques concurrentes.

On est en effet en présence d’une enceinte racée, singulière, mais d’une singularité qui s’exprime avant tout dans la subtilité musicale.
Car ces modèles imposent à l’évidence une culture de l’écoute raffinée, s’agissant d’une certaine qualité de la matière musicale, notamment.
On est frappé en effet par le délié et la profondeur de l’image sonore, qui paradoxalement ne porte aucun préjudice à l’éclat réel des interprétations.
Ce qui saisit encore davantage, c’est un certain sens du moelleux dans les alliages de timbres les plus subtils et qui, cela est peu fréquent, respecte admirablement le legato, sur les violons en particulier.
Ces derniers retrouvent leur côté soyeux et délicat assez rare en haute-fidélité aussi prestigieuse et coûteuse soit-elle.
Cela profite bien entendu à la véracité des timbres telle qu’on peut la percevoir au concert.
C’est sans aucun doute la qualité première de ces petites enceintes vraiment magiques de ce point de vue, et qui par ailleurs séduisent par leur grande stabilité, conséquence fréquente des meilleurs modèles à rendement modéré.
Dans tous les cas, la prétendue haute-fidélité s’efface devant la musique avec un talent rare : les voix humaines, les instruments retrouvent une étrange incarnation qui échappe à de nombreuses rivales.
La qualité du médium, sa fraîcheur naturelle y sont pour beaucoup, à l’exclusion radicale de toute aseptisation néfaste.
D’un rendement moyen et même plutôt bas, l’enceinte n’est en aucun cas rétive aux accents contrastés, et même à une certaine fulgurance, conséquence probable de cette fameuse technologie « SL ».
Les nuances subtiles, corrélatives à cette sonorité ductile et fluide, sont bel et bien présentes, avec art et beauté, toujours dans un cadre remarquablement stable et parfaitement maîtrisé.
Surprise encore, avec ce modèle de taille réduite, dans sa capacité à négocier les forte ou même les fortissimo d’orchestre avec une telle limpidité, sans effet de brouillage : les cuivres restent parfaitement lisibles, sans saturation perceptible, sans gommage des aspérités.
Et puis, comme nous l’avons évoqué plus haut, on se laisse surprendre par l’urgence, la rapidité dont ce modèle est capable, dans un trait vocal ou instrumental qui conduit toujours à une réelle expressivité d’essence purement musicale.
L’ATC symbolise à elle seule les progrès notables dans le domaine du rendement modéré qui semble désormais en mesure de réunir ces fameuses qualités contraires, telles que la stabilité, l’ordre ou l’incarnation véritable, qui se conjugue tout naturellement à la vie, la célérité, telle qu’elles peuvent être ressenties en direct.

La SCM-20 PSL possède un sens aigu de la proximité sonore.
Ainsi, la musique prend vie à faible distance des haut-parleurs avec beaucoup d’éclat et de « présence acoustique », sans impression de tassement ou de flou, s’agissant d’un modèle de taille réduite avec les petites limites sur le plan de l’ampleur que cela suppose.
La musique respire tout de même librement, sans contrainte apparente, avec au fond un côté avant tout « naturel ».
Cela étant, on cherchera en vain une image stéréo holographique qui scrute la scène sonore avec faste et ultraprécision.
Dans ce domaine, on reste davantage dans l’honorable tradition anglaise du meilleur cru qui privilégie avant tout l’honnêteté et, une fois de plus, le sens musical.
Pour autant, dans notre enregistrement de Carlos Mena (Mirare), la voix du contre-ténor prend place bien au centre, à équidistance des deux enceintes avec une absolue crédibilité.
Pour des raisons évidentes, le volume et la mise en espace d’un orchestre symphonique au grand complet se révélera un rien moins convaincante.
Ce modèle haut de gamme, sensible et d’une très grande intelligibilité musicale vaut son prix assurément.
Il laisse percevoir avec un talent incontestable certains aspects de la reproduction musicale qui restent trop souvent dans l’ombre, ce sens inné de la flexibilité en particulier.
Petit coup de cœur à sa façon, pour ce modèle très attachant, d’une incontestable personnalité et qui semble, de façon rare, coller à la réalité des interprétations ; tout cela avec une sensibilité et un raffinement vraiment surprenants.
Ces plus-values tangibles semblent conduites par une recherche technologique, qui, comme souvent en Angleterre, tente de serrer au plus près la réalité musicale, une sorte de tradition nationale en somme.
Et puis il y a sans nul doute cette réconciliation valeureuse qui parvient à réunir les valeurs traditionnellement attribuées au bon ou haut rendement comme la rapidité, la réactivité, l’étendue dynamique, et celles du bas rendement agrégées à la stabilité, l’ordre et à un côté au fond plus dense et plus charnel.
Timbre
8
Dynamique
8
Scène sonore
7
Qualité / prix
8
Plaisir musical
Facilité d'utilisation
Qualité de fabrication
Dimensions : 450 x 250 x 294 mm
Poids : 18 kg
Sensibilité : 85 dB
Impédance : 8 ohms

