

Au-dessus du B.amp stéréo, les blocs monophoniques coiffent la série Référence du constructeur alsacien, qui suit sa route sansdévier de sa philosophie. La fonction dicte la forme, par une sobriétépresque ascétique, signature de B.audio. Mais la discrétionextérieure cache un tempérament musical bien trempé, basé sur un circuit totalement symétrique et des technologies propriétaires.
La présentation ne s’embarrasse pas de superflu et semontre identique au B.ampstéréo. Seules deux LEDaniment la façade, visualisant lamise en veille. Un appui de deuxsecondes sur la touche circulaireaffleurant active le mode de détection automatique de modulation; leB.amp mono se met en veilleaprès plusieurs minutes d’inactivité et se réactive au passage dusignal. L’arrière montre une seuleentrée XLR, car le circuit del’amplificateur est intégralementsymétrique; le B.amp mono feraprofiter des sorties symétriquesd’un préamplificateur, ou d’unDAC intégrant niveau variable etsorties XLR, comme notre Totaldac d1-direct.
Cela se concrétise à l’intérieur parla présence de deux transformateurs Toroïdy à faible rayonnement, réalisés sur mesure enPologne, un pour chaque rail d’alimentation positive et négative.Mais l’originalité de B.audio, c’est son étage driver dit IOD (IntelligentOutput Drive), constitué de 6 transistors polarisés en classe A,s’intercalant entre les étages degain en tension et les transistorsde sortie. Comme son créateurl’indique, l’IOD fournit un courantde pilotage aux transistors de sortie en réagissant instantanément aux variations d’impédancede ces derniers, notamment dans la zone de croisement, et fait tampon vis-à-vis des courants de retour générés par les hautparleurs, permettant à l’étage le précédant de travailler dans des conditions optimales, quelleque soit la charge en aval.

L’étage de sortie est constitué dedeux fois 4 paires de transistorsbipolaires complémentaires appairés, intégrant une boucle decontre-réaction locale, et non globale comme souvent. La topologieB.audio, mise au point après denombreuses simulations informatiques et validations à l’écoute,permet de réduire drastiquementla distorsion de croisement, qui ade grandes répercussions. Rappelons qu’en classe AB, chaque transistor commute sur une moitié desinusoïde, mais selon la polarisation, il chevauche aussi sur unepartie de l’alternance négative,selon un certain pourcentage(angle de conduction). C’est cecroisement qui occasionne unedistorsion, parfaitement cernéeà l’écoute selon B.audio, et quin’existe pas en classe A où lesemi-conducteur conduit sur latotalité du cycle. Ici, les étages desortie travaillent en classe ABavec une distorsion de croisementnégligeable, ce qui égale les avantages de la classe A, mais réduitgrandement la consommation etl’échauffement pour une puissance de 300 W sous 8 ohms.Enfin, le signal ne rencontre pas de condensateur sur son chemin, des circuits d’asservissement multipôles opérant en dehors de son trajet, pour fournir une référence continue aux éléments actifs du circuit,sans influence sur la modulation.
La neutralité est exemplaire, comme toujours chezB.audio, et l’absence totale de distorsion se traduit par une douceurétonnante, sans crispation ou raideur dans l’aigu, ce qui est trèssurprenant pour un classe ABaussi puissant. La balance tonaleest parfaitement dosée, d’une définition poussée, dotée d’une trèsbelle richesse dans le médium,loin des approximations parfoisrencontrées sur certains transistors. Le grave est aussi un pointfort, grâce au couplage direct et àla forte réserve de courant. Satenue autoritaire est une main defer contrôlant bien les débordements inutiles, jusque dansl’extrême grave si l’enceinte veutbien suivre. Le haut pouvoir de différenciation des nuances duB.audio sera bien mis en valeurpar un bon vinyle, comme le saxophone d’Archie Shepp sur «Troublein Mine», rarement entendu avecautant de matière, de fidélité sur lesbruits d’anche, et de douceur à lafois. La voix d’Hannah Reid du London Grammar sur «Baby It’s You»est aussi splendide, jamais stridente, mais pleine, sensuelle etémouvante. La musique s’installebien dans la pièce.
Le B.audio monoencore une fois ne fait pas dansl’exubérance, mais contrôle souverainement les écarts d’intensité, oùla puissance se fait nettement sentir. Elle parle, comparée à des appareils stéréo qui n’ont pas cetteautorité sur les fortes sollicitations,surtout dans le grave. Sur «HauteCouture» de Sébastien Tellier, lagrave descend très bas sans débordement, les boomers des PMCétant bien tenus pour une extensionmaximale sans flou artistique ni laisser-aller du haut-parleur. C’estassez impressionnant car souventce titre est plutôt confus dans cesecteur qui manque de rigueur.L’extrême grave sur le morceau«Limit to Your Love» de JamesBlake est impressionnant, car parfaitement articulé. Sur la musiquesymphonique, les B.audio sont trèsà l’aise, sans crainte pour les fortissimo qui passent sans écrêtage nicrispation. C’est l’apanage desamplificateurs de haute puissancequi s’expriment sans distordre, surtoute la plage dynamique.

La séparation physique de chaque canal est ici clairement un avantage, évitanttoute diaphonie. La profondeur dela scène sonore gagne quelquesmètres, et la délimitation dansl’espace des musiciens est nettement plus précise, sans intermodulation. Ces blocs possèdent unegrande aisance à poser une scènesonore vaste et rigoureuse, enaccord avec l’absence de distorsion qui évite toute dissonance, enrespectant le dégradé harmonique.Ils bannissent toute frime superflue, pour un mélange d’ampleur etde réalisme, à la recherche permanente d’une certaine justesse. Les strates sonores planantes duGrand Bleu, d’Éric Serra, vousentraînent dans les profondeurs, etfont entendre les multiples sons dumonde sous-marin avec grand réalisme. Sur terre, Zakir Hussain(label ECM) nous ébahit dans savirtuosité à manier toutes les percussions, dont les B.audio nous fontbien ressentir le positionnement, lanature et le grain, particulièrementdans l’aigu qui reste toujours finmais à sa place. Le subtil équilibregénéral de tous les paramètres subjectifs, sans exagération, est lasignature B.audio.
Cesamplificateurs haut de gamme sesituent dans une tranche tarifaireélevée. Ils sont la concrétisation dela philosophie des frères Bermann,offrant le meilleur pour délivrer une grosse puissance, sans chauffer, en symétrique, sous un encombrement minimal. Mais ils sont loinde certains tarifs délirants, alorsqu’ils sont très bien construits, sanstoutefois mettre l’argent dans unefinition tape-à-l’œil. Par ailleurs, les enceintes gourmandes enseront très reconnaissantes.
Si vous voulez épater la galerieavec vos nouveaux blocs de puissance monophoniques de300 W, ce sera difficile. LesB.amp sont discrets, peuencombrants, de finitionclassique grise, cachantfinalement bien leur jeu,car c’est à l’écoute qu’ils s’expriment vraiment. La puissancepromise est bien là, mais sanssacrifier la finesse, la douceur et le réalisme musical, grâce à desspécifications techniques rares.C’est en les branchant en permanence qu’ils se feront le plus apprécier, pour leur ouverture sonore etleur probité à servir la musique.
Timbre
7
Dynamique
8
Scène sonore
8
Qualité / prix
7
Plaisir musical
Facilité d'utilisation
Qualité de fabrication
Dimensions (L x H x P): 450 x 112 x 385mm
Poids: 20kg
Puissance: 300W (8 ohms), 500W (4 ohms)
DHT: < 0,0005%
Impédance d’entrée: 47kHz
Sensibilité : 1 V RMS
Bande passante: > 200kHz
Entrée: 1 x XLR
Borniers : WBT

