

Successeur du modèle MA9000, le nouveau venu, plus accompli, plus raffiné également, affiche une puissance supérieure, avec pour but une meilleure marge dynamique. Et toujours les inoubliables transformateurs de sortie.
Aussi complet que musclé, cet intégré en impose, par son poids tout d’abord, mais aussi par sa beauté naturelle – le « sang bleu » de Mac –, par sa sûreté de soi également, un fait peut-être unique dans la haute-fidélité mondiale qui enjambe les décennies avec certitude, sans faillir.
Le « look », l’aspect visuel y est sans doute pour beaucoup, mythique, éternel ; mais cela semble se confondre avec une certaine hauteur de vue, une classe qui défie les modes, les vertus du monde classique…
Au cœur de la technologie McIntosh, il y a toujours et sans doute plus que jamais les célèbres « transformateurs de sortie », rebaptisés « Autotransformer », au travers desquels s’expriment les 300 W par canal avec une aisance, un confort confondants.
Cette conception singulière permet d’obtenir une puissance constante et ce, quelle que soit l’impédance. Et puis, la capacité du filtre est doublée par rapport à celle du MA9000, ce qui génère, en effet, une augmentation de la marge dynamique : 2,8 dB aujourd’hui, contre 1,8 dB hier.
Cela conduit également à un meilleur contrôle du grave.

Sur le plan numérique, le MA9500 est remarquablement pourvu, bien davantage que le MA9000. Le dernier venu est en effet livré avec le module audio DA2, équipé d’un nombre pléthorique d’entrées, avec, au cœur du dispositif, un DAC de qualité audiophile Quad Balanced 8 canaux et 32 bits, d’une plage dynamique très étendue.
Les entrées coaxiales et optique parviennent à décoder la musique jusqu’à 24 bits/192 kHz, pour une lecture audio haute résolution.
D’autre part, le MA9500 dispose d’une entrée MCT, réservée à une connexion DSD éventuelle, pour la meilleure qualité sonore possible, à destination du CD comme du SACD.
Le MA9500 offre également la possibilité de se raccorder au téléviseur, le cas échéant, si ce dernier dispose d’une sortie HDMI.
L’étendue des connexions est considérable, avec 10 entrées analogiques, parmi lesquelles on notera les astucieuses entrées phono MM et MC réglables, afin d’optimiser la charge, en fonction notamment du niveau de sortie spécifique de la cellule.
Le MA9500 utilise de puissants microprocesseurs de contrôle pour un fonctionnement à la fois fluide et fiable de l’ensemble, toujours dans le but d’offrir le meilleur son possible.
Ainsi, le célèbre Power Guard veille en permanence sur les signaux d’entrée et de sortie, par un ajustage constant qui limite ou supprime les phénomènes de distorsion ou d’écrêtage.
Protection également contre les courts-circuits qui désengage l’étage de sortie, dans l’attente que les conditions de fonctionnement reviennent à la normale.
Et puis, l’ampli casque High Drive intégré profite du mode « Headphone Crossfeed Director » qui apporte une dimension supplémentaire pour ce type d’écoute intimiste.
Dernier point, McIntosh reste fidèle au contrôle de tonalité, absent visuellement. Il suffit d’agir à la façon d’un bouton-poussoir sur le sélecteur placé à gauche, qui agit sur huit bandes analogiques.
Elles totalisent 12 dB par incrément de 2 dB, cela de 25 Hz à 10 kHz.
Certes, l’appareil – fort lourd – que nous avons extirpé de son emballage était absolument neuf, dépourvu de toute forme de rodage. Un choix risqué sans aucun doute ; et pourtant, la magie a opéré d’emblée, sans faille, avec d’ailleurs de menus progrès au fil des heures.
Base sonore merveilleuse par conséquent et qui, au fil des heures ou des jours, sinon des semaines ou des mois, ne pourra que se bonifier.
Mais l’essentiel était bel et bien présent avec ce sens du délié reconnaissable entre tous, et qui valide une fois de plus la supériorité sonore et musicale des célèbres transformateurs de sortie.
On retrouve de façon assez magique la plus-value des meilleurs amplis à tubes, avec ce même sentiment de plénitude, de raffinement également, pour ne pas dire d’évidence, avec toujours cette richesse harmonique dont McIntosh garde un peu le secret, s’agissant, en l’espèce, d’un ampli à transistors.
Avec Mac, le charme est agissant assurément, mais cette éloquence supérieure, un rien magnétique il est vrai, semble toujours aller dans le sens de la musique, de la beauté spécifique propre à chaque orchestre, des pianos en fonction de leur facture ou, bien entendu, des voix.
L’assise, d’autre part, le sentiment de stabilité sonore sont remarquables, mais sans aucune surcharge, aucune forme d’empattement dans le registre grave, bien au contraire.
Car depuis quelques années, McIntosh a, semble-t-il, « affiné » son esthétique sonore, dans le sens d’une plus grande justesse, d’une plus grande probité, apte à satisfaire nos oreilles européennes soucieuses de vérité.
Tout cela génère à terme un sentiment de luxe dans le meilleur sens du terme, sinon d’accomplissement.
Succès là encore par des voies complexes et paradoxales qui mêlent de la meilleure façon une puissance charismatique, sans limite, à une délicatesse qui rappelle celle des meilleurs modèles à tubes de faible puissance.
Le volume, la géométrie impressionnante d’un orchestre symphonique s’impose avec une aisance rigoureuse, dépourvue de toute forme de grossissement, sans nuire à la pureté diaphane, presque translucide, d’un récital vocal avec piano.
C’est toujours cette aisance supérieure qui est frappante.
Notre Première Symphonie de Sibelius dirigée par Leonard Bernstein (DG) reste un modèle en matière de fulgurance et de beauté sonore (les Wiener Philharmoniker), et avouons-le, on parvient à des sommets de sensualité, de prodigalité, mais tout cela avec un sens du beau, de l’élégance, de l’éclat parfois, sans parler de l’extrême raffinement des alliages de timbres : celui, précisément, de cet orchestre d’exception.
De la même façon, les échelles sonores dans l’enregistrement de Carlos (Mirare), beaucoup plus intimiste, sont remarquables de « justesse acoustique ».
Cette fois-ci, on privilégie la moindre nuance vocale ou instrumentale avec là encore le purisme, la simplicité d’un petit ampli tout simplement « musical », avec la même réactivité, la même « nervosité » naturelle.
Du grand art.

Le respect des échelles sonores reste un problème épineux en matière de haute-fidélité.
Du son étriqué dispensé par les électroniques modestes comme par les enceintes de taille réduite, au « gros » son qui caractérise les armoires normandes alimentées par les amplis surpuissants, tout cela ne semble guère conforme à la réalité du concert, pas plus qu’à celle des bons enregistrements.
Notre ampli, certes d’une puissance colossale, s’affranchit miraculeusement de cette tendance à la grosseur fréquemment frappée d’aseptisation de surcroît, au profit d’une image sonore réaliste fort bien construite.
On sera sensible à la richesse « atmosphérique » des extinctions de notes qui s’effacent avec beaucoup d’expressivité, en mesure de mettre à contribution la résonance de la salle d’enregistrement : cela contribue à transcender la scène sonore, dès lors assortie d’une ambiance magique.
Il ne s’agit pas d’un modèle particulièrement accessible. Car 15 000 euros représente une somme importante, très importante pour la plupart d’entre nous.
Mais si l’on place le MA9500 dans la perspective actuelle du marché de la haute-fidélité, tout nous laisse penser que son rapport qualité/prix semble hautement équitable.
Il suffirait de le confronter à des électroniques proposées au même prix ou même à des modèles « ésotériques » d’une valeur marchande deux ou trois fois supérieure, voire plus, pour être certains que ses nombreux atouts ne démériteraient aucunement, bien au contraire.
Il pourra, sans hésiter, prendre place au cœur d’un système de très haut niveau, pour une somme qui, en réalité, ne frise aucunement l’indécence, ce qui pour un tel résultat n’est pas monnaie courante.
Les amplificateurs McIntosh, assortis de leurs miraculeux « Autotransformers », génèrent une fois de plus un irrationnel coup de cœur.
Coup de cœur certes, mais ressenti tout de même avec raison, avec une logique sonore et musicale impossible à démentir.
La signature sonore McIntosh s’impose dans la durée, comme une valeur certaine, d’autant que ces merveilleuses électroniques connaissent une évolution à la fois lente et subtile, parfaitement en mesure de rendre justice aux nouvelles exigences sonores, à la haute résolution notamment.
Et puis les aficionados du vinyle seront sensibles aux entrées variables MM et MC pour une écoute réellement sur mesure.
À ne pas manquer.
Timbre
8
Dynamique
8
Scène sonore
8
Qualité / prix
8
Plaisir musical
Facilité d'utilisation
Qualité de fabrication
Puissance : 2 × 300 W
Bande passante : 20 Hz à 20 kHz
Impédance de sortie : 2, 4 et 8 ohms
Dimensions : 445 × 240 × 502 mm
Poids : 45,8 kg
Entrées : 2 symétriques, 6 asymétriques, entrée phono (MM et MC) réglable
Entrée coaxiale numérique, entrée optique, entrée numérique DIN, entrée USB et HDMI (ARC)
Sorties : variable (symétrique), fixe (asymétrique)
Sortie casque
DAC : PCM/DSD 32 bits/384 kHz

