Amplificateur

VINCENT SV-237 MKII

Monday, January 12, 2026
VINCENT SV-237 MKII
Entre nos lignes, maintenant :  
VINCENT SV-237 MKII

Introduction

L’élégance de l’hybride

Vincent est de retour! La marque eut son heure de gloire dans les années 90 quand elle popularisa des modèles d’un excellent rapport Q/P, conçus en Europe mais fabriqués en Chine.
Le SV-237 MKII est un hybride tube/transistor complet et attrayant, troisième itération d’un modèle à succès de la firme allemande dans une version améliorée délivrant 150 W.

Vincent propose actuellement deux lignes complètes distinctes : Power Line et Tube Line, dont fait partie ce modèle. Rien que cette dernière comprend 12 appareils, dont le petit intégré SV-500 de 25 W, les blocs mono SP-T200 de 150 W, l’intégré phare SV-737, en passant par le lecteur CD-S7 DAC ou le phono PHO-701.
Les tubes du SV-237 MKII s’affichent ostensiblement derrière un hublot central, égayant une face avant au classicisme « à l’ancienne ». Le logo en écriture cursive identifie la marque germanique née en 1995.

HYBRIDE À LA PAGE

Évoquant un bon gros intégré japonais de la fin des années 80, tel un Luxman LV-103U qui exhibait ses 2 tubes 6FQ7 en façade, le Vincent s’avère très complet.
La face avant intègre à gauche les larges commandes de grave et d’aigu, à droite le sélecteur d’entrée et le volume. Le retrait incurvé en partie basse loge le bouton marche/arrêt, la sortie casque, les LED des différentes entrées, et le Loudness, devenu rare sur un appareil considéré comme audiophile.

De nombreuses possibilités au goût du jour sont là, comme les entrées numériques S/PDIF, coaxiale et optique, et la réception sans fil Bluetooth 5.0. Le DAC du SV-237 est un Burr-Brown PCM 5102 de résolution 24 bits/192 kHz.
La section ligne comprend 3 entrées sur RCA, ainsi qu’une sortie directe enregistrement pour magnétophone, et pre-out pour ajouter une unité de puissance ou un subwoofer actif. Une sortie casque traite tous les modèles de 32 à 600 ohms, coupant les sorties haut-parleurs doubles, qui autorisent bi-câblage ou bi-amplification passive.
Une discrète télécommande en aluminium assure les principales fonctions et le réglage de la luminosité du hublot.

3 TUBES

Conçu par l’ingénieur allemand Frank Blöhbaum, le circuit est constitué d’un ECC83/12AX7 d’origine PSVane pour le premier étage, offrant déjà un gain élevé, suivi par un 6N1P NOS de qualité militaire.
Ce tube peut être piloté avec une très bonne linéarité dans des zones beaucoup plus grandes de sa courbe caractéristique, et possède une plus grande marge. Il est idéal en tant que tube driver, car il comporte des cathodes très résistantes avec une grande surface émettrice, similaires à une pentode EL84, par exemple.

L’étage de sortie transistorisé est complémentaire avec un étage d’entrée différentiel de gain en cascode, basé exclusivement sur des JFET 2SK170 à très faible bruit. Les transistors de puissance Sanken utilisent 2 paires complémentaires en push-pull par canal, capables de fournir 250 W RMS.
Ils sont polarisés en classe A jusqu’à 10 W, favorables à la musicalité, surtout avec des enceintes sensibles qui réclameront 80 % du temps moins de 10 W.

Comme son prédécesseur, le circuit unique du SV-237 est optimisé pour un très bon rapport signal/bruit. L’alimentation fait appel à un transformateur torique blindé de 14 cm, suivi d’un filtrage de 2 × 10000 μF/63 V constitué des excellents condensateurs Elna dédiés à l’audio.

Fabrication et écoute

Timbres

Le SV-237 MKII sonne assurément plus tube que transistor, ce qui n’est pas un mal, car les sonorités sont pleines et riches, voluptueuses, ce qui évite le mauvais côté de certains transistors, trop rugueux et secs.
C’est un parti pris valable, favorisant les longues sessions d’écoutes sans stress ni tension, le cerveau n’étant pas accaparé par une multitude parfois excessive de détails.

Les bonnes électroniques conservent toujours le sens musical sans perdre l’essentiel en cours de route, à savoir un suivi mélodique permanent, dans une ambiance plus concert que hi-fi, en privilégiant la richesse des nuances sonores et leur justesse à toutes les fréquences.
C’est le cas avec le Vincent qui sait être doux quand il le faut, l’aigu se montrant informatif sans jamais se détacher dans son coin, avec un beau grave profond et goûteux, encadrant un médium qui met en valeur les avantages du tube triode, et de la pure classe A sur les premiers watts.
Les transistors délivrent le courant nécessaire et font parler la puissance.

Dynamique

Celle-ci est parfaitement maîtrisée, avec poigne mais sans en avoir l’air, sauf dans le cas où les masses orchestrales poussent vigoureusement sur les forte, que le Vincent se fait un devoir de contrôler.
Sur The Tempest de Matthew Locke, par le Kitgut Quartet (HM), les évolutions rythmiques sont alertes, élégantes, pour mieux exprimer l’intensité de ces passages musicaux, dans une cohérence tonale de premier ordre.

La bonne micro-dynamique délivrée par le Vincent évite toute platitude, ce qui permet de rester attentif en permanence à la beauté du discours musical.
Nous avons constaté que la partie conversion est d’excellente qualité grâce au BB PCM 5102, qui seconde avec bonheur notre transport Icos Fado CD-Pro, âgé mais toujours vaillant.

La partie Bluetooth est pratique, mais ne met pas en valeur toutes les qualités de conversion du Vincent, le MP3 compressé limitant le résultat.

Scène sonore

La scène musicale est superbe et imposante, ce qui fait apprécier la grande puissance disponible et toute l’énergie présente dans le grave. Le Vincent est généreux, sans aucun aspect étriqué dans la dimension de l’espace, bien au contraire : le volume restitué surprend.

L’alimentation suit, comme sur Les Nocturnes de Debussy par le London Symphony Orchestra, dirigé par Pierre Monteux (Decca). Les pupitres sont bien différenciés et intégrés, sans cafouillage, les arrière-plans se fondant au sein d’un ensemble homogène.

La ligne mélodique est aérienne, enlevée, dans une ambiance concert qui ne manque ni de densité ni d’opulence, dans un emballage embarquant l’auditeur, sans le laisser au bord de la route musicale.
Les silences sont magnifiquement légers car, bien que la restitution soit voluptueuse, il n’y a pas d’opacité ni de sécheresse parfois rencontrée sur des transistors trop pointus.

Rapport qualité/prix

Le Vincent coche toutes les cases, si ce n’est une entrée phono MM/MC. Cela s’explique doublement : d’une part, la marque propose trois étages phono séparés qualitatifs (PHO-701, PHO-500, PHO-300), d’autre part si l’on recherche l’excellence, les étages séparés sont en général supérieurs à ceux intégrés.

Même si un câble supplémentaire est nécessaire, les circuits sensibles sont ainsi éloignés des perturbations de l’alimentation parfois bruyante des étages numériques.
Pour le reste, difficile de trouver un équivalent au Vincent, qui fait un clin d’œil sympa aux gros intégrés vintage d’antan.

Verdict

Pour Vincent, la technique hybride réunit le meilleur des deux mondes, c’est-à-dire la faculté au tube d’apporter toute sa richesse harmonique, surtout utilisé en étage d’entrée, secondé par la puissance et le courant d’un double push-pull de bipolaires correctement alimenté, polarisé en classe A sur les premiers watts.La recette fait mouche à un prix qui ne rencontre guère de concurrence, vu la puissance délivrée et les nombreuses possibilités.Cette nouvelle mouture du SV-237 risque à nouveau de faire parler de la marque, dans le bon sens bien sûr, cet intégré complet s’avérant une belle découverte.

Timbre

7

Dynamique

7

Scène sonore

8

Qualité / prix

8

Plaisir musical

Facilité d'utilisation

Qualité de fabrication

Fiche technique

Prix :
2590
euros
Origine :
Allemagne

Finitions : noir, silver
Dimensions (L x H x P) : 430 x 152 x 435 mm
Poids : 20,4 kg
Type : amplificateur intégré hybride
Puissance : 2 x 150 W (8 ohms)
Puissance : 2 x 250 W (4 ohms)
Tubes : 1 x 12AX7, 2 x 6N1P
DAC : Burr-Brown PCM 5102
Résolution : 24 bits / 192 kHz
Réponse en fréquence : 20 Hz – 50 kHz
Rapport signal/bruit : > 90 dB
Distorsion : < 0,1 %

Haute Fidélité N°271
Cette article à été publié dans :
Haute Fidélité N°271
OCTOBRE / NOVEMBRE 2024
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