

Spécialiste français renommé du numérique haut de gamme, mais aussi de l’amplification puissante et des enceintes à haut rendement, Totaldac s’intéresse maintenant de près à l’extraction des données de notre bon vieux CD irisé né en 1982, qui n’a pas encore joué sa dernière note. Pour preuve, ce lecteur irrésistiblement musical.
Le transport Totaldac a été particulièrement bien pensé dans chaque détail, à commencer par son isolation extrême contre les perturbations extérieures, pour mieux exploiter le bon vieux Red Book Philips/Sony du CD - Digital Audio en 16bit /44.1K, datant de 1980. Mais il faut bien avoir à l’esprit que la lecture d’un CD audio se fait à la volée, sans jamais le moindre retour sur un bit non lu ou erroné : ce qu’il n’a pas pu lire, il l’invente par interpolation. On comprend mieux tout l’intérêt d’une extraction optimale des précieuses informations par le fin rayon laser.
Son design de forme trapézoïdale est dans la plus pure tradition Totaldac, à la façade aluminium noir ou silver, mais ce transport CD se démarque visuellement par son énorme capot amovible supérieur circulaire en matériau synthétique. Réalisé sur mesure, il évite d’abord d’entendre la mécanique, en l’isolant de l’extérieur et des turbulences, tout en protégeant aussi les yeux de l’utilisateur du rayon laser. Le d1-CD met en œuvre l’actuel bloc de lecture autrichien CD-PRO8, dont l’excellence est réputée. Il hérite également de toutes les recherches issues des DACs, reclockers et streamers Totaldac : distribution d’horloge, générateur S/PDIF spécifique, disposition spéciale de la masse et de la terre, amortissement électromagnétique et mécanique. L’oscillateur très performant présente un jitter rms de seulement 40 femtosecondes, un excellent chiffre qui contribue en partie à l’impression de dynamique instantanée ressentie.
Il manquait un transport CD pour compléter la gamme Totaldac : ligne numérique d1 complète, blocs monos Amp1-sublime et enceintes d110.

L’isolation mécanique se fait ici par l’utilisation d’une base rigide, constituée d’une plaque massive en cuivre pur, la même que celle utilisée sur les convertisseurs Totaldac. Ensuite, le découplage de la mécanique est opéré par 4 ressorts coniques, puis 4 amortisseurs en caoutchouc siliconé. La plaque de cuivre est elle même isolée du support par trois pieds anti-vibratoires à bille intégrée. Enfin, la plaque intermédiaire en carbone et le capot sont eux isolés par de la ferrite, les préservant des perturbations électromagnétiques.
L’alimentation Totaldac étant externe, elle n’émet pas de vibrations transmises mécaniquement ni d’ondes électromagnétiques, que ce soit sur le transport CD, les signaux numériques, ou l’oscillateur. De plus, elle présente une isolation galvanique très supérieure aux alimentations secteurs habituelles, ce qui se voit nettement sur le spectre de bruit lorsqu’elle alimente un DAC : ceci est audible également sur un transport CD. Le transformateur de la Live-power est spécifique, alors que le filtrage de l’alimentation est très soigné.
La mise au point du d1-CD a été faite sur le système Totaldac haut de gamme, mais aussi en comparaison directe de bandes master analogiques.
Nos écoutes se sont déroulées à Munich sur le système de référence de Totaldac : ligne d1 numérique au complet, suivie des blocs Amp1-sublime pilotant les enceintes d110, d’un rendement de 98 dB, dont le pavillon est en bois massif, le capot de la compression et le châssis du haut-parleur étant du même matériau ! Le d1-CD lit également la couche CD d’un SACD hybride.
Il n’est pas si évident de discerner ce que fait réellement la source au sein d’un système complet, mais si le rendu musical est comme ici d’un très haut niveau, c’est que la lecture CD y contribue grandement, car comme le martelait Ivor Tiefenbrun, créateur de Linn Sondek et de la LP12 en 1973 : Source First ! Si les micro-informations ne sont pas extraites correctement, ou perdues, et si la dynamique est absente dès le départ, il est impossible de le corriger ensuite. Le d1-CD est lui capable d’extraire parfaitement toutes les qualités d’un CD, s’il est bien réalisé, et cela s’entend immédiatement. Sur des passages très dynamiques, comme le célèbre Splanky de Christian McBride, album « Gettin’ to It », accompagné de Ray Brown et Milt Hinton, les notes des trois contrebasses sont arrachées superbement, dans un volume réaliste où l’on pourrait tourner autour des musiciens, avec tous les petits détails annexes qui rendent vie à la restitution, en plus d’un drive terrible - surtout ici sur du haut rendement. Le swing est présent en permanence, comme sur le célèbre We Get Request d’Oscar Peterson, où le piano affirme sa signature généreuse, au sein d’un trio de légende, qui fait toujours son effet sur un bon lecteur CD.

Le médium très travaillé et réussi sur l’ensemble Totaldac magnifie les voix de présence et d’humanité, comme l’inimitable Peggy Lee sur « Fever », où la prise de son de 1958 n’entache pas le plaisir d’écoute, ni le charme qui s’en dégage ; l’attaque aussi est vive sur les riffs de batterie, et la légère réverbération entourant la voix ne la dénature pas. De même sur le beau CD n°5 fourni naguère par Prestige Audio Vidéo, enregistré sans aucun artifice, le Love for Sale est d’un naturel confondant, la voix étant parfaitement juste dans l’espace, la dynamique sans compression s’exprimant avec une liberté magnifique. Sans aucun doute, la lecture CD semble souvent plus ferme et assise que la dématérialisation, même si celle-ci se démarque par sa résolution bien supérieure. Les couleurs dans tous les registres sont franches, variées, comme sur le E+E de Romano/Sclavis/Texier, avec Enrico Rava à la trompette et Bojan Z au piano, enregistré en 2011 par P. Tessier du Cros, qui ne montre jamais de confusion mais expose au contraire des plans sonores et des textures complexes avec aisance, comme la très belle trompette de Rava, ultra lisible et présente, avec beaucoup de mordant. Le morceau Zeff de Didier Malherbe offre également cet alliage de finesse sur les instruments à vent et de grandeur plein d’aplomb sur les tambours, qui laissent bien entendre la texture de leur peau tendue, dont les frappes nettes et puissantes impressionnent. On est finalement saisi par la puissance d’évocation musicale contenue dans le CD, dont on ne voit décidément pas pourquoi il disparaîtrait de l’arsenal audiophile.
Le d1-CD a l’ambition de devenir une véritable référence en terme de transport numérique, et possède l’avantage de ne pas être inabordable, bien que ce soit une source hors pair, comme au bon vieux temps où certaines machines CD étaient prêtes à terrasser le vinyle. À son écoute, on découvre mieux les trésors qu’il renferme, pour des moments musicaux intenses aux nuances insoupçonnées, passionnants et vivants, surtout suivi par une ligne Totaldac d1 parfaitement accordée. Grâce au d1-CD, ne jetez plus vos CD, mais chérissez-les !
Timbre
Dynamique
Scène sonore
Qualité / prix
7
Plaisir musical
8
Facilité d'utilisation
6
Qualité de fabrication
8
Options : façade alu massif, sortie BNC
Dimensions (L x H x P) : 360 x 135 x 290 mm
Poids : 8 kg
Mécanique : CD-PRO8
Alimentation : séparée Live-power
Lecture : couche CD d’un SACD hybride
Signal : Red Book 100% d’origine, 16 bit /44.1 KHz
Fonction : CD-text
Oscillateur : jitter rms 40 femtosecondes
Boîtier : aluminium et PMMA
Plaque : antivibratoire cuivre pur
Sortie : S/PDIF RCA ou AES-EBU

