

« Synthesis Art in Music » est fondée en 1992 par Luigi Lorenzon. L’histoire commence avec l’intégré double mono Nimis, un appareil entièrement fabriqué à la main à Morrovalle en Italie, comme aujourd’hui.
Mais en vérité, tout commence avec le père de Luigi qui fonde Fasel en 1961, une société spécialisée dans la fabrication de transformateurs, à destination des amplificateurs à tubes.
Les transformateurs de sortie restent un aspect important dans la réalisation des amplificateurs de la marque italienne, toujours fabriqués à la main, avec la plus grande exigence, remarquables nous assure-t-on, à la fois par leur réponse en fréquence très étendue, et leur très faible distorsion.

Le préampli célèbre à sa façon le 30e anniversaire de la marque. Il obéit d’ailleurs aux caractéristiques mentionnées plus haut avec son transformateur de sortie surdimensionné de haute qualité, sachant que l’ensemble des sorties est relié directement à ce dernier.
Ce modèle emploie quatre doubles triodes ECC88 bien connues de tous, très utilisées pour les préamplificateurs.
Bien pourvu en sorties, le Roma 117 DC comporte une connexion REC asymétrique à l’usage d’un subwoofer actif, mais on notera l’absence d’entrées numériques ou d’entrée phono.
Très travaillée en revanche, la sortie casque peut délivrer 300 mW pour une impédance de 32 ohms et une bande passante qui s’étend de 5 Hz à 40 kHz. C’est un ampli opérationnel, relié lui aussi au transformateur de sortie.
Ces deux blocs mono, assez compacts, recourent, pour chacun d’entre eux, à quatre tubes dont les deux KT88 en configuration push-pull ultra-linéaire, pour une puissance très confortable.
L’étage d’entrée double triode est confié à une 6CG7 et une 12AY7. Cette dernière a été préférée à la célèbre 12AX7 (ECC83) à la faveur de meilleurs résultats subjectifs. La 12AY7 délivre semble-t-il un son plus riche et plus chaud, selon les concepteurs.
On peut modifier la polarisation de la KT88.
Concernant la connectique, on dispose d’entrées asymétriques « directes » ou « filtrées », avec pour cette dernière une atténuation de -3 dB entre 20 Hz et 20 kHz.
D’autre part, on utilisera le commutateur placé à l’arrière qui sélectionne les connexions XLR ou RCA.
Et puis, un réglage de volume placé à l’arrière qui s’effectue à l’aide d’un tournevis permet d’ajuster au mieux le niveau de sortie des deux blocs mono, pour une phase parfaite.
Reste la peinture isolante avec couleur au choix, placée sur les plaques métalliques qui réduisent les vibrations.
Enfin, le vumètre éclairé avec son aiguille à grande oscillation fait son effet.
Ces appareils sont conçus et fabriqués en Italie.

C’est l’homogénéité qui s’impose d’emblée, une belle cohérence avec cette agréable chaleur qui caractérise le tube mais sans renoncer à la rigueur, et toujours sans cette sempiternelle crispation qui caractérise la plupart des modèles à semi-conducteurs. Bien heureusement, il existe quelques exceptions.
Il devient donc possible de procéder à de longues écoutes sans éprouver la moindre fatigue auditive, un avantage sans aucun doute.
La KT88 nous a habitués souvent à une image sonore axée sur la puissance, mais entachée en général d’une forme d’agressivité. Cela n’apparaît pas dans le cas présent.
On profite de toute évidence d’une bande passante étendue qui apporte le volume nécessaire à tous les genres musicaux : grave riche et bien timbré, médium à la fois charnel et sensuel, capable d’une grande douceur quand cela est nécessaire ; l’aigu en revanche dénote une très légère atténuation au prix d’un très léger chatoiement parfois bienvenu.
Rien de grave cependant, on peut simplement faire mention d’une certaine esthétique sonore qui aura ses partisans.
Cela n’a d’ailleurs pas réellement d’impact sur la qualité des timbres, riches et bien différenciés, toujours agréables comme il se doit.
Cela profite à la beauté des violons, légers et aériens, débarrassés de toute dureté lassante.
Elle est menée avec un bel entrain, avec une énergie enviable, cela au service d’une éloquence musicale constante.
La conduite du phrasé, du discours musical s’opère avec un talent très sûr, toujours à l’avantage de l’expressivité, de l’émotion. Il est vrai que dans ce domaine, le tube peut révéler des talents singuliers.
Et puis, un sens du détail instrumental tout à fait louable se joint à cette écoute très nuancée, sensible sur les passages musicaux en nuances mezzo forte par exemple.
Car au fond, ce sens de la délicatesse ne manque pas de charme.
Cela étant, les forte produits par un orchestre au grand complet ne laissent aucunement à désirer.
Tout cela est à la fois solide et dense, mais toujours sans dureté électronique dommageable.
D’autant que le grain sonore conserve son raffinement, sa richesse malgré, avouons-le, cette très légère opacité relevée plus haut, qui pourra se solutionner avec une enceinte à la fois claire et limpide comme la B&W 703 S3, sans nul doute une compagne idéale.

L’espace, comme parfois avec le tube, vaut pour sa magie, en nous rapprochant de la lecture analogique qui, pour beaucoup de mélomanes audiophiles, demeure une sorte de Graal.
L’image stéréo se forme en vérité avec beaucoup de naturel, non pas spécifiquement holographique, mais plutôt à la faveur d’une certaine évidence telle qu’elle peut être ressentie au concert.
Un chanteur peut, de la sorte, prendre place au centre de la scène virtuelle, à équidistance des deux enceintes, avec beaucoup de réalisme spatial.
Car au fond avec cet ensemble, quel que soit notre critère d’écoute, c’est toujours l’aspect agréable et plaisant qui domine, à l’exclusion de tout questionnement inutile.
L’ensemble frise les 10 000 euros.
C’est beaucoup certes, peut-être le prix à payer pour un ensemble à tubes de qualité, sachant que la concurrence se raréfie un rien.
À dire vrai, certaines grandes marques américaines — et quelques japonaises — restent les maîtres du jeu dans ce domaine particulier et exigeant, qui pourrait appeler à l’exercice des comparaisons.
Dans l’état actuel des choses, cet ensemble nous a globalement convaincus.
L’écoute s’est révélée constamment agréable, mot-clé pour ces belles électroniques, en mesure de satisfaire un grand nombre de mélomanes audiophiles attachés à la chaleur de la restitution et rétifs à toute agressivité désagréable, sachant que ces vertus n’entament que modérément l’absolue qualité sonore.
La qualité et le travail effectué autour du transformateur de sortie, qu’il s’agisse du préamplificateur comme des deux amplis de puissance, participent sans aucun doute à cette belle réussite.
Timbre
7
Dynamique
8
Scène sonore
8
Qualité / prix
7
Plaisir musical
Facilité d'utilisation
Qualité de fabrication
Origine : Italie
Prix indicatif : 3 990 euros
Dimensions : 480 x 167 x 450 mm
Poids : 16 kg
Tubes utilisés : 4 x 6922 / 6DJ8 / ECC88
Réponse en fréquence : 5 Hz à 40 kHz à -3 dB
Rapport signal/bruit : > 90 dB
Entrées : 4 asymétriques (RCA) et 1 symétrique (XLR)
Sorties : 1 symétrique (XLR), 2 asymétriques (RCA), 1 asymétrique REC Out (RCA)
Sortie casque : oui
Origine : Italie
Prix indicatif : 2 795 euros (par bloc)
Puissance de sortie : 80 W sous 6 ohms
Dimensions : 260 x 410 x 210 mm
Poids : 16 kg
Classe d’opération : Classe AB
Tubes utilisés : 2 x KT88 (étage de puissance), 1 x 12AY7 et 1 x 6CG7
Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz à -0,5 dB
Impédance de sortie : 6 ohms

