

Les fameuses boules Elipson sont connues de tous, venues d’une époque où quelques génies comme Joseph Léon bâtissaient les bases de l’électroacoustique française, alors que la marque équipait les studios de l’ORTF dans les années 1960.
Cette réédition de la 402 au plus près de l’original est plus qu’un hommage, c’est une renaissance.
La forme sphérique n’est pas dictée seulement par l’esthétique, mais bien par ses qualités acoustiques, raison pour laquelle elle est choisie par Elipson au moment de la sortie des 402.
Le concepteur et inventeur de talent Joseph Léon, directeur général d’Elipson dès 1948, a privilégié la sphère car c’est la solution idéale pour une parfaite diffusion sonore, en évitant les diffractions néfastes.
De plus, le tweeter débafflé est décalé vers l’arrière pour un alignement temporel en phase qui favorise la précision de l’image sonore, à la fois ponctuelle et aérée.
Par ailleurs, cette ligne des plus esthétiques inspira le nom de la marque française née en 1938 sous le patronyme Multimoteur, mais rebaptisée Elipson en 1951, contraction de « ellipse » et de « son ».
Dans les années 60, Elipson déclina la forme sphérique à plusieurs enceintes : la 302, dérivée du modèle compact 1302, la 402 emblématique, plébiscitée par les professionnels de l’époque, et enfin la 502 plus imposante.
Elles étaient réalisées en staff moulé à base de plâtre, beaucoup plus compliqué et coûteux à réaliser qu’un coffret en bois ; seulement une cinquantaine d’enceintes sortaient chaque jour de l’atelier.
L’arrivée de Joseph Léon insuffla un vent nouveau grâce à sa formation d’ingénieur, entreprenant des recherches tous azimuts, en particulier sur des réflecteurs et des résonateurs brevetés, qui améliorèrent grandement la reproduction du son dans de grands espaces avec qualité et précision, ce qui rendra Elipson célèbre en équipant les studios de l’ORTF.

40 pour le diamètre et 2 pour le nombre de voies.
La Tribute est une réinterprétation de l’originale née en 1966, mais utilisant des techniques et des matériaux bien actuels.
Le coffret sphérique moulé est en résine chargée de silice pour diminuer les résonances et favoriser un bon amortissement.
La face avant du tweeter est décalée de 38 mm, ce qui faisait déjà l’objet d’un brevet Elipson, procurant un calage en amplitude et un alignement temporel parfaits.
Un partenariat privilégié avec Supravox, autre marque française légendaire dont l’usine de fabrication est située en région parisienne (voir HF 242), rappelle la collaboration historique avec Elipson, qui a utilisé le T215 SRTF sur ses modèles emblématiques.
Le nouveau grave-médium de 165 mm est comme il se doit en pulpe de cellulose, à la courbure du cône exponentielle, dont la suspension n’est pas à petits plis mais à rouleau en caoutchouc, ce qui permet de mieux descendre.
À noter que la charge bass-reflex est exactement accordée à la fréquence de résonance du haut-parleur (42 Hz), bien amortie par un mélange de mousse et de fibre blanche judicieusement placées.
Le tweeter à dôme de 29 mm de type Ring est d’origine danoise SB Acoustics, amorti à l’arrière par une chambre close.
Le filtre répartiteur de pente 12 dB avec coupure à 2,9 kHz intègre des composants de qualité : selfs sur air Jantzen Audio et capacités Z-cap de la marque.
Le montage point à point utilise du câblage français Axon, dont une section plus fine pour l’aigu.
Les 402 sont sensibles aux électroniques, ce qui prouve leur grande transparence.
Elles se contentent de peu de watts. Les Elipson ont dévoilé leurs qualités sur un Accuphase E-700 en MOS-FET pure classe A de 35 W, mais aussi sur le dernier Roksan testé dans ce numéro, beaucoup plus abordable, voire sur un 300B japonais de 9 W.
Elles conjuguent une magnifique homogénéité spectrale, ce qui prouve leur haut degré de mise au point, y compris dans les fréquences graves toujours bien timbrées et délimitées, sans sensation de manque, s’intégrant sans creux ni bosse au registre supérieur.
Le médium possède à la fois de la fraîcheur et de l’exactitude, où la fluidité permet de suivre une ligne mélodique sans effort, de façon à la fois souple et décontractée, sans dureté artificielle inutile.
Nous sommes en face d’une enceinte hautement musicale et aboutie.
Agilité et rapidité ont toujours été les qualités des haut-parleurs Supravox.
Mais ici, le montage en deux voies, la bonne fréquence de coupure et la correction pour éviter tout pic de la membrane dans le haut-médium portent leurs fruits, sans remettre en cause la vivacité appréciée de la marque.
L’orchestre de Vienne est reconnaissable par sa couleur et sa classe inimitables, s’exprimant sans limitations majeures et emportant facilement l’adhésion en évitant les effets de grossissement des sons ou de tassement sur les forte.
Le Trio Mirabassi en live à Tokyo montre une vie et une présence superbes, l’ambiance du direct nous plongeant au cœur du club Blue Note, pour notre plus grand plaisir.

Nous en venons à la grande qualité des Elipson, qui fait comprendre comme une évidence en quoi la forme sphérique est supérieure aux autres.
Elles offrent une expérience d’écoute à la fois enveloppante et réaliste de la scène sonore, car il n’y a pas d’effet de bords à proximité des haut-parleurs pouvant perturber les lobes de directivité et procurer une phase plus tourmentée, d’autant que le tweeter est aussi décalé et bien dégagé.
Cela concourt à une très belle scène sonore, large, profonde mais aussi juste et précise, sans déformation géométrique selon les notes jouées, et en fin de compte d’une stabilité irréprochable.
La 402 est un véritable produit français, conçu et fabriqué dans notre pays : l’enceinte dans l’usine de Saint-Fargeau (89) et les pieds en plexi réalisés en région parisienne, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.
À l’origine de ce projet, le talentueux responsable technique de la marque Philippe Penna tenait particulièrement à ce point, car Elipson est un vrai symbole du savoir-faire acoustique français, et un modèle Tribute se doit de mériter cette appellation.
La 402 Tribute n’est pas simplement un objet au design épuré, mais bel et bien une enceinte acoustique hautement musicale, minutieusement mise au point par un grand amateur de concerts, qui s’attache à une présentation musicale la plus réaliste possible, en imageant de façon très crédible grâce à sa forme sphérique.
C’est une incontestable réussite qui procure de grands moments musicaux, au service de la beauté.
Timbre
8
Dynamique
7
Scène sonore
8
Qualité / prix
7
Plaisir musical
Facilité d'utilisation
Qualité de fabrication
Pieds plexi hauts : 990 euros
Finition : blanc
Dimensions (H × Ø) : 460 × 400 mm
Pied optionnel : H 880 mm
Poids : 15 kg
Type : 2 voies / bass-reflex
Bande passante : 45 Hz – 25 kHz
Rendement : 90 dB / 1 W / 1 m
Impédance : 8 ohms
Puissance admissible : 60 W

