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AMPLI INTEGRE

ACCUPHASE E-260

L’E-260,nouveau venu chez Accuphase, remplace l’intégré E-250. Ilconstitue l’entrée de gamme de la marque et bénéficie deplusieurs améliorations notables, tout en étant proposé à un prixparticulièrement compétitif.

Leconstructeur japonais affine son entrée de gamme des amplificateursintégrés. Le modèle E-260 présente quelques changements positifspar rapport à son illustre prédécesseur E-250. Ainsi, leconstructeur japonais, désireux d’améliorer ses produits, revoitsa copie chaque fois qu’il l’estime nécessaire. Il communiquerégulièrement avec ses partenaires de l’industrie des composantsafin de se tenir informé des dernières nouveautés. Cependant, lesdifférences entre les deux intégrés ne portent pas seulement surquelques aspects de l’électronique.

Révisionet améliorations

La façade de l’E-260 reprend, dans les grandes lignes, celles de son prédécesseur. On retrouve donc le sélecteur rotatif des entrées à gauche des vumètres et le contrôle de volume à droite. Plus bas, disposés différemment sur l’épaisse façade champagne, prennent place le commutateur pour deux paires d’enceintes, celui de l’entrée ligne directe sur les étages de puissance, le rotacteur de la boucle d’enregistrement, l’inverseur mono/stéréo, le by-pass du double filtre de tonalité (Baxendall) grave et aigu, le loudness commutable « Comp » (+6 dB à 100 Hz), la balance, l’atténuateur jouxtant la sortie casque… Petit plus sur l’E-260, la présence d’un inverseur de phase absolue : chez Accuphase, le contact n° 3 de l’XLR représente le point chaud, alors que la convention internationale le place en 2, en hi-fi comme dans le domaine professionnel. Au dos de l’E-260, on remarque une paire de cinchs supplémentaires : celle dévolue à la sortie préampli, placée juste à côté de l’entrée des étages de puissance. À gauche, une trappe abrite des connecteurs pour une carte d’extension, soit phono MM/MC avec choix entre les deux en façade, soit convertisseur audionumérique. Si la carte phono optionnelle AD-20 n’a pas changé, Accuphase a amélioré la carte de conversion : ce DAC-30, toujours basé sur la formule performante du Multi Delta Sigma, se dote désormais de convertisseurs Burr-Brown 192 kHz sous 24 bits et d’une entrée USB venant s’ajouter à la coaxiale S/PDIF et à son homologue optique sur embase TosLink. Seule la coaxiale peut gérer le 192 kHz. Les deux autres entrées se contenteront de l’échantillonnage à 96 kHz. Nous n’avons pas testé cette nouvelle carte.

Evolutiondu contrôle de volume/balance

Outrela disposition différente des commandes de façade, on remarque laprésence d’un afficheur rouge indiquant le volume et son systèmeAAVA (Accuphase Analog Vari-gain Amplifier), une révolution inégaléedans le domaine du contrôle de volume et de balance. L’AAVA-II estmoins encombrant que l’ancienne version. En bref, ce système meten œuvre seize convertisseurs analogiques tension/courant, commutéspar un processeur. Ensuite, leurs sorties transitent par unsommateur, relié à un convertisseur courant/tension. Latransparence enviable de ce procédé s’exprime en termes de trèsfaible diaphonie d’un canal à l’autre, d’une excellentelinéarité (puisque le signal n’est plus tributaire d’une chargevariable suivant la position d’un potentiomètre) et d’unedéfinition accrue sur les signaux de faible amplitude, pour ne citerque ces qualités flagrantes.

Uneconception technique remarquable

Àpuissance de sortie égale, l’E-260 double le facteurd’amortissement de son prédécesseur, passant à 200 sous 8 ohms,contre 100 auparavant, grâce à une refonte de la contre-réactionnégative en sortie et un double montage parallèle de transistorsbipolaires Sanken 2SA1186/2SC2837 par canal, polarisés en classe AB.Deux dissipateurs thermiques à ailettes reçoivent les cartes depuissance, alimentées en double mono à partir des enroulementssecondaires de l’énorme transformateur blindé de 400 VA. Il estidentique à celui de l’E-250, de même que les deux imposantescapacités de 22 000 µF chacune, assurant le lissage et le stockaged’énergie après redressement. Accuphase a soigné l’alimentationde la section préamplificateur et du compartiment de l’option. Ceconcept assure un bon découplage des circuits traitant les signauxde faible amplitude, en les isolant de toute perturbation lors desappels de courant instantané des étages de puissance.

Fabricationet écoute

Construction: Cet intégré se fond dans lagamme à l’esthétique classieuse qui a contribué à la renomméed’Accuphase. La construction irréprochable met en valeur l’épaissefaçade de couleur champagne, ses flancs nervurés pour une meilleurerigidité. Le fond et le couvercle sont ajourés afin de dissiper lescalories issues des étages puissance. Le tout bénéficie d’uneconception et d’un assemblage irréprochables, exemptant le coffretde toute vibration parasite.

Composants: Chaque élément, choisi enfonction de son rôle après écoute, explique, par exemple, lavariété des condensateurs électrochimiques de valeurs se situantpourtant dans la même gamme capacitive : les KMG (couleur chocolat)cohabitent avec les Suncon (carter vert) et les Nichicon à lafinition noire.

Grave : L’E-260 bénéficie, sur le papier, d’un bon facteur d’amortissement, ce qui le rend apte à maîtriser les variations de l’impédance des enceintes dans le registre grave. À l’écoute, cet aspect technique s’illustre par un registre grave à la profondeur insondable, cette absence de limitation s’associant avec bonheur à une dynamique et une définition exemplaires. À la fois vif et analytique, le registre grave que restitue le nouvel intégré d’Accuphase ne manque pas d’énergie et suit les informations musicales sans se laisser distancer par des contenus complexes ou par la force contre-électromotrice des transducteurs de graves.

Médium: Doté d’un taux decontre-réaction que l’on peut classer dans les faibles (un bonpoint pour la restitution des signaux de très petite amplitude), onretrouve ici le caractère analytique et transparent rencontré dansle registre grave. L’intégré d’Accuphase fait preuve debeaucoup de neutralité, respectant le message sonore, avec sespleins, ses déliés et ses petites nuances parfois subtiles. Sesperformances sont la conséquence directe d’une électroniqueremarquablement bien conçue. Le registre médium, dynamique, ouvertet articulé, ravit les oreilles pourtant exigeantes, tant sur lesinstruments que sur les voix, pour peu que les prises de son soientexcellentes, comme pour Patricia Barber sur son Live, Klaus Blasquizsur Paga ou la voix rauque de Ted Hawkins sur l’ensemble de sonalbum The Next Hundred Years. En un mot : superbe.

Aigu: Ici, la signature sonore chèreà Accuphase se fait entendre : le registre aigu, doué d’un filéremarquable et d’une chaleur typique à la marque, fait preuve desoyeux, sur les cymbales de Phil Collins sur l’album Grace andDanger de John Martyn, de même que sur celles de François Laizeau,sur l’album Gnosis du groupe Paga. Dans le même esprit, les notespincées des guitares acoustiques à cordes métalliques, comme ladreadnought Martin & Co du bluesman Ted Hawkins, sans oublier larythmique agrémentée d’un tambourin sur le morceau « Biloxi ».

Dynamique: L’intégré d’Accuphase sejoue des écarts dynamiques et ce, avec une aisance qui constituel’une des constantes de la marque japonaise. On s’en aperçoitsur les audiogrammes dont les niveaux varient brutalement, tel quesur l’album Gogol Suite d’Alfred Schnittke où, parfois, lespianissimi disparaissent, uniquement à cause de la faiblesensibilité de telle ou telle paire d’enceintes, dont le volumed’écoute a été raisonnablement ajusté sur les fortissimi.L’E-260 suit la dynamique en donnant toujours l’impressiond’avoir de la puissance en réserve, et lâche la cavalerie lorsquenécessaire, instantanément, sans jamais se laisser distancer.

Attaquede note : L’alimentation biendimensionnée (doux euphémisme) de l’Accuphase, combinée à descircuits de gain performants, lui procurent des attaques franches entoutes circonstances, sans que les étages de puissance ne marquentle pas, en simplifiant le signal à la suite d’une crête demodulation. On apprécie l’authenticité de la restitution despercussions, voire des claviers électroniques à synthèse FM quirecréent, à leur manière, des sons de cloches très riches enharmoniques et aux attaques vives, ceci, soit dit en passant,expliquant cela. Les attaques des instruments officianttraditionnellement dans le registre grave, tels que les guitaresbasses, sticks Chapman ou kicks de grosse caisse de batterie,bénéficient du caractère vivant et naturel de l’Accuphase, quine montrera aucune faiblesse dans ce test particulier.

Scènesonore : Aucune surprise nedevait venir troubler ce test : l’E-260 est rapide, dynamique,puissant, doté d’un bon facteur d’amortissement et d’un tauxde contre-réaction plutôt modeste. Toutes ces conditions réuniesconcourent à une restitution irréprochable de la scène sonoretridimensionnelle, que les enregistrements soient le fruit du conceptd’un ingénieur du son et/ou d’un producteur, ou encore lerésultat d’une prise de son en stéréo de phase, où la techniquelaisse bien plus s’exprimer le naturel d’une acoustique de sallede concert. L’Accuphase a brillamment réussi ce test, mais au-delàdes espérances. En effet, il a permis de remarquer qu’uninstrumentiste a légèrement bougé devant la prise de sonstéréophonique, ce qui n’a pas échappé à l’E-260. On neconnaît jamais assez ses propres plages de test ! Ce petit détail aété confirmé lors d’une écoute au casque.

Transparence: La neutralité de cet intégréE-260 ne fait aucun doute. Il délivre un message musical dans unrespect des timbres que vient agrémenter la douce chaleur duregistre aigu. Les instruments placés en arrière-plan ne pâtissentd’aucune simplification. Par exemple, l’orgue Hammond, placé enretrait sur « Arabian Sea », par rapport au stick Chapman de PascalGutman (sur l’album Cascades), conserve tous ses détails intacts,comme sa richesse harmonique et la subtile réverbération quil’enveloppe, de même que les variations de vitesse de sa cabineLeslie. De nombreuses autres illustrations de la transparence del’Accuphase pourraient renforcer ce constat évident.

Qualité/prix: Le constructeur japonaispossède un savoir-faire enviable, lui permettant de décliner sesmaillons haute-fidélité sans perdre de vue les critères de qualitéde construction et de musicalité ayant assis sa réputationgalactique depuis des décennies (en temps terrien). Si l’E-260constitue l’entrée de gamme des intégrés de chez Accuphase, ilprésente de nombreux points communs avec ses aînés, car il a étéconçu dans le même esprit d’analyse du moindre détail. Ainsi,pour un prix très compétitif, la firme nous fait profiter d’unegénéreuse alimentation, du fameux contrôle de volume AAVA,exclusivité d’Accuphase, ainsi que d’un double montage parallèleen sortie, pour ne citer que cela.

Verdict

Toujoursprécis, remarquablement articulé et très musical, l’AccuphaseE-260 est à l’aise sur tout style de musique : son respectscrupuleux du message sonore est tel que l’on peut évoquer sonuniversalité, plus que sa neutralité, tant il sait s’adapter aumessage sonore derrière lequel il s’efface avec élégance etclasse.

Fiche technique

Origine : Japon
Prix : 4 990 euros
Dimensions : 465 x 151 x 420 mm
Poids : 20 kg
Entrées stéréo : 5 asymétriques
sur RCA, 1 symétrique sur XLR
Boucles audio stéréo :
1 entrée/sortie enregistrement,
1 sortie préampli/entrée ampli
de puissance sur RCA
Sortie casque : 1 sur jack 6,35 mm,
charge égale ou supérieure à 8 ohms
Sorties de puissance : 2 paires embases enceintes
Puissance de sortie par canal :
90 W (8 ohms), 115 W (4 ohms)
Facteur d’amortissement :
200 sur charge 8 ohms à 50 Hz
Réponse en fréquence :
3 Hz à 150 kHz (-3 dB à 1 W)
Distorsion harmonique totale/intermodulation :
0,05 % (20 Hz à 20 kHz)/0,01 %
Sensibilité d’entrée ligne :
0,134 V RMS sous 20 kilohms
(40 kilohms en symétrique)