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ACCUPHASE TRANSPORT CD/SACD DP-950 & DAC DC-950

La lecture du CD n’a pas dit son dernier mot. C’est le message que nous envoie Accuphase au travers de ses dernières créations numériques, le transport DP-950 et le convertisseur DC-950. Deux électroniques d’exception développées sans compromis d’aucune sorte.

Gorgeous, diront les Anglo-Saxons en découvrant les derniers chefs-d’œuvre du célèbre fabricant de Yokohama. Car la mécanique DP-950 et le convertisseur DC-950 sont effectivement des chefs-d’œuvre de techno­logies, mécanique pour l’un et numérique pour l’autre, à l’image du légendaire savoir-faire Accuphase.

What else?

Nous allons éviter l’énumération descriptive technique que chacun d’entre vous pourra retrouver sur le site du constructeur. Arrêtons-nous plutôt sur les « encore plus » proposés par ce couple d’un autre monde. Juste un mot, un seul, en ce qui concerne la fabrication, l’esthétique, la finition, la qualité des composants : admirable.

Venons-en maintenant aux faits. Le DP-950 est un lecteur de CD/SACD doté d’une nouvelle mécanique ultra-sophistiquée dont le poids frôle les 12 kg. Et quelle mécanique ! Toutes les pièces sont en aluminium massif, le tiroir, la plaque de fond de 12 mm, la traverse supportant le moteur et le lecteur laser et le « pont » supérieur qui ferme la structure installée dans un compartiment à parois de 8 mm d’épaisseur. La traverse est posée sur quatre pieds amortissants visqueux. Le centre de gravité est ainsi placé très bas de manière à réduire l’influence des vibrations. Le tiroir coulisse sur des roulements à billes, le support en lecture est plaqué sur la mécanique par une couronne de huit aimants néodyme.

Quant au DC-950, il met en œuvre un procédé baptisé MDSD (pour Multiple Double Speed DSD). Il autorise une lecture extrêmement précise du format DSD 256 qui, avec le format PCM 32/384, est accepté par l’entrée USB. Le signal DSD monobit à très haute fréquence contient par définition du bruit de quantification, situé très au-delà de nos possibilités auditives. En lieu et place du filtre numérique et du filtre analogique à faible pente rencontrés habituellement, Accuphase introduit une FPGA (Field Programmable Gate Array) dans la section numérique ainsi qu’un circuit de filtrage à décalage temporel différent sur chacun des huit canaux du chip ES9038 Pro, le plus récent et le plus performant des DAC Sabre ESS, de chaque voie. En plus de réduire le bruit, la méthode diminue sensiblement les erreurs de conversion. Et la liaison HS-Link entre le transport et le DAC est proposée dans sa version 2 ouvrant leur communication vers le DSD 128 et le PCM 32/384.

Fabrication et écoute

Construction : La fabrication est absolument splendide. L’implantation des différents circuits au sein des deux boîtiers a été dictée par la recherche de la perturbation mutuelle minimale, ils sont séparés par des compartiments internes réalisés en plaques épaisses d’aluminium. Les transformateurs sont capotés et placés devant l’appareil, laissant les circuits audio à l’arrière, loin des rayonnements éventuels. L’enveloppe en bois véritable vernis miroir est un modèle du genre.

Composants : La mécanique est tout simplement exceptionnelle, elle n’a absolument rien à envier à celles concoctées par son plus proche concurrent, nippon lui aussi. Sa construction n’a a priori omis aucun détail. Quant au convertisseur, il fait usage de puces ESS Sabre les plus sophistiquées dans une configuration exclusive au fabricant. La liaison propriétaire HS-Link dans sa version 2 permet une communication sans limite entre les deux appareils.

Grave : Les écoutes ont été exclusivement effectuées à partir de CD et de SACD audio. Nous avons privilégié la liaison HS-Link ici dans sa version 2, elle surpasse la liaison coaxiale qui s’avère pourtant remarquable. Les sorties réglables en niveau du DC-950 nous ont permis de mettre en place une installation minimaliste favorable à l’extraction du maximum d’informations du support. Du punch, une étonnante descente dans les soubassements et de l’articulation dans le registre. C’est ce que nous avons ressenti dès les premières mesures écoutées, même à froid… Pas de surprise, nous nous attendions tout de même à ce genre de comportement. Hormis peut-être une très légère emphase dans l’extrême grave (accords bas de la basse électrique un poil généreux sur « Jardin d’hiver » en public par Stacey Kent), c’est la manière dont le duo Accuphase décrypte le contenu harmonique des notes qui sidère. Le grave n’est plus un halo plus ou moins trouble mais bien une suite expressive de notes qui structurent et qui consolident le message. Le haut grave et le bas médium gagnent considérablement en intelligibilité, en texture.

Médium : Les idées innovantes exploitées pour développer ce convertisseur et l’expertise mécanique mise en œuvre au sein du lecteur sont à l’origine du rendu musical et du réalisme distillé par ces appareils. C’est incontestable et indéniable. La restitution n’est plus uniquement orientée vers la résolution à tout prix, elle est fondamentalement imprégnée de la texture, de la matière, du legato du signal original. Cet ensemble à haute technicité numérique joue ni plus ni moins la carte analogique en termes de saveurs sonores, un challenge brillamment relevé par les ingénieurs japonais. Quand on écoute « Requiem 18/09 » du trio Mozdzer, Danielsson et Fresco (CD Between us and the Light), on est juste ébloui par la vraisemblance tonale et spatiale des instruments.

Aigu : La plupart des convertisseurs sont généralement trahis par un rendu de l’aigu plus démonstratif que musical, voire fidèle. Sec ou brillant, lumineux ou vert, le haut du spectre souffre très souvent de circuits dont les concepteurs tirent des spécifications miraculeuses en termes de bande passante ou de distorsion, au détriment de la fidélité pure. Rares, très rares sont les électroniques testées qui ont échappé à ce constat. La paire Accuphase s’inscrit au contraire dans une recherche d’absolu technique et musical qui se traduit aussi par un aigu très propre et très fluide. Quand résonnent les cuivres de batterie sur la piste « Animal » par Francis Cabrel (CD 16/44), on perçoit distinctement les couleurs entrelacées et les différentes hauteurs de notes des cymbales frappées qui prennent soudainement place dans l’espace. Le filé des notes (très beau dégradé sur les extinctions) s’approche de ce que nous avons entendu de mieux jusqu’à présent.

Dynamique : Une des nombreuses qualités de ces électroniques est leur capacité à délivrer de l’énergie et du volume sur les transitoires quel que soit le niveau d’écoute. Cette notion de « volume » indique que les Accuphase répartissent la dynamique sur toute la bande de fréquence concernée, fondamentale et harmoniques inclus, ce qui confère un côté physique et réaliste à chaque attaque de note. Les cordes de la contrebasse sur « The Moon » par Patricia Barber (CD 16/44) sont frottées avec de la vigueur, ce qui engendre des résonances puissantes et des vibrations de cordes très modulées. L’instrument est virtuellement dans la pièce. Sur « Dis-le » par Baz-Baz écouté à niveau franchement déraisonnable, la lisibilité des instruments ne faiblit pas d’un iota tout comme la dynamite modulatoire…

Attaque de note : Nous avons été vraiment impressionnés par la rapidité, par l’instantanéité de la réponse des DP et DC-950 sur les attaques de notes. Il en résulte une exploration spectrale de tout premier ordre en relation directe avec la sensation permanente de crédibilité tonale. Néanmoins, les Accuphase ne sont jamais complaisants avec le contenu du support qu’il restitue data pour data jusque dans les plus longues extinctions de notes, juste sublimes. D’une façon générale, ils véhiculent avec une aisance assez déconcertante le réalisme et l’émotion d’un enregistrement. Un enregistrement standard décrypté par leurs soins n’en deviendra pas pour autant haute définition, mais la lecture très dense qu’ils en feront tendra vers plus de confort musical. Et avec un enregistrement de première classe comme Jardin d’Hiver « live » par Stacey Kent, chaque son et chaque réverbération vous téléportent sur le lieu de la performance.

Scène sonore : L’aptitude des Accuphase à dresser l’environnement sonore est tout simplement remarquable. Les remarques formulées ci-dessus à l’encontre de la qualité des enregistrements s’appliquent également en ce qui concerne la scène sonore. De la qualité de l’enregistrement dépendra le rendu spatial, et les 950 sauront vous transporter au paradis virtuel avec une prise de son à la hauteur. L’écoute d’une de nos pistes fétiches (« Animal » par Francis Cabrel, CD Sarbacane) a montré que la paire japonaise était capable d’aller extrêmement loin en termes de réalisme holographique, de focalisation et de détourage des interprètes ainsi que dans le rendu d’ambiance. L’aperçu qu’il nous propose du studio d’enregistrement n’a que trop rarement été aussi visuel, aussi réel.

Transparence : Il faut se rendre à l’évidence, Accuphase propose avec les DP-950 et DC-950 des électroniques de lecture et de décodage hors normes. Il nous est souvent demandé quels appareils nous ont vraiment marqués depuis que nous écoutons et testons du matériel hifi. Assurément, ces deux-là en font partie.

Qualité/prix : Il faut un certain culot en 2016 pour proposer à son catalogue un transport aussi coûteux que le DP-950. Après tout, voyez ce qui se passe avec le vinyle très haut de gamme… Avec un tel lecteur et son acolyte convertisseur, on s’aperçoit que nos CD ne nous avaient pas encore tout dévoilé de leur contenu. Il n’est donc pas complètement déplacé d’écrire que le prix demandé pour le duo nippon est justifiable. Ce qui n’empêche pas non plus de penser que la somme demandée est élevée.

Verdict

Que dire de plus, sinon de répéter que les Accuphase DP-950 et DC-950 sont de véritables seigneurs de musicalité ? Ils ont une classe folle avec leur cape de bois vernis et leur masque d’aluminium champagne. La qualité de fabrication inspire une totale confiance et la musicalité est irrésistible. Innacessibles pour le commun des audiophiles, ils constituent une référence en termes de lecture digitale.

Fiche technique

Origine : Japon
Prix : 21 490 euros (DP-950),
21490 euros (DC-950)

Transport DP-950
Dimensions : 477 x 156 x 394 mm
Poids : 30,6 kg
Sortie : 1 RJ45 HS-Link (CD : PCM 16/44, SACD : DSD 64), 1 RCA S/PDIF (CD PCM 16/44)
Formats acceptés : DC, disque DSD (format DSF), SA-CD audio

DAC DC-950
Dimensions : 477 x 156 x 393 mm
Poids : 24,2 kg
Réponse en fréquence : 0,5 Hz – 50 kHz à + 0/- 3 dB
Distorsion : < 0,00045% ( 20 Hz – 20 kHz)
Rapport signal sur bruit : > 122 dB
Plage dynamique : > 119 dB
Entrées : 1 RJ45 HS-Link, 1 XLR AES/EBU (PCM 24/192), 3 RCA S/PDIF (PCM 24/192), 2 Toslink S/PDIF (PCM 24/96), 1 USB-B (PCM 32/384 et DSD 256)
Sorties numériques :1 RCA S/PDIF RCA, 1 Toslink S/PDIF
Sorties analogiques : 2 RCA (2,5 V, 50 ohms), 2 XLR (2,5 V, 50 ohms)