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ZU AUDIO SOUL MKII

Démontrée au dernier salon Haute Fidélité, la colonne Zu Soul MK2 fait partie des enceintes les plus accessibles du fabricant américain. Toujours centrée sur la haute sensibilité et logée dans un volume très compact, elle troque les haut-parleurs séparés de la Soul Supreme déjà testée dans nos colonnes pour le haut-parleur coaxial.

La supériorité des montages à haut rendement des années 1930 et 1940 s’imposa rapidement à Sean Casey, le créateur de Zu Audio. Dans le cadre d’une utilisation domestique, il a adopté des solutions plus civilisées et le haut-parleur large bande associée à une chambre de compression se révéla le meilleur compromis.

Le coaxial est de retour

Lancée dans sa première version en 2002, la Soul MKII-C (pour version C) est une petite pyramide de 80 cm de haut. Les parois inclinées de 2° sont réalisées dans de la médite à haute densité Comp-60 HDF d’origine américaine, par machine-outil numérique. Une colle Titebond III est utilisée pour l’assemblage sous presse.

Posée sur quatre pieds réglables en hauteur à tête arrondie, sa discrétion physique surprend d’autant plus que ses spécifications techniques annoncent une enceinte a priori débridée, voire explosive. Elle taquine les 100 dB de sensibilité et la bande passante descend vers 40 Hz, des chiffres qu’on attend plus d’une grosse enceinte à pavillons…

Alors que le constructeur adopte sur la plupart de ses enceintes la solution du haut-parleur large bande associé à une chambre de compression, la Soul partage avec la Cube, l’entrée de gamme du catalogue, l’emploi d’un haut-parleur coaxial. Chez Zu, le coaxial est l’intégration concentrique du haut-parleur large bande de 25 cm maison rencontré sur tous les modèles et du moteur Zu/ASD-1001 de diamètre de gorge 25 mm, tous deux d’origine Eminence.

Monté sur un saladier en aluminium injecté, le large bande a les mêmes caractéristiques que celui monté sur la Soul Supreme. La bobine courte « underhung » autorise des élongations importantes sans sortir de l’entrefer. La surface de la membrane à base de papier a été imprégnée d’un liquide à base de nanotechnologies incorporant des nanobilles en céramique, des nanofibres de cristobalite et du silice vaporisé.

La technique d’imprégnation assez complexe aboutit à une membrane plus rigide que si elle était uniquement en papier et au sein de laquelle le son se propage plus rapidement que dans la pulpe de cellulose traditionnelle. Le tweeter a subi quelques modifications par rapport au modèle original Eminence et reçoit notamment une membrane de 43 mm et un support de bobine en alliage d’aluminium amorti par du polyester. Chaque paire d’enceintes a des transducteurs appariés à 0,5 % près.

Charge spécifique

Cousine germaine du bass-reflex, la Soul adopte la charge Zu/Griewe employée sur la plupart des modèles du constructeur et dérivée d’une technologie d’échappement utilisée sur les motos de compétition.

Elle consiste en une pyramide de mousse poreuse et néanmoins dense posée sur le fond de l’enceinte. Elle a été légèrement pivotée sur son axe vertical de manière à former quatre espaces triangulaires avec les parois de la Soul qui débouchent par quatre ouvertures elles aussi triangulaires sous l’ébénisterie.

En dehors de la zone de résonance, l’onde arrière est absorbée par la mousse de manière à éviter toute onde stationnaire. En revanche, à la résonance de l’enceinte, les quatre cavités créent des chambres de compression qui accélèrent l’expulsion de l’air au travers des ouvertures.

La méthode limite considérablement les phénomènes de surtension acoustique dans l’enceinte et par là même les effets de toniques. Le tweeter est filtré par un unique condensateur au polypropylène. Le câblage interne est en Zu Event spécifique à la Soul, les conducteurs en cuivre et en argent isolés téflon sont sertis sur les deux bornes de sortie usinées dans la masse et vissés dans le connecteur Neutrik Speakon.

Fabrication et écoute

Construction :Le constructeur a consigné dans cette enceinte toute la somme de ses connaissances et de son expérience du très haut de gamme. Avec la série Tradition en général et la Serafino en particulier, il démontre qu’on peut inventer une enceinte acoustique de grande classe sans se fourvoyer dans des compromis techniques et économiques. La Serafino se paie le luxe d’une fabrication italienne avec des composants du meilleur pedigree. Le détail qui tue : avoir adopté une finition de la plus haute élégance mêlant différents matériaux nobles comme l’essence de bois, le cuir et l’aluminium brossé.

Composants :Le lecteur aura compris que la Serafino intègre une sélection minutieuse de composants prestigieux, inutiles d’ajouter que tout cela s’entend. Le constructeur reste fidèle aux lignes galbées inspirées des instruments de musique. Beaucoup de technologies propriétaires ont été déployées sur la Serafino comme sur toute la famille Tradition, certaines, dont le principe Stealth Reflex, étant d’ailleurs appliquées sur les modèles les plus ambitieux du constructeur.

Grave :La charge para-apériodique des deux transducteurs de 21 cm à forte élongation permet une descente convaincante dans les soubassements. La tenue globale du registre dépendra également de l’amplification en amont que nous préconisons plutôt puissante et solide tout en bas. La restitution montre une excellente fidélité des Serafino avec des fondamentaux acoustiques non édulcorés, à savoir un grave rapide et ample, ainsi qu’une assise convaincante. Les notes sont détourées de façon très satisfaisante, le registre procure d’excellentes sensations en termes de matière, de volume et d’exploration des premières octaves.

Médium :Le haut-parleur de médium Sonus Faber illumine la restitution des Serafino de sa faculté à reproduire le registre avec une très grande cohérence tonale. Les enceintes italiennes nous ont régalés de timbres particulièrement justes et limpides. La voix d’Angela Gheorgiu tout le long de l’opéra Tosca de Verdi est imprégnée de beaucoup de sensualité grâce à un rendu très modulé et très documenté en harmoniques. L’inaudible fusion entre le second boomer et le médium contribue au supplément de chair, d’incarnation de la soprano.

Aigu :Puisque nous abordons la fusion des registres, celle entre le médium à cône et le tweeter à dôme s’avère tout aussi imperceptible. Nous avons particulièrement apprécié les extinctions de notes superbes qui procurent beaucoup d’intelligibilité et une ampleur aérienne au message. Le tweeter grimpe très haut en fréquence avec une épaisseur de texture très réaliste. Serait-ce l’apport subjectif, l’apport « acoustique » de la cavité arrière en bois ? Toujours est-il que l’absence de brillance et la régularité de réponse de ce haut-parleur permettent aux notes de s’épanouir et de se développer sans fausse luminosité.

Dynamique :Le constructeur annonce une puissance admissible maximale de 350 W pour les Serafino qui ont suivi le rythme de notre puissant bloc stéréo suisse sans broncher, nous le confirmons. Les frappes sauvages de batterie en introduction de la piste « The Drifter » par Masala donnent la mesure du potentiel des enceintes dans le grave. Il manque dans l’absolu un poil d’énergie et de tension, mais les dimensions et les tonalités de l’instrument restent fondamentalement crédibles notamment grâce à la spontanéité et à la richesse harmonique des colonnes. Bonne répartition de la modulation sur tout le spectre à très bas niveau, même si les Serafino semblent s’émanciper à partir d’un certain niveau sonore.

Attaque de note :L’ensemble des registres se caractérise par une réactivité remarquable quel que soit le type de message musical ou la complexité de la partition. L’ambiance intimiste de la piste « Le vent nous portera » par Sophie Hunger révèle une incroyable quantité de bruits, de sons et de détails généralement plus discrets voire à peine audibles. Et sur des passages plus coriaces comme le fatras électroacoustique de la piste « The Roots of Coincidence » du Pat Metheny Group, les Serafino surprennent encore par leur étonnante lisibilité.

Scène sonore :Dégagées des murs latéraux et arrière, et disposées avec un léger pincement vers le point d’écoute, la présentation spatiale des Serafino prend des dimensions tout à fait réalistes en termes de proportions et notamment de profondeur. La performance vit et respire (intensité dramatique sur « E Lecevan la Stelle », de Tosca, par Roberto Alagna) : l’air circule sur la scène et autour du ténor. La localisation est d’une remarquable précision.

Transparence :La restitution proposée par les Serafino est imprégnée de beaucoup de fluidité et de pouvoir analytique. On retrouve dans leur proposition musicale ce qui a toujours imprégné les réalisations de cet illustre fabricant, à savoir une scrutation du signal sonore au plus profond sans jamais verser dans l’agressivité ou la lecture clinique et décharnée. C’est fin et charnel à la fois.

Rapport qualité/prix : Au vu de ce que proposent les colonnes Sonus Faber aussi bien d’un point de vue technique, musical et esthétique, il apparaît évident que le prix auquel elles sont proposées se trouve pleinement justifié. Certes, il est évident qu’accepter de débourser une telle somme pour une paire d’enceintes est tout sauf une décision anodine. En revanche, les modèles concurrents qui réussissent à intégrer autant de savoir-faire, autant de composants de qualité ou fabriqués sur cahier des charges et autant de musicalité pour une somme équivalente ne sont tout de même pas légion.

Verdict

Avec la Tradition Serafino, le constructeur a créé un magnifique instrument de reproduction musicale. Cette enceinte à la finition sublime est particulièrement bien équipée avec des composants racés et des solutions techniques originales, et la qualité de la réalisation rappelle le prestige des autres compositions acoustiques du fabricant. La restitution très séduisante se caractérise par un subtil mélange de rapidité et de douceur qui fait la part belle au réalisme des timbres et au fouillé de l’analyse. Une réussite.

Fiche technique

Origine : Italie
Prix : 18 600 euros
Dimensions : 396 x 1 091 x 485 mm
Poids : 52 kg
Réponse en fréquence : 30 Hz – 35 kHz
Sensibilité : 90 dB/2,83 V/m
Puissance admissible : 350 W
Impédance nominale : 4 ohms