TOTALDAC D1-CORE

Totaldac_d1-core

L’année 2015 fut pour nous la découverte et l’adoption des convertisseurs français Totaldac en tant que DAC de référence au sein de notre système d’écoute. Parmi les nouveautés 2016 du constructeur figure le d1-core qui devient le modèle d’entrée de gamme Totaldac.

Le d1-core adopte le cœur des d1 (d’où son nom) autour duquel les circuits ont été optimisés pour obtenir un prix de vente le plus bas possible. Nous invitons nos lecteurs à se reporter au numéro 210 pour une description en détail du d1-single qui, soit dit en passant, est devenu le d1-single mk2 avec quelques améliorations internes.

Un d1 pour presque tous

L’objectif du d1-core a été d’obtenir le rapport performances sur coût le plus serré possible et de garantir un maximum de musicalité et de naturel. Le fabricant a raisonnablement « allégé » certaines parties du convertisseur au propre comme au figuré puisque le d1-core perd plus de 2 kg par rapport au d1-single.

L’électronique toujours en deux parties sépare l’alimentation de la section audio. Le « core » conserve le chip FPGA qui gère de nombreuses fonctions (algorithme, réglage de volume, mémoire tampon, etc.), et les cent résistances Vishay Z-Foil à 0,01 % de l’étage de conversion. Il peut recevoir les mêmes options que les autres Totaldac et peut notamment intégrer une carte serveur/streamer pour une utilisation directe sur réseau, pour la lecture de fichiers ou l’écoute en streaming.

Le capot du boîtier audio n’est plus brossé mais peint, la plaque massive antivibratoire en cuivre a disparu et l’étage de sortie couplé en direct sans condensateur utilise une topologie différente de celle du circuit du d1-single. Il est polarisé en classe A à faible courant de repos et glisse en classe AB ensuite (celui du d1-single était calé en pure classe A avec un fort courant de repos).

Totaldac2

Fabrication et écoute

Construction :Pas de différence fondamentale entre le single mk1 que nous avions testé et le core, seul le capot peint du core identifie extérieurement l’appareil qui perd du coup un peu de sobriété. Il fallait bien maintenir les coûts sous contrôle.

Composants :On retrouve la même perfection technologique dans le d1-core que dans n’importe quel autre Totaldac avec des composants et des solutions technologiques spécifiques, comme l’horloge de resynchronisation propriétaire, la mémoire tampon et l’étage de sortie à composants discrets. La disparition de la plaque de cuivre qui faisait office d’amortissant antivibratoire et de blindage a été dictée par des considérations de prix.

Grave :Après une petite période de mise en température, l’impression est que les notes du registre sont plus modulées, plus consistantes, avec une répartition dynamique supérieure et sans le côté mécanique binaire de la majorité des concurrents dans cette tranche de prix. Sur les frappes de boule sur la grosse caisse de la piste « Animal » par Francis Cabrel, on perçoit la pointe de modulation à l’impact suivie d’une légère retombée de niveau. C’est très court dans le temps, mais on ressent à cet instant précis la déformation de la peau de la caisse. L’extrême grave fait preuve d’une remarquable articulation.

Médium :On retrouve sur ce critère les notions de matière, de texture, de densité notées auparavant, et ça donne une tout autre allure au message restitué. Chaque note reproduite apparaît plus incarnée qu’avec un DAC conçu à partir d’une ou de plusieurs puces de conversion. La répartition modulatoire et harmonique est d’une grande justesse, très proche en fait de ce que propose le d1-single un poil plus savoureux encore. On ressent du réalisme et de l’authenticité dans ce qu’on entend. Les notes se distillent naturellement avec du volume et des superbes couleurs.

Aigu :Nous déplorons souvent le côté ultra-piqué et l’hypertransparence de nombreux convertisseurs, parfois très onéreux, qui n’ont absolument rien à voir avec une quelconque réalité. Rien de tout cela avec le Totaldac. Comme pour le d1-single, le d1-core dispose d’un filtre (débrayable par la télécommande) de compensation de la baisse de niveau en pente douce dans l’aigu des convertisseurs sans suréchantillonnage, ce qu’il est. Sans filtre, notre préférence, l’extrême aigu est légèrement en retrait. Avec, une petite luminosité pointe. Dans tous les cas, le d1-core nous propose un haut de spectre toujours détaillé et sans aucune agressivité.

Dynamique :L’appareil n’est absolument pas gêné par les demandes exigeantes en harmoniques d’un message complexe à forte teneur en transitoires, écouté à très bas ou à très haut niveau. Sur les forte (impacts de baguettes sur les toms, piste « Dis-le » par Baz-Baz), la sensation d’énergie est remarquablement restituée. Sur les pianissimo (introduction au clavecin sur « Ha Vinto Amor » par Simone Kermes), le rendu des micromodulations est magnifique avec une déclinaison d’amplitude des harmoniques particulièrement réaliste.

Attaque de note :Les premières minutes d’écoute du d1-core à bonne température nous ont rappelé d’emblée les mêmes moments vécus avec le d1-single puis le d1-dual. Nous avons instantanément été saisis par la véracité des timbres, par la densité harmonique et par un respect inconditionnel du timing. C’est un peu déstabilisant car différent une fois encore de ce que produit un DAC à puces. On a à la fois la saveur et la souplesse qui se mêlent à la rapidité et à la rigueur. Les attaques sont vivaces et participent à l’éventail harmonique étendu. La lisibilité des partitions complexes est remarquable et d’une grande lisibilité.

Scène sonore :La scène sonore proposée par le Totaldac va loin en termes de véracité et de ressenti. L’ambiance générale de la piste « Le Jardin d’hiver » par Stacey Kent est restituée avec une ampleur et une répartition extrêmement plausibles du public et des interprètes (grosse caisse étonnamment focalisée en arrière-plan). Le positionnement en largeur en en profondeur s’installe avec une évidence et une aération confondantes. L’étagement net et précis des plans permet de visualiser avec une grande facilité chaque interprète sur scène.

Transparence :Les différentes écoutes effectuées montrent et démontrent que le d1-core est un redoutable appareil en termes de neutralité et de naturel. Malgré un aigu un poil sur la défensive, la réponse en fréquences est l’une des plus équilibrées et des plus linéaires que nous ayons obtenue d’un DAC, quel qu’en fût le prix. À la réflexion, s’agirait-il du secret de la musicalité d’un Totaldac en général et du d1-core en particulier ? Cet équilibre tonal absolument familier à nos chères oreilles ? Ce qui est certain, c’est que le d1-core ne verse jamais dans la surenchère ou dans le spectaculaire, le socle de sa restitution est basé sur la justesse.

Rapport qualité/prix :Le d1-core embarque des technologies très originales et redoutablement musicales. Côté convivialité, notons notamment le réglage de volume intégré dont la remarquable transparence permettra de s’affranchir d’un préamplificateur dans la mesure où l’on n’utilise que des sources numériques, les seules acceptées par le d1-core… Pour moins de 5 000 euros, voici un convertisseur de très haut de gamme, extrêmement proche musicalement de feu son grand frère le d1-single, qui risque de donner le tournis à nombre de concurrents beaucoup plus ambitieux…

Totaldac3

Verdict

Le Totaldac d1-core nous a conquis, nous l’avons d’ailleurs placé dans notre liste de convertisseurs préférés. Sa conception basée sur le savoir-faire d’un vrai spécialiste de l’électronique numérique a donné naissance à une véracité sonore étonnante et envoûtante. La palette qualitative est assurément large, mais c’est notamment en termes de justesse tonale, de texture et de timing que le d1-core marque son territoire. Un pur Totaldac.

fiche technique

Origine : France
Prix : 4 700 euros
Dimensions : 360 x 110 x 290 mm (DAC), 122 x 65 x 180 mm (alimentation)
Poids : 4 kg (DAC)
Réponse en fréquence : n.c.
Rapport signal sur bruit : < -145 dB
Distorsion : n.c.
Impédance de sortie : n.c.
Niveau de sortie : variable (3 V RMS maxi)
Entrées numériques : 2 S/PDIF (1 RCA, 1 Toslink), 1 AES/EBU, 1 USB 2.0 asynchrone (chip XMOS)
Formats acceptés : 24/192 sauf optique 24/96,
DSD DoP en option sur toutes les entrées sauf optique
Sorties analogiques : 1 RCA, 1 XLR (repiquage signal asymétrique),1 jack 6,35 mm casque (32 à 600 ohms)