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YBA HERITAGE A-100

On ne présente plus les électroniques YBA qui ont vu originellement le jour en 1981 sous l’impulsion de leur créateur, Yves-Bernard André. Le catalogue riche de cinq gammes de produits plus une de câbles inclut des modèles très musicaux et très accessibles. L’intégré Heritage A-100 en est le parfait exemple. 

Les électroniques YBA font partie du patrimoine haute-fidélité français, tout au moins celles ayant été conçues et fabriquées en France avant 2009, année durant laquelle le constructeur chinois Shanling a racheté une part très importante des actions de l’entreprise. Non seulement elles représentent ce que nos brillants concepteurs ont été et sont toujours capables de créer, mais elles s’inscrivent désormais dans l’histoire de l’audio électronique française. Des références donc que nombre d’amateurs, mélomanes ou collectionneurs, et très souvent les deux à la fois, conservent précieusement et utilisent passionnément au sein de leurs systèmes. Qu’en est-il de la nouvelle génération YBA ?

L’esprit YBA préservé

Le succès rencontré par YBA dans les années 1980 et 1990 résidait dans leur aptitude à reproduire la musique aussi fidèlement que possible. Ce résultat fut le fruit d’une philosophie de travail à laquelle Yves-Bernard André n’a jamais dérogé, mêlant passion, précision et discipline dans la conception et dans la fabrication des produits.

S’il dit lui-même que la technologie n’est pas une fin en soi, elle ne reste importante que dans la mesure où elle est utilisée à la seule fin d’obtenir le plaisir maximum à l’écoute. Les années 2000 furent un tournant dans la stratégie d’YBA. La demande toujours croissante du marché incita Yves-Bernard André à considérer un renforcement de la société sur le marché mondial, et donc à envisager une alliance stratégique avec un partenaire solide. Un tel rapprochement permettrait d’augmenter les capacités financières et de production de l’entreprise, sans pour autant compromettre l’esprit YBA des réalisations.

C’est donc Shanling qui a acquis en 2009 une participation majoritaire dans l’entreprise française, assortie de la nomination d’un nouveau P.-D.G. en 2011, Mme Jacki Pugh, aux commandes des ventes et du marketing. La société chinoise travaille déjà pour plusieurs constructeurs européens et britanniques, elle s’est forgé une réputation très enviable pour la qualité de son travail. Néanmoins, Yves-Bernard André reste actionnaire dans la société YBA nouvelle, et il reste impliqué dans la création des électroniques actuelles. C’est en mai 2012 qu’YBA refait sa véritable réapparition sur le devant de la scène audio mondiale avec quatre nouvelles gammes d’électroniques, Design, Heritage, Passion et Signature, suivie en fin 2013 de l’apparition de la série Genesis dédiée aux applications Bluetooth de qualité.

L’héritage du passé

La gamme Heritage comprend quatre appareils, un lecteur CD-100, un convertisseur D-100, un serveur MP-100SE et un intégré A-100. Ces appareils peuvent à eux seuls constituer le cœur d’un système de qualité. L’intégré et son transformateur torique de 320 VA associé à un quatuor de condensateurs Nichicon Gold Tune de 10 000 µF sont capables de sortir 150 W sous 4 ohms par voie, une réserve de puissance largement suffisante pour animer n’importe quelle enceinte du marché.

L’esthétique rappelle incontestablement les YBA de la première heure, avec un châssis en aluminium brossé et une face avant particulièrement épaisse disponible en couleur noir ou argent. L’ensemble repose sur trois pieds en aluminium à contact ponctuel. Les commandes sont concentrées sur deux molettes, une pour le volume et une pour la sélection des sources, toutes deux reprises sur une télécommande de belle facture compatible avec toute la gamme Heritage. Un afficheur central en forme d’œil communique les informations essentielles (source connectée et niveau du volume sonore).

La connectique ne propose que des entrées et des sorties analogiques, soit cinq entrées haut niveau RCA et une XLR plus une sortie haut niveau pré-out. On pourra regretter le fait qu’aucune option du type carte DAC ou carte phono enfichable ne soit proposée par YBA contrairement à la tendance actuelle de la plupart des concurrents… L’agencement interne est fort bien réalisé. Aux côtés du transformateur torique prennent place deux cartes, une à proximité de la face arrière et regroupant notamment les relais de commutation des entrées, et une seconde dans le fond du châssis sur laquelle prennent position tous les circuits audio et d’alimentation (redresseurs par diodes rapides en boîtier TO220, régulateurs et filtrage).

Un dissipateur unique est fixé en bout de carte, il reçoit les huit transistors de puissance (quatre 2SC3591A et quatre 2SA1386A). Le schéma à transistors s’articule autour d’une entrée différentielle avec source de courant, deux étages polarisés en classe A de gain en tension à paire complémentaire et un étage de sortie en push-pull. Tous les transistors sont sélectionnés pour leurs performances sonores et leurs caractéristiques naturelles, à savoir très faible bruit en entrée, très large bande passante pour les drivers et courant élevé pour les éléments de puissance.

Écoute

Nous avions à cœur de récupérer un intégré YBA de nouvelle génération pour ce dossier. Il nous a paru intéressant de savoir où se positionnait un produit comme l’Heritage A100 par rapport à ce qu’il est possible de se procurer dans le créneau des 2 000 euros. Plus que les autres, l’YBA semble nécessiter un préchauffage plus long pour mieux s’exprimer, mais une fois à température, l’appareil chante de fort belle manière.

C’est celui qui nous a fait la plus grosse impression en termes de véracité de timbres et de lisibilité, après le Mastersound. Les notes sont parfaitement déliées et détourées, avec une sensation d’aération vraiment agréable. La voix très articulée de la chanteuse Zaz donnait par moment l’impression de pouvoir toucher l’artiste. Une des autres caractéristiques majeures du A100 réside dans l’assise qu’il insuffle à tout le bas du spectre.

C’est vraiment du solide, à l’image du piano très charpenté qui accompagne Zaz. En revanche, ce grave très structuré crée un équilibre très légèrement descendant où l’aigu joliment détaillé sonne un peu en retrait. Rien de gênant, bien au contraire dans le cas d’enceintes à tendance claire, mais on perd de la linéarité d’un Rega, par exemple. La lisibilité est remarquable, la différenciation entre les notes et la séparation entre les interprètes boostent l’impression générale et permanente de spatialisation. Moins pêchu que le Primare, il n’en demeure pas moins vivace et sait restituer l’étendue dynamique d’une partition comme celle de la Marche au supplice, du tambour pianissimo en introduction jusqu’aux transitoires les plus cinglants des cuivres.

Verdict

L’Heritage A100 s’annonce comme un excellent cru YBA. Le doute planait depuis 2009 sur la capacité du nouveau propriétaire de la marque à relancer des électroniques aussi performantes et aussi musicales que celles conçues à la grande époque par Yves-Bernard André. Les écoutes réalisées avec l’intégré Heritage A100 sont là pour le dissiper, l’intégré se montrant souverain notamment en termes de qualité de timbres et de scène sonore. Sa puissance confortable et ses capacités dynamiques lui ouvrent une large palette d’enceintes acoustiques qu’on choisira préférablement dotées d’un registre de grave bien maîtrisé.

fiche technique

Origine : France/Chine
Prix : 1 790 euros
Dimensions : 430 x 118 x 400 mm
Poids : 9,3 kg
Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz à - 0,5 dB
Puissance nominale : 2 x 100 W sous 8 ohms (150 W / 4 ohms)
Distorsion : < 0,04 %
Entrées : 5 RCA dont 1 « Video » avec by-pass du préamplificateur, 1 XLR
Sorties : 1 RCA (pré-out), 2 paires HP