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Ampli Intégré ATOLL PR400 & AM400

La Normandie couvre plusieurs secteurs industriels de tout premier plan, et celui de la haute-fidélité en particulier… Atoll se distingue par la haute qualité de ses produits et par le grand soin de leur conception et de leur mise en œuvre. La série 400 constitue le haut de gamme de la marque. 

Ces produits de la série 400, bien qu’existant depuis 2011, gagnent à être connus, car ils surpassent de nombreux concurrents dans la même gamme de prix. L’ensemble se compose d’un préamplificateur, le PR400, d’un amplificateur de puissance AM400 et du lecteur CD400, qui fera l’objet d’un banc d’essai ultérieur.

Un préamplificateur en classe A

La façade du PR400 prolonge et élargit la courbe de celle du lecteur CD400. Elle ne comporte que deux commandes rotatives ornées de boutons taillés dans la masse : le sélecteur d’entrée à gauche et le contrôle de volume à droite. Au centre, un écran dont on peut régler l’éclat, voire l’extinction au moyen de la télécommande intégrale fournie, affiche l’entrée sélectionnée et le volume. Cette sobriété de bon aloi est l’une des traditions de la marque Atoll. Le préamplificateur dispose d’une entrée symétrique et de cinq asymétriques.

Les sorties symétriques sur embases XLR sont doublées, au même titre que les cinch. Le PR400 possède également une entrée numérique sur USB, baptisée « entrée d’appoint » en 96 kHz sous 24 bits, là où d’autres constructeurs se contentent, pour la même appellation, d’une 48 kHz sous 16 bits. Pour aller plus loin, Atoll propose une entrée USB (entre autres) 192 kHz/24 bits sur son CD400 qui fera l’objet d’un banc d’essai ultérieur.

L’électronique interne se compose d’éléments discrets polarisés en classe A, sélectionnés et appariés, alimentés en double-mono via une paire de transformateurs toriques de qualité (2 x 170 VA) découplés par 85 000 µF de capacités au total, répartis en 12 éléments. L’entrée numérique se limite au 96/24 à cause de l’interface Tenor TE7022L reliée à un DAC Burr-Brown PCM1754 (192/24). Quatre condensateurs au polypropylène MCap sont disposés à des endroits stratégiques, à raison de deux par canal, du fait de la structure différentielle des étages de gain. Atoll emploie un potentiomètre électronique LM1972M par voie. Les circuits fonctionnent entièrement sur le mode symétrique, gage de qualité.

Le MA400 : puissant et performant

Cet amplificateur délivre 160 W par canal sous 8 ohms, 300 W sous 4 ohms, et 600 lorsqu’il fonctionne sur le mode bridgé mono, grâce à un petit commutateur au dos de l’appareil. Il travaille en classe A sur les premiers watts, avant de glisser en classe AB. À l’instar du préamplificateur de puissance, l’amplificateur travaille en double mono, grâce à des enroulements secondaires distincts en sortie de son transformateur torique de 1 014 VA, suivi de ponts à diodes et d’un découplage de près de 100 000 µF répartis en 16 éléments. Ce module d’importance cruciale fournit plus que l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’amplificateur, y compris en régime impulsionnel.

Le MA400 s’appuie sur un quadruple push-pull de transistors Mos-Fet par canal, des paires complémentaires IRFP140/IRFP150 de chez International Rectifier (et maintenant de chez Vishay), précédés de montages de type Darlington. Les flancs de l’amplificateur assurent le refroidissement des transistors de sortie, au moyen de dissipateurs à ailettes construits en une seule pièce. On retrouve les quatre capacités de découplage des étages audio, à raison de deux éléments au polypropylène par canal (les condensateurs rouges sur la photo). Les circuits audio fonctionnent tous sur le mode symétrique. PR400 et MA400 sont prévus pour fonctionner ensemble, en privilégiant le mode de liaison symétrique, via une paire de câbles XLR à choisir parmi les meilleures références du moment. Les deux appareils aux composants sélectionnés intègrent chacun de très petites contre-réactions locales qui, judicieusement calculées, laissent s’exprimer tous les petits signaux de faible amplitude qui font la richesse de tout enregistrement musical.

Fabrication et écoute

Construction : Les canons esthétiques des produits Atoll, bien connus des aficionados de la marque, combinent le côté rationnel et la sobriété. La série 400 n’y fait pas exception, à la forme des produits près, plus précisément le lecteur CD400 et le préamplificateur PR400 dotés de châssis arrondis afin de mieux canaliser les vibrations. À l’intérieur des maillons, la disposition judicieuse, sur le mode symétrique, démontre le savoir-faire de la marque.

Composants : La firme normande choisit et trie ses composants en fonction de leur rôle et de leur place sur les cartes électroniques. Ainsi, chaque élément est testé et écouté. Les solutions techniques adoptées par Atoll sont un gage de qualité : pas de circuits intégrés dans les sections audio, mais des composants discrets (transistors montés en symétrique) et des éléments passifs (résistances et condensateurs) de haute qualité. Les alimentations surdimensionnées fonctionnent en double mono, tant pour le préamplificateur que l’amplificateur.

Grave : Rarement on aura remarqué un registre grave doué d’un si bel équilibre. Le côté vivant de ce registre s’exprime par sa tension et sa consistance très organique. En effet, le grave descend très bas, sans jamais verser dans une lourdeur artificielle ou dans l’approximation. Il fait preuve d’une finesse d’analyse hors du commun, le rendant capable de suivre les moindres nuances du bas du spectre, sans limite apparente.

Médium : Le mariage appréciable du grave et du médium s’illustre dans cette consistance et cette articulation de l’ensemble. On perçoit les moindres nuances musicales de toutes les plages testées (une trentaine de morceaux, signe évident des qualités de restitution du PR400 et de l’AM400), à tel point qu’un contre-chant, masqué jusqu’alors, s’est fait entendre. Le registre médium bénéficie de facultés d’analyse indéniables, faisant corps avec la musique à restituer.

Aigu : Ce registre profite, comme les deux autres qu’il complète, d’une conception prenant en compte le moindre détail, le moindre composant, afin de garantir la plus belle musicalité possible. Les Atoll différencient avec brio les petits signaux, dans une restitution riche, d’un piqué remarquable, sur toutes les plages jouées. Ils ne se laissent jamais distancer par la complexité de certains passages. Le jeu inspiré de cymbales de Phil Collins sur l’album Grace & Danger de John Martyn gagne en confort d’écoute en raison de l’authenticité de restitution des Atoll, comme s’ils avaient levé un voile sur les plages musicales.

Dynamique : Il n’y a pas de mystère, le caractère vivant de la restitution constitue l’un des standards de la marque. Ainsi, les étages audio puisent à l’envi dans les réserves d’énergie des alimentations sans jamais les mettre en difficulté. Le message musical ne pâtit pas de temps de récupération que l’on déplore sur des électroniques calculées trop justes. Les Atoll, bien que durement sollicités sur des plages musicales pièges, ont tenu la dragée haute à de nombreux produits concurrents. Le test du morceau Tableaux d’une exposition de Moussorgski dans la version orchestrale de Maurice Ravel n’a pas eu l’heur de mettre en difficulté les PR400 et AM400.

Attaque de note : Cet aspect des tests d’écoute découle du haut pouvoir d’analyse des Atoll et de leur facilité à délivrer de la puissance en régime impulsionnel. Ce point fort s’illustre tant sur le morceau musical servant à l’évaluation de la dynamique que sur d’autres où cette rapidité permanente renforce le haut pouvoir de définition de ces deux appareils qui n’en finissent pas de ravir nos oreilles. Les attaques de notes du stick Chapman à 12 cordes de Pascal Gutman (sur l’album Cascades) nécessitent puissance instantanée et définition, car les fondamentales se situent dans le registre grave et les harmoniques de l’instrument montent très haut. Les deux « 400 » se jouent de ces passages avec grande aisance.

Scène sonore : Autre caractéristique typique de restitution des Atoll, leur scrupuleux respect des scènes sonores dans les trois dimensions. Ainsi, l’ambiance sonore est parfaitement restituée, dans un réalisme optimal. Les PR400 et AM400 se fondent dans le message musical à l’authenticité conservée, tant sur le son direct des instruments que sur les réverbérations donnant une idée des différences de dimensions de salles entre celle qui accueille le grand Orchestre philharmonique de Russie jouant l’œuvre Gogol Suite d’Alfred Schnittke et le studio plus intimiste du talentueux bluesman Ted Hawkins sur son album The Next Hundred Years…

Transparence : À l’écoute de ce préamplificateur et de cet amplificateur représentant le haut de gamme de chez Atoll, la pureté des timbres se remarque avec tact et délicatesse. Aucune coloration ne vient perturber l’authenticité de la restitution, aucune limitation ne vient dégrader la scène sonore (on pense à la structure en double mono des appareils), pas plus que la dynamique ou encore les attaques de notes. Ces électroniques font la part belle à la musique. Elles n’imposent rien, mais vont largement au-delà du strict nécessaire pour répondre aux exigences des plages musicales à restituer.

Qualité/prix : Le PR400 coûte le même prix que l’AM400. La sobriété apparente des deux appareils ne saurait occulter la pertinence de leur conception électronique. Sur ce plan, si Atoll fait systématiquement appel aux composants discrets, on n’imagine pas la difficulté de mise en œuvre de tels circuits où chaque composant est apparié, afin de présenter une parfaite identité au sein d’un canal symétrique, ainsi qu’une tout aussi parfaite identité gauche/droite. Les alimentations surdimensionnées suivent aussi la même logique qualitative. L’ensemble, fort, de surcroît, d’une musicalité hors-norme, justifie son prix très raisonnable en regard de ses hautes qualités.

Verdict

Atoll propose des maillons d’exception pour un prix justifié. Les PR400 et AM400 rassemblent le meilleur de la technologie de la firme normande qui, d’emblée, place la barre très haut : classe A, structure symétrique et en double mono, composants discrets, alimentations surdimensionnées, taux de contre-réaction très bas, design original… La conception élaborée de ces appareils se traduit, à l’écoute, par une authenticité enviable, une musicalité exceptionnelle sur tous les styles de musiques. Même s’il ne s’agit pas des dernières nouveautés de la marque, la série 400 est une valeur aussi sûre que pérenne.

fiche technique

Origine : France

Préamplificateur
PR400
Prix : 4 200 euros
Dimensions : 440 x 130 x 370 mm
Poids : 15 kg
Entrées stéréo analogiques : 5 sur RCA, 1 sur XLR
Entrées numériques : 1 USB 96 kHz sous 24 bits
Sorties stéréo : 1 RCA, 2 sur jack 6,35 mm (casques)
Réponse en fréquence : 5 Hz à 200 kHz
Temps de montée : < 1,5 µs
Rapport signal sur bruit : > 100 dB
Ampédance d’entrée : 220 kilohms
Taux de distorsion : + bruit à 1 kHz : 0,005 %

Amplificateur AM400
Prix : 4 200 euros
Dimensions : 440 x 130 x 370 mm
Poids : 19 kg
Entrées stéréo : 1 RCA, 1 XLR par canal
Sorties : 2 paires HP sur borniers universels
Puissance de sortie : 2 x 160 W (8 ohms), 2 x 300 W (4 ohms)
Puissance en mode ponté (mono) : 600 W (8 ohms)
Réponse en fréquence : 5 Hz à 100 kHz (à -3 dB)
Temps de montée : 3 µsRapport signal sur bruit : 100 dB
Impédance d’entrée : 220 kilohms
Taux de distorsion : < 0,05 % à 1 kHz