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LECTEUR CD

TAD D-1000

Technical Audio Devices Laboratories (TADL), plus connu des audiophiles par son acronyme TAD, se distingue à nouveau par un ensemble d’électroniques hors normes. Fort connu pour ses enceintes audio pro, depuis 2003, le japonais se consacre également au high-end.

Rappelez-vous, il y a quelque temps, nous vous présentions la Compact Reference One à la musicalité exceptionnelle. Si TAD dispose d’une gamme fort performante d’enceintes, il n’en délaisse pas moins le sujet des électroniques. Depuis 2007, en constante recherche d’améliorations, les nouvelles technologies faisant leur apparition, TAD les incorpore soigneusement sur ses réalisations. Consciencieuse, soucieuse du travail artisanal bien fait, l’entreprise japonaise originaire de Tokyo sélectionne également ses composants et matériaux avec soin. Les électroniques sont assemblées et contrôlées à la main à l’aide de machines pneumatiques robotisées. Ces dernières permettent d’intervenir avec précision sur les éléments de poids les plus importants. TAD est également fortement implanté aux Etats-Unis, mais il s’intéresse depuis quelques années de manière plus insistante au continent européen et, pour notre plus grand plaisir, à la France. Au rayon des électroniques, comme tout produit japonais haut de gamme qui se respecte, le TAD-D-1000 vise à l’excellence. Situé au sein de la gamme Evolution, taillé pour affronter le xxie siècle, ce lecteur/convertisseur, par ses technologies de pointe, nous prouve son savoir-faire.

Une section numérique très élaborée
Nous savons comme la gestion de l’horloge permet d’atteindre cette finesse dans la restitution qui frise l’analogique. TAD a donc travaillé à l’intégration de son horloge ultra-précise à base rubidium déjà présente sur le D-600. Cette dernière possède une bande passante accrue en gardant un niveau de bruit ultrafaible. De même, la section de numérisation du signal est symétrisée au moyen de deux rampes distinctes, gérées indépendamment par un composant de conversion de top qualité Texas Instruments. Le PCM1794 est un modèle bien connu de notre rédaction. Nous apprécions notamment sa grande habileté à traduire le phrasé musical. Les étages de conversion analogique sont également une réalisation maison en composants discrets qui font du D-1000 une pièce unique en son genre.L’appareil est solide, basé sur une structure aluminium de 8 mm d’épaisseur. Cette dernière est usinée dans la masse à partir d’un bloc complet. Rigide, son centre de gravité a été abaissé au maximum pour améliorer l’absorption des vibrations. L’implantation des composants a été également soigneusement pensée. Elle place les pièces les plus lourdes au plus près du socle pour en renforcer l’effet. De même, les transformateurs qui vibrent naturellement sont complétés de parois en laiton. Le lecteur embarque naturellement un convertisseur qui, modernité oblige, devient accessible. De ce fait, l’arrière présente un ensemble de prises abondantes. Cinq entrées numériques sont disponibles, 1 symétrique AES/EBU, 2 optiques Toslink, 1 coaxiale RCA 75 ohms et une USB 2.0 pour y brancher un ordinateur. Nous notons au passage que toutes les fréquences d’échantillonnage en PCM ou DSD simple/double densité sont prises en charges. Les sorties sont, quant à elle, soit asymétriques au format RCA, soit symétriques au format XLR. Une sortie numérique AES/EBU et coaxiale 75 ohms sont également disponibles pour se servir du D-1000 comme transport vers, par exemple, le convertisseur DA-1000 de la marque. TAD fait encore partie de ces constructeurs qui fabriquent leurs haut-parleurs de bout en bout. Avec le lecteur de CD, dans le même esprit, le chargement est géré par une mécanique motorisée de conception TAD. Remercions ici au passage le savoir-faire en la matière de leurs cousins Pioneer, qui complète parfaitement l’ingénierie du nippon. Notons que son plateau de chargement est équipé d’une surface antidérapante, qui retient efficacement le CD et assure une bonne absorption des vibrations à la rotation, pendant la phase de lecture.

Fabrication et écoute

Construction : Avec ses 18 kg, le châssis d’aluminium de 8 mm présente une excellente isolation aux vibrations, mais offre également une barrière naturelle aux interférences. La forme est originale, avec ses biseaux, elle tranche agréablement par rapport aux électroniques rectangulaires courantes. L’affichage est discret, la taille et la couleur des informations restent cependant lisibles à distance. Notons enfin que le chargeur frontal est motorisé en silence et présente une excellente rigidité.

Composants : L’alimentation, par le gros transformateur toroïdal sous cloche, séparée pour les sections numériques et analogiques, apporte une aisance sur la reproduction des attaques. La conversion PCM et DSD est assurée par un jeu de deux convertisseurs Texas Instruments PCM1794 qui sont le top du top de la marque. L’horloge qui cadence la conversion est ce qui se fait de mieux en la matière. A base rubidium, elle présente une précision extrême. Enfin, la mécanique propriétaire, motorisée et usinée avec précision, garantit une présentation du disque aux diodes laser par un chargeur inspiré de l’ingénierie Pioneer.

Basses : L’extension du registre dans le bas du spectre s’éteint avec grande élégance, en proposant une image à la fois ferme et étendue. Dans la grande tradition de l’électronique japonaise dans ce domaine, la sensation de présence est juste, sans sensation de manque. La très juste capacité analytique de l’ensemble nous éloigne clairement d’une prestation démonstrative, surchargée ou renflée dans l’extrême bas.

Médium : Nous le rappelons assez souvent, le médium est avant tout la zone sur laquelle nous focalisons naturellement notre écoute. L’expressivité du D-1000 à ce niveau est exceptionnelle. Avec une articulation hors norme des nuances, il extrait la moindre information d’une simple galette CD. Son convertisseur accessible n’est pas en reste. Par le port USB, l’écoute de musique en haute définition, même si elle manque de cette infinitésimale musicalité du bloc CD, reste tout de même de très haut niveau.

Aigu : L’extension du haut du spectre est d’une linéarité remarquable. La lecture est marquée par l’absence de toute sensation de crispation ; les détails, parfaitement timbrés et positionnés dans l’espace, sonnent juste. Selon l’amplification en place, cette dernière laisse libre cours à son caractère, le lecteur s’effaçant pour ainsi dire royalement. Chaque petit détail des harmoniques complexes, sur les cordes frottées ou le piano, prend place avec grande justesse, tout comme notamment le xylophone, qui surprend sur la lecture de notre disque de test d’Oscar Peterson.

Dynamique : Sur une telle électronique, il est difficile de parler de dynamique intrinsèque, tant cette dernière colle à l’amplification. Le D-1000 ne manque pas à l’appel, il fait preuve d’une réelle justesse sur les appels de courant, avec un timing très précis. En conséquence, notre amplification reproduit avec force aussi bien les montées fulgurantes des grosses timbales que les petits détails piquants à contre-chant. En dernier lieu, nous notons l’absence totale de crispation, sur les accumulations de notes, dans l’extrême aigu, notamment sur les cordes frottées avec nervosité.

Attaque de note : Le D-1000 fait partie de ces électroniques laissant passer l’émotion au travers d’un jeu, en mêlant expressivité physique et prestation artistique. Les microdétails extraits d’un CD ou d’un SACD complètent avec grande justesse les timbres vocaux. La lisibilité instrumentale et la fluidité du jeu rappellent à s’y méprendre l’impression du vrai. Nous notons comme à l’habitude, sur le piano, cette justesse sur la frappe où, pour peu que la prise de son soit bonne, le jeu de la main gauche est net et les petites notes de la dernière octave non dénaturées.

Scène sonore : Une sensation d’extension naturelle à la fois en largeur et en profondeur met en scène un D-1000 décryptant avec précision les plans des prestations studio de proximité, aussi bien que celles des grands ensembles. L’extension holographique de l’amplification associée pour l’occasion pose des plans intimement liés dans l’espace, avec un naturel confondant. Avec le souci du détail, le D-1000 transcrit donc une vision loin de toute simplification intimiste que l’on peut se faire d’une restitution musicale.

Transparence : Un des gros points forts de cette électronique est la pertinence avec laquelle elle décrypte la musique sans trahir l’original. Tout est parfaitement en place, couplée à une amplification hors normes, nous pouvons – et c’est assez rare – apprécier nettement le niveau de compression dynamique appliqué à l’enregistrement ! La texture vocale sur le chant est également d’une précision diabolique, nous y retrouvons la qualité et le talent indéniable de TAD pour le monitoring.

Verdict
TAD, par sa ligne Evolution, s’écarte de la route de l’audio professionnelle pour le plus grand plaisir de nos oreilles. On savait les Japonais plutôt traditionalistes, pour autant, le D-1000 est quelque peu original par sa forme, il tranche clairement avec les sempiternelles boîtes rectangulaires. Nous devons également saluer l’extrême transparence du D-1000 qui, sans conteste, s’exprime à partir d’un simple CD aussi bien que depuis son convertisseur en DSD. L’articulation du médium est d’un naturel confondant, tout en proposant une image d’une clarté exceptionnelle. Nous avouons notre surprise, car il est rare de voir un lecteur CD faire preuve d’une telle uniformité : alors chapeau, TAD !

Fiche technique
Origine : Japon
Prix public : 16 000 euros
Dimensions : 440 x 150 x 406 mm
Poids : 18,5 kg
Consommation en veille : < 0,5 W
Consommation en marche : 43 W
Rapport signal/bruit : 115 dB
Optique PCM : jusqu’à 24 bits/96 kHz
AES et coaxial PCM : jusqu’à 24 bits/192 kHz
PCM : jusqu’à 384 kHz sur USB 2.0
DSD : 2,8 MHz et 5,6 MHz