Bannie_re_provisoire

DAC

M2TECH YOUNG DSD

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Depuis la sortie du Vaughan, M2Tech s’était fait rare sur le marché des convertisseurs. Son retour, avec le Young DSD, a donc aiguisé notre intérêt. Marco Manunta a pris son temps pour concevoir un convertisseur capable de succéder à l’excellent Young. Mais s’ils ont de commun le nom, nous allons voir que leur conception diffère.

Le Young DSD s’affiche à la fois compact et sobre. Il laisse de côté l’affichage à LED rouges, caractéristique des produits de la première génération. Le coffret, dans la même esthétique que les autres produits de la marque, est constitué d’une pièce massive d’aluminium brossé. On retrouve également l’élégance design, alliant le brossage à l’absence de chanfreins. La façade opacifiée, comme sur la première génération, laisse désormais place à un ensemble réduit de commandes, restant cependant traditionnelles. Un bouton d’allumage, une LED bleue en guise de témoin de fonctionnement sont situés à gauche de l’afficheur. Ce dernier donne l’essentiel des informations et affiche les différents réglages de source, échantillonnage et volume. Le bouton rotatif en aluminium, situé sur sa droite, permet d’ajuster le volume du préamplificateur par pas de 0,5 dB, de -96 à 0 dB. Il est également utilisé pour sélectionner les quelques fonctions des sous-menus. L’essentiel des commandes se retrouve d’ailleurs dans la télécommande très complète fournie avec l’appareil. A l’arrière, les entrées et sorties ont été travaillées pour aller à l’essentiel. Les sorties analogiques ont été symétrisées en interne et sortent par un jeu unique de prises XLR dorées. Pour connecter le convertisseur à un amplificateur à l’aide de prises analogiques asymétriques, des adaptateurs XLR vers RCA sont fournis. Du côté des entrées, une prise XLR 110 ohms est prévue, pour connecteur un transport haut de gamme au format AES/EBU. Elle est secondée par une entrée S/PDIF au format RCA 75 ohms, qui pourra par exemple servir à brancher un lecteur de CD. M2Tech a également prévu une seconde entrée RCA au format BNC. Enfin, au rayon des entrées S/PDIF, une entrée en fibre optique TosLink permettra de brancher un lecteur BD ou une TV connectée. Sur la droite, la traditionnelle entrée USB 2.0 asynchrone pour ordinateur offre un volant traditionnel de possibilités. Cette dernière accepte les flux numériques à très haut débit et notamment le fameux format DSD. Enfin, un connecteur pour l’alimentation de 15 V à faible bruit séparée permettra de relier prochainement une alimentation sur batterie, en cours de conception. Le M2Tech Young DSD s’enrichit donc d’un préamplificateur pour répondre au besoin croissant exprimé par les utilisateurs de réduire les éléments nécessaires à la reproduction musicale. La sensibilité en sortie est réglable sur deux niveaux. Du côté conversion, M2Tech s’est penché sur une technologie performante issue de ses plus gros modèles en implémentant un montage à base de PCM1795. Le couplage USB est, quant à lui, issu des travaux faits sur les petites clés HiFace. Il reprend ses fondements, en apportant du coup une compatibilité immédiate avec Mac, Windows et Linux.Le Young DSD peut par conséquent lire tous les formats d’échantillonnage, PCM et DSD natif ou en DoP.

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Fabrication et écoute

Construction : Solide du fait de son coffret tout métal de généreuse épaisseur, le M2Tech Young DSD affiche tout de même 1,7 kg pour une compacité record. Pour éviter un coffret plus grand, Marco Manunta a préféré soigner les sorties symétriques analogiques et fournir les adaptateurs de haute qualité pour connecter les câbles de modulation traditionnels.

Composants : La carte interne est d’une compacité record. Les chemins ont été optimisés au maximum, les composants de surface CMS ajustés au millimètre. L’implémentation des étages de sorties analogiques, parfaitement symétrisés, est équipé de capacités Wima. Ils sont situés au plus près de la sortie du convertisseur.

Basses : L’étendue dans le bas du spectre montre une assise et une extension tout à fait étonnantes, notamment en S/PDIF. Les basses sont profondes, elles enveloppent l’atmosphère, n’étant pas sans rappeler l’impression du velouté en restitution analogique. Nous retrouvons ici la signature sonore de la marque M2Tech, qui a fait son succès.

Médium : Le bas médium est riche et détaillé, il contribue à donner vie à l’image et plus particulièrement sur les prestations vocales. Le médium est, quant à lui, riche, détaillé, sans excès de sécheresse, marqué d’une absence de dureté numérique. Nous notons enfin la rigueur des placements d’instruments qui en découle.

Aigu : Le mariage du haut du spectre au haut médium se fait avec une excellente continuité, sans impression de rupture. L’absence de crispation dans l’aigu participe à la signature sonore parfaitement fluide et musicale de ce Young DSD. Son aptitude à l’extraction d’informations sur les plages en haute définition apporte également un bonus de naturel à ce niveau.

Dynamique : Les mouvements rapides dispensant une foultitude d’harmoniques devant être superposés et reproduits à grande vitesse s’accordent bien du couplage que nous avons monté pour l’occasion. Sans apporter une impression de rapidité excessive, le Young DSD fournit une expérience proche du naturel, pourvu que l’amplification soit dynamique.

Attaque de note : Couplé à un système réactif, à la lecture de musique simple ou complexe, l’enchaînement des notes reste parfaitement palpable. Tant sur les attaques franches d’un grand piano de concert que sur le frotté des cordes, l’attaque reste nette. Sur le saxophone de Sonny Rollins, la franchise du souffle dans la hampe fournit une belle image proche favorisant l’idée du réel.

Scène sonore : La scène sonore s’impose par une image large et profonde, dépourvue d’une impression excessive de voile. La maîtrise du bruit est bonne, notamment sur l’entrée numérique en AES/EBU. Le positionnement dans l’espace des éléments en contre-chant propose une lecture simple des grands ensembles aussi bien que des petites formations.

Transparence : Sans jamais trop en faire, le Young DSD offre une vision réaliste et charnelle de la musique. Avec cette remarquable fluidité aux accents analogiques que l’on connaît à la marque, les voix et les instruments nous ont semblé reproduits avec grand respect.

Qualité/prix : M2Tech, à son habitude, a su composer avec la performance et l’équation économique. Avec un préamplificateur en bonus, la partie convertisseur offre une performance excellente à ce niveau de prix. Le combiné Young DSD fournit de plus un volant de connectivité haut de gamme pour mieux aborder la lecture audiophile d’exception.

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Verdict
A la fois performant, élégant et diablement musical, le M2Tech Young DSD a tout pour séduire. Délivrant une palette de couleurs aux accents analogiques, il reste à tout moment musical et respectueux des instruments originaux. Il saura en dernier lieu tirer parti de toutes amplifications, en supportant l’ensemble des formats d’échantillonnage actuels.

Fiche technique
Origine : Italie
Prix public : 1 240 euros
Dimensions : 200 x 50 x 200 mm
Poids : 1,7 kg
Volume : de -96 dB – 0 dB par pas de 0,5 dB
Rapport signal/bruit : 118 dB
Taux de distorsion RCA à 1 kHz : 0,0008 %
Bande passante : 20 Hz – 80 kHz
Format PCM : jusqu’à 32 bits/384 kHz selon entrées
Format DSD : 2,8 MHz et 5,6 MHz sur entrée USB