Bannie_re_provisoire

ENCEINTE

FOSTEX GX100MA

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Compacte parmi les compactes, l’enceinte GX100MG est l’entrée de gamme de la série hi-fi du constructeur japonais Fostex. Ses dimensions lilliputiennes rendent encore plus remarquables ses performances sonores directement issues du savoir-faire technologique de la société de Tokyo.

L’enceinte de bibliothèque ou enceinte compacte reste un modèle de choix pour les mélomanes. L’encombrement réduit qui facilite son intégration dans l’espace quotidien de vie et le prix généralement abordable la rendent désirable. Et la restitution qui n’échappe pas cependant à certains compromis (bande passante réduite, puissance limitée, etc.) offre en revanche une scène sonore de tout premier ordre. L’enceinte s’efface devant la musique. C’est ce que nous avons voulu vérifier avec la Fostex GX100MA.

Elle a tout d’une grande Fostex
Logée dans une ébénisterie de quelques litres utilisant du médium de 18 mm et du bois multipli d’eucalyptus et de camphre entre deux feuilles de hêtre d’une épaisseur totale de 15 mm, la GX100MA est une deux-voies à deux haut-parleurs entièrement conçue et réalisée en Chine par Fostex. Elle peut être installée sur un pied support optionnel telle que nous l’avons reçue au magazine pour notre banc d’essai, ce qui la place à une hauteur correcte pour l’écoute. Le haut-parleur de grave médium de 10 cm reçoit une membrane en alliage d’aluminium à profil HR (pour Hyperboloïde Paraboloïde) et suspension UDR. La forme en étoile de mer du cône repousse la fréquence d’apparition des premières vibrations stationnaires dont l’amplitude est fortement atténuée. Quant à la suspension alternant creux et bosses fuyant tangentiellement à la périphérie de la membrane, elle améliore la linéarité de mouvement. Le saladier en fonte d’aluminium supporte une double ferrite. La charge est bass-reflex avec évent arrière recouvert de feutre. Le tweeter à dôme de 20 mm en magnésium pur à 99,9 % est protégé par une fine grille. Le dôme dont le profil à arête centrale renforce sa rigidité est suspendu par une couronne souple en demi-rouleau. Il est placé au centre de la face avant du tweeter qui crée une amorce de pavillon. Le bornier simple est positionné à côté d’une molette qui permet d’ajuster le niveau dans la zone comprise entre 1 kHz et 6 kHz sur une plage de +1 dB à -2 dB. Le filtrage du premier ordre met en œuvre une self à air et un condensateur à film plastique de qualité audiophile. Le pied support SG-600S est en bois multipli. Le plateau supérieur sur lequel se visse la GX100MA est recouvert de feutre, et les trois montants reposant sur le socle épais de 45 mm aboutissent sous celui-ci par des masselottes lourdes et anti-résonantes.

Fabrication et écoute

Construction : Cette sympathique enceinte miniature est tout aussi bien fabriquée que son aînée GX250MG que nous avions portée en triomphe mérité. Hormis le vernis brillant réservé à l’élite de la gamme, l’assemblage est remarquable. De même le pied support optionnel bénéficie du même soin que nous qualifierons volontiers d’attention toute japonaise.

Composants : L’ébénisterie fait en partie appel au bois multipli à base d’eucalyptus et de camphre rencontré sur le haut de gamme du catalogue hi-fi de Fostex. Les haut-parleurs reprennent les technologies sophistiquées du constructeur (dôme en magnésium pur, membrane à profil HR).

Grave : Il est bien évident qu’une enceinte de la taille de cette microcompacte, équipée d’un haut-parleur de petit diamètre, ne pourra jamais produire ni reproduire du grave à niveau sonore réaliste. Qui plus est dans une pièce de 40 m2 comme notre auditorium. Qu’on se le dise. Néanmoins, c’est la propreté et l’articulation du registre qui surprennent. Bien que logiquement en retrait, la trame du registre ne demande aucun effort pour qu’on l’apprécie. La vélocité du petit haut-parleur HR et l’absence totale de vibration de parois libèrent la zone autour de 100 Hz, accentuant ainsi la précision d’analyse.

Médium : Si la taille du transducteur grave médium avoue ses faiblesses dans les premières octaves, elle démontre en revanche ses bienfaits dans le médium. La structure HR extrêmement rigide en aluminium à fractionnement parfaitement contrôlé déploie un message très vivant à distorsion subjective pour ainsi dire nulle. Tant qu’on écoute à niveau modéré, celui qui sied le mieux à la GX100MA, l’auditeur est surpris par la pureté tonale et la justesse des timbres restitués. Le foisonnement des détails nous fait d’autant plus pardonner le léger manque de matière.

Aigu : L’aigu généré par le dôme en magnésium des Fostex, décliné du modèle des GX250MG, file très haut avec du délié et de la délicatesse. Il fusionne parfaitement avec le registre médium sans qu’on décèle la transition entre les transducteurs. La piste « Moonlight on Spring River » par Zhao Cong (The Dali CD3), dévastatrice à souhait, n’a aucunement effrayé les Fostex écoutées à niveau modéré et dont on a particulièrement apprécié le cortège harmonique et la fluidité des cordes de la pipa.

Dynamique : Bien évidemment, le ressenti de l’énergie déployée par un kick de grosse caisse reste limité, d’autant plus qu’on ne peut pas écouter très fort les partitions modernes chargées en grave. Néanmoins, l’écoute de proximité (à niveau modéré donc) de telles pistes, d’une part, et de tous les genres musicaux, d’autre part, en épatera plus d’un par l’étonnante et juste répartition dynamique sur toute la bande reproduite.

Attaque de note : La qualité des haut-parleurs Fostex et leur mise en œuvre parfaitement réussie dans ce petit volume qui ne vibre pas sont à l’origine de la vivacité et de la spontanéité de ces compactes. C’est donc en toute logique que les GX100MA s’avèrent remarquables au niveau des attaques de notes et de la lisibilité. La définition de chaque note est élevée précisément grâce au dégradé harmonique respectueux du contenu musical.

Scène sonore : Si l’on ajoute à ce qui vient d’être écrit le fait que le baffle support soit extrêmement étroit afin de limiter au strict minimum les effets de diffraction et d’améliorer l’écoulement des ondes sonores, on comprend pourquoi la GX100MA déploie une scène sonore incroyablement holographique. La précision de la focalisation est énorme, les proportions spatiales, dont la profondeur, sont étonnamment crédibles.

Transparence : Ces petites Fostex sont indéniablement bourrées de qualités qu’elles aiment à dévoiler tant qu’on reste délicat sur le volume sonore. Elles manquent néanmoins d’un peu de matière et d’ampleur dans le bas du spectre, ce qui leur confère une restitution parfois plus claire que nature. Cela dit, ce sont des enceintes miniatures capables de véhiculer de véritables sensations.

Rapport qualité/prix : Hormis les limites d’utilisation (puissance raisonnablement admissible sans distorsion, faible sensibilité, taille du local d’écoute) qui la destinent plus à une écoute de proximité de grande qualité, la GX100MA surprend par son éventail qualitatif. Elle est fabriquée selon les standards contraignants du constructeur japonais à partir de technologies de pointe. Le prix demandé ne peut raisonnablement être contesté.

Verdict

La Fostex GX100MA nous a irrémédiablement séduits. Cette compacte discrète par les dimensions s’est révélée hautement musicale par les prestations. Véritable réduction à l’échelle de la colonne GX250MG, sa grande sœur que nous avions tant appréciée, elle exprimera son étonnant potentiel musical en utilisation rapprochée de préférence.

Fiche technique
Origine : Japon
Prix : 1380 euros la paire (enceintes seules), 580 euros (paire de pieds supports SG600S)
Dimensions : 160 x 262 x 225 mm (enceinte), 60 cm (hauteur pied)
Poids : 5,6 kg (enceinte)
Réponse en fréquence : 55 Hz – 45 kHz à -10 dB
Sensibilité : 82 dB/W/m
Puissance maximale : 100 W
Impédance nominale : 6 ohms