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AMPLI INTEGRE

NAD C 390DD

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NAD a adopté une démarche innovante en concevant l’amplificateur M2 (voir Haute Fidélité n° 194) dont le C 390 DD est issu. Au menu : du numérique, de l’évolutivité et des performances musicales dignes d’intérêt !

Sous des dehors sobres et esthétiques, l’amplificateur intégré NAD C 390 DD se fait discret, et pourtant, ses possibilités sont nombreuses. La façade ne comporte qu’un bouton-poussoir de sortie de veille, la diode électroluminescente passant ainsi de l’orange au bleu, un pavé comprenant quatre flèches et un bouton de validation au centre, deux commandes de sélection séquentielle des entrées et un encodeur agissant, par défaut, sur le volume mais comportant d’autres fonctions. Ces dernières s’affichent sur le large écran fluorescent et proposent des menus clairs, bien disposés et, en conséquence, d’une exploitation très aisée.

Connectique
Une embase USB en façade accueille toute clé formatée en FAT 32 et contenant des fichiers audio jusqu’en 48 kHz/24 bits à lire. Inutile de chercher les entrées analogiques, le NAD n’en comporte pas dans sa version de base. Mais il propose une entrée AES et son embase XLR, quatre S/PDIF, à raison de deux coaxiales en RCA et deux optiques en Toslink, toutes compatibles 192 kHz/24 bits, et deux sorties dans ces deux formats respectifs. Les sorties de puissance, composées d’embases universelles banane de 4 mm, sont doublées, afin d’accéder au bi-câblage. Enfin, cet amplificateur intégré possède deux sorties à destination d’autant de caissons de graves, dont on peut ajuster la fréquence de coupure du filtre passe-haut entre 40 et 200 Hz.

Le MDC
Les concepteurs ont ajouté au C 390 DD un système le rendant modulaire, le MDC (Modular Design Construction). La partie gauche de la face arrière présente trois slots recevant autant de cartes d’extension. Une carte, nommée DD USB-2 comprenant deux embases USB, l’une du type A recevant des fichiers audio à lire jusqu’en 48 kHz/24 bits, à partir d’une clé ou d’un disque dur, l’autre, de type B, assurant la liaison en 96 kHz/24 bits avec un ordinateur et/ou un serveur de musique, est fournie d’origine avec l’appareil. Les deux autres compartiments, obturés par des panneaux aveugles indépendants, peuvent accueillir chacun une carte. En effet, NAD en propose deux, en plus de celle de l’USB : la DD HDM-1 dispose de trois entrées HDMI, afin d’en extraire l’audio et de le traiter par l’amplificateur. Une sortie au même format, transparente pour la vidéo, y compris en 3D, est présente sur cette carte d’extension. Enfin, le module DD AP-1 est une entrée phono (MM et MC) analogique, avec le choix entre les liaisons asymétriques sur RCA et les symétriques sur XLR. La numérisation du signal exploite un ADC (la réciproque du DAC) travaillant à 192 kHz sous 24 bits. Le C 390 DD peut donc disposer, en tout, de pas moins de 14 entrées. On peut les renommer comme on le souhaite.

Architecture
Le NAD s’appuie essentiellement sur la technologie numérique, en conservant le traitement du signal sur 35 bits jusqu’aux étages de gain finaux, ce qui limite, de facto, les phases de conversion en garantissant une qualité optimale du signal traité. L’amplificateur fonctionne ainsi en classe D. NAD a développé le Digital Power Drive, des étages de gain innovants aux performances élevées, au taux de distorsion très bas et à la réponse impulsionnelle extrêmement rapide. Le constructeur annonce un facteur d’amortissement de 800, ce qui facilitera la gestion d’enceintes à la courbe d’impédance tourmentée. Nous verrons à l’écoute si ces circuits, capables de délivrer 150 W par canal sous 8 ohms, répondent à nos exigences.

Correction de salle
Le menu du C 390 DD contient une routine de correction de salle, très simple à configurer, au moyen d’un sonomètre (les prix ont baissé de manière spectaculaire, ces dernières années), ou une application chargée sur un smartphone. Hormis l’accès au correcteur de timbre grave et aigu, fonctionnant dans le domaine numérique, le NAD propose donc le loisir d’adapter la chaîne à la pièce d’écoute, dans la bande de fréquence la plus malmenée, du fait des constantes de salle : la correction agit dans le bas du spectre, jusqu’à 240 Hz. La mise en œuvre est un jeu d’enfant et apporte un plus non négligeable. Lorsque nous avons reçu le NAD, nous avons constaté que son système d’exploitation était obsolète (2.63), par rapport à la version actuelle (2.76) mise en ligne sur le site Internet de NAD. L’opération, ouvrant l’accès à la mise à jour, a duré, en tout, moins de deux minutes et a mobilisé une simple clé USB. Cette opération a ouvert l’accès à la correction de salle, mais aussi à la mise en veille automatique du C 390 DD en cas d’absence de signal. Si les audiophiles que nous sommes n’apprécions pas particulièrement cet automatisme, gardons à l’esprit que NAD respecte les normes en vigueur en matière d’économie d’énergie.

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Fabrication et écoute

Construction : Le couvercle du solide coffret, largement ajouré, dévoile une disposition rationnelle des cartes électroniques : la puissante alimentation à découpage prend place à l’opposé des signaux audionumériques afin d’éviter toute interférence. À chaque carte correspond une fonction spécifique, comme celle de l’amplificateur, ou celle de la gestion des entrées, voire une autre dévolue à la gestion du bus des cartes d’extension.

Composants : Même si un amplificateur intégré en classe D ne chauffe pas beaucoup, NAD a équipé le C390 DD de nombreux dissipateurs que l’on retrouve sur les alimentations et les étages finaux de gain. Ces derniers disposent d’un peu moins de 19 000 µF de découplage, répartis en quatre éléments électrochimiques. On remarque aussi la présence de condensateurs au polypropylène. La qualité de la connectique est au rendez-vous. Un transformateur d’isolation équipe chaque entrée numérique.

Grave : La restitution du spectre ne possède pas de signature sonore qui serait spécifique au C 390 DD, tant il se conforme à tout l’éventail de nuances qui caractérise tout fichier audio. Tantôt léger, tantôt profond, il fait preuve d’un excellent pouvoir d’adaptation, en fonction de ce qu’il doit restituer, de l’ample au tendu, avec une aisance réjouissante.

Médium : Le registre médium fait preuve d’une belle présence. L’un des atouts majeurs de cet amplificateur intégré tient au pouvoir analytique de cette bande médiane, et le scrupuleux respect des informations de faible amplitude, telles que les petites réverbérations de salle et l’extinction des notes. Cet amplificateur en classe D ne possède pas ce côté mat qui dessert tant de concurrents employant la même technologie.

Aigu : À l’instar des registres inférieurs en gammes de fréquences, l’aigu bénéficie du pouvoir d’analyse du NAD, qui l’explore avec précision et douceur en restant musical en toutes circonstances. Sur ce genre de test, on se rend compte à quel point combien les amplificateurs en classe D ont évolué de manière spectaculaire ces dernières années.

Dynamique : Les tests sur les plages musicales présentant de grands écarts entre les pianissimi et fortissimi ont donné entière satisfaction, car le C 390 DD conserve sa définition exemplaire sur les petits signaux, sans se faire distancer par la complexité de certains passages de plus fort niveau instantané. De plus, il superpose avec beaucoup d’à-propos et de musicalité les différents instruments des formations musicales, des plus légères aux plus complètes, grâce à un suivi individuel remarquable de la dynamique.

Attaque de note : Suivant, en toute logique, les belles performances de la dynamique contribuant au respect de l’interprétation des musiciens, les attaques de notes conjuguent rapidité et définition, sans jamais verser dans l’agressivité. Ce NAD semble bénéficier d’une réserve d’énergie inépuisable, ce qui le rend très polyvalent, en restituant tous les styles de musique avec le même bonheur.

Scène sonore : À nouveau, le NAD montre l’évolution des amplificateurs en classe D, en délivrant un message sonore en trois dimensions. En effet, ce côté mat que l’on pouvait déplorer auparavant, ayant pour défaut de rapprocher sensiblement le mur arrière de l’auditeur, semble avoir disparu, au point de pouvoir comparer les profondeurs relatives des différentes salles de concerts en fonction de leurs dimensions, de la plus intimiste à la plus grande, agrémentées d’une belle aération.

Transparence : Le haut pouvoir analytique du C 390 DD, s’exprimant dans le respect des nuances, des attaques, de la dynamique, sans oublier la scène stéréophonique tout en relief, s’accompagne d’un respect des timbres apte à restituer toute la richesse harmonique des instruments sans jamais les trahir. On peut plus évoquer l’authenticité de restitution que la neutralité des timbres, une expression qui ne rendrait pas service à ce NAD, en raison de sa musicalité.

Qualité/prix : Cet amplificateur offre pléthore de possibilités de configuration, tout en étant très simple à exploiter, le constructeur ayant soigné l’ergonomie. Mais avant tout, sa puissance, sa musicalité, le caractère vivant de la restitution et son haut pouvoir d’analyse le rendent digne d’intérêt dans un grand nombre de cas de figure. Son prix s’avère raisonnable en regard de l’offre et de ses performances de haut niveau.

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Verdict
NAD a su repenser la technologie de ses amplificateurs en les rendant évolutifs, tant dans le domaine matériel que logiciel. De plus, le C 390 DD propose de très nombreuses possibilités, facilement accessibles, afin d’en tirer le meilleur, comme, par exemple, sa faculté d’adaptation à la pièce d’écoute. Remarquablement conçu, il met la technologie au service de la musicalité, pour un prix très compétitif en regard des performances allant au-delà de toute attente. Une réussite !

Fiche technique
Origine : Etats-Unis
Prix : 2 999 euros
avec carte DD USB-2 (valeur : 299 euros)
Carte optionnelle HDM-1 : 299 euros
Carte optionnelle AP-1 : 249 euros
Dimensions : 435 x 132 x 388 mm
Poids : 7,7 kg
Entrées numériques :
2 S/PDIF coaxiales, 2 S/PDIF optiques,
1 AES, 3 USB (2 type A, 1 type B)
Sorties numériques : 2 S/PDIF, dont une coaxiale et une optique
Sorties analogiques :
2 RCA ligne pour caissons de graves
Sorties de puissance : 4 paires embases universelles banane
Réponse en fréquence : 20 Hz à 96 kHz @ Fs = 192 kHz
Rapport signal sur bruit : > 124 dB
Taux de distorsion : < 0,005 % de 20 Hz à 20 kHz
Facteur d’amortissement : > 800
Puissance de sortie par canal : 150 W (8 ohms) de 20 Hz à 20 kHz