Bannie_re_provisoire

AMPLI CASQUE/DAC

AMI MUSIK DDH-1

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Après le DAC Musik DS5 testé dans le n° 199 de votre magazine, voici le Musik DDH-1, présenté en tout premier lieu comme amplificateur pour casques, bien que ses fonctions ne se limitent pas à cela. Suivez le guide…  

Le coffret en aluminium de l’AMI Musik DDH-1 n’a pas empêché le constructeur de l’équiper comme un appareil de dimensions plus classiques, tant ses possibilités sont nombreuses. La façade comporte deux sélecteurs à trois positions, le premier faisant office de commutateur général et offrant le choix entre l’entrée analogique sur jack 3,5 mm et les entrées numériques. C’est là le rôle du second sélecteur, puisque l’AMI propose pas moins de 3 entrées : deux S/PDIF, coaxiale et optique, ainsi qu’une USB. Toutes trois sont compatibles 192 kHz/24 bits. Quatre LED s’illuminent à l’unité ou par paire en fonction de la fréquence d’échantillonnage détectée. À leur droite, deux jacks à contacts dorés pour casques répondent aux deux standards les plus répandus : 6,35 mm et 3,5 mm. Un potentiomètre de volume dose le niveau de sortie, suffisamment élevé pour pouvoir se passer d’un préamplificateur. En effet, le DDH-1 dispose d’une sortie de ligne sur une paire de connecteurs RCA. Un petit commutateur en face arrière contourne, le cas échéant, le potentiomètre de volume, délivrant ainsi un niveau de sortie fixe. Comme cet appareil travaille principalement dans le domaine numérique, l’entrée analogique est convertie au format 96 kHz/24 bits par un ADC. Le signal analogique ainsi numérisé est disponible sur la sortie numérique optique, cette dernière délivrant aussi les signaux de l’entrée USB : une option bien utile si votre DAC habituel ne dispose pas de ce connecteur péri-informatique.  

Un équipement de qualité

Les entrées numériques sont prises en charge via un circuit XMOS pour l’USB, le S/PDIF employant un récepteur DIX9211 de Texas Instruments. Un DAC du même fondeur convertit le signal en analogique, il s’agit d’un PCM1795. La numérisation de l’entrée analogique est opérée par un Cirrus Logic AKM5386. Ces éléments disposent d’une synchronisation de haute précision rendue possible par trois horloges de référence. On notera également la qualité des amplificateurs opérationnels, en particulier une paire de National LM49860 en sortie de DAC et des Texas Instruments TPA6120 délivrant le courant nécessaire pour la sortie casque, donnée pour une puissance de 100 mW sous 32 ohms. Les tests d’écoute ont été effectués au moyen de casques et de la sortie ligne, en alternance.

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Fabrication et écoute

Construction : Le coffret en aluminium, fort bien conçu, contient toute l’électronique audionumérique, l’alimentation 12 V sous 2,5 A étant confiée à un module externe.

Composants : La haute intégration produit des petits miracles comme celui de loger dans un coffret aux dimensions réduites des éléments dignes d’appareils de taille classique. Les composants choisis figurent parmi les meilleurs du marché, tant pour leurs performances que pour leurs prix compétitifs…

Timbres : Le DDH-1 présente un bel équilibre des timbres. Le registre grave ne manque pas de présence et descend vraiment très bas, sans limite, contrairement à de nombreux produits abordables qui semblent limités dans la profondeur de ce registre. Le médium fait preuve d’une belle consistance, pas seulement sur les voix, mais sur les instruments centrés dans cette bande de fréquences. Cette densité bien articulée confère à l’AMI une musicalité de haute qualité. Le filé remarquable du registre aigu se perçoit sur des enregistrements numériques échantillonnés à 44,1 kHz. Lorsque l’on force le Musik DDH-1 à travailler en 192 kHz (à partir de l’entrée USB reliée à un ordinateur), l’aigu devient encore plus riche, réaliste et aéré, et surtout sans trace audible de jitter. Un mot : splendide !

Dynamique et attaque de note : L’AMI maîtrise parfaitement les contenus musicaux présentant de grands écarts instantanés de dynamique, retranscrits avec précision et sans dégradation sur les pointes de modulation, que l’on appelle aussi les attaques de notes. Le DAC embarqué fait preuve d’une vivacité de bon aloi, tout en respectant les petits détails harmoniques sur les passages à très faible niveau.

Scène sonore et transparence : Justement, cette propension à restituer les petits détails de faible amplitude renforce le comportement vif et précis de ce petit appareil, décidément très attachant. La scène sonore est suffisamment réaliste, et s’adapte d’un audiogramme à l’autre, comme dans les changements d’acoustiques de salle qui replacent les instrumentistes dans l’ambiance des enregistrements.

Qualité/prix : Si l’on tient compte des composants que contient l’AMI Musik DDH-1 et de la pertinence de leur mise en œuvre, savoir-faire s’illustrant à l’écoute, ce petit appareil gagne des points de rapport qualité/prix. Cerise sur le gâteau, le DDH-1 ne se contente pas de jouer avec brio le rôle d’amplificateur pour casques, et répond à plusieurs configurations intéressantes…  

Verdict

Amplificateur pour casques, le DDH-1 ? Oui, mais pas seulement : préamplificateur à sortie analogique et numérique optique, doté d’entrées numériques coaxiale, optique et USB, sans oublier une analogique et donc la fonction ADC associée, mais aussi DAC et, pour finir, convertisseur USB vers S/PDIF optique… Tout cela, agrémenté d’une belle musicalité ! Que demander de plus ?  

Fiche technique

Origine : Japon

Prix : 590 euros

Dimensions : 113 x 45 x 146 mm

Poids : 200 g

Entrées : 1 analogique (jack 3,5 mm), 1 USB, 2 S/DIF (1 coaxiale et 1 optique)

Sorties : 1 RCA, 2 jacks (6,35 mm et 3,5 mm) pour casque

Compatibilité : jusqu’à 192 kHz/24 bits sur toutes les entrées

Conversion ADC : 96 kHz/24 bits pour l’entrée analogique

Niveau de sortie ligne : 2,0 V RMS

Puissance de sortie casque : 2 x 100 mW sous 32 ohms

Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz (± 0,3 dB)

Rapport signal sur bruit : > 110 dB

Taux de distorsion : < 0,01 % de 20 Hz à 20 kHz