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DAC

ATOLL SDA200

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Atoll a présenté, au dernier salon de Munich, deux «super-intégrés», rassemblant lecteur réseau, DAC, préamplificateur et amplificateur en un même coffret. Voici le SDA200, l’aîné de la gamme, devant le SDA100…  

Lorsque l’on consulte la brochure du constructeur exposant les détails du SDA200, on jurerait voir la fusion d’un lecteur réseau ST200 avec un amplificateur intégré IN80SE, à quelques petites différences près, comme, par exemple le remplacement de la puce de conversion du DAC par un modèle plus récent…  

Multifonctions

Répondant à la demande de sa clientèle, Atoll, toujours à l’écoute, a donc intégré quatre appareils en un. Les sources numériques ayant évolué de manière spectaculaire, ces dernières années, il apparaissait donc logique d’adjoindre un lecteur réseau à un préamplificateur et amplificateur intégré. Le pont entre analogique et numérique s’appuie sur un module de conversion. Une sorte de quatre-en-un logé dans un coffret de dimensions harmonieuses, mais pesant 9 kg tout de même ! Ce SDA200 fusionne, en quelque sorte, un lecteur de réseau ST200 avec un amplificateur intégré IN80SE, mais sans verser outre mesure dans la simplification…  

De nombreuses entrées

Le constructeur normand a réduit le nombre d’entrées analogiques au niveau ligne à deux seulement. En revanche, celles fonctionnant dans le domaine numérique sont nettement plus nombreuses : hormis les traditionnelles S/PDIF au standard coaxial et optique (une de chaque), le SDA200 présente pas moins de trois entrées USB, dont une, de type B, reçoit les signaux audio issus d’un ordinateur. Les deux USB de type A se partagent entre la façade et le dos de l’appareil, à même de lire des fichiers audio à partir de clés de stockage ou de disques durs formatés PC. On accède à ces entrées via l’écran de façade. Une embase RJ45 offre la possibilité de connexion à un réseau LAN en filaire. Mais ce n’est pas tout, puisque le SDA200 reçoit aussi les signaux sur le mode sans fil via Bluetooth (dont on aperçoit le radôme de plastique noir au dos de l’appareil) et aussi en Wi-Fi, via une petite antenne qui se visse sur son embase coaxiale. Autre source et non des moindres : le tuner des radios présentes sur le réseau. La qualité sonore de ces webradios dépend de leurs traitements de signaux respectifs, certaines stations sonnant mieux que d’autres, quand elles ne versent pas dans la distorsion sur les crêtes. Ce constat mitigé à l’égard des radios d’Internet n’engage absolument pas le SDA200.  

Ergonomie très conviviale

Aux touches de la face avant s’ajoutent celles de la télécommande fournie. Cependant, le SDA200 peut aussi se piloter depuis une interface tactile encore plus pratique, tournant sous iOS, système d’exploitation des iPhone et des iPad, mais aussi sous Android, histoire de ne pas pénaliser les possesseurs de tablettes Samsung et autres. On peut donc lire de la musique via le SDA200 à partir de ces périphériques. Le raccordement à un réseau filaire ou sans fil (via Wi-Fi) s’opère sans difficulté, grâce à une notice claire et à la convivialité de l’écran, qui comporte un menu de configuration. Un néophyte, confronté pour la première fois à la diffusion de musique dématérialisée depuis un réseau domestique, saura facilement configurer le SDA200 en quelques minutes.  

Sous le couvercle

Une grande carte mère dont les contours épousent la forme du transformateur torique de 330 VA, dédié à l’amplificateur de puissance polarisé en classe AB, accueille la plupart des composants. L’alimentation des courants faibles (préamplificateur, lecteur réseau, DAC) est assurée par un transformateur moulé de 30 VA. Le découplage lissage de l’alimentation de puissance s’appuie sur une capacité de plus de 27 000 µF, répartis en quatre éléments. Le découplage total du SDA200 atteint pas loin de 45 000 µF. Les sections de régulation sont nombreuses, et contribuent au silence de fonctionnement et à l’isolation galvanique des différents sous-ensembles. On remarque la présence d’une carte de réception des signaux signée Atoll, équipée d’une puce de réception XMOS, compatible 192 kHz sous 24 bits. Sous la carte mère, un convertisseur Texas Instruments PCM5102 travaille jusqu’en 192 kHz sous 24 bits. Pour les écoutes, nous l’avons testé aux fréquences d’échantillonnage nominales, dans un premier temps, puis forcé à 192 kHz à partir d’un ordinateur Apple, cette opération ayant apporté une meilleure définition et une aération améliorée du message musical. Le découplage des sorties du DAC et celui des entrées analogiques s’appuient sur l’exploitation de condensateurs Mundorf au polypropylène de 4,7 µF chacun. Ils se trouvent sous le carter en aluminium qui les blinde (à proximité des étages de puissance), car le constructeur s’est aperçu qu’ils récupéraient des rayonnements électro­magnétiques, ce qui atténuait le rapport signal sur bruit du SDA200. L’électronique de ce super-intégré reflète la grande maîtrise d’Atoll en matière de conception, l’un des nombreux points forts de la marque.

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Fabrication et écoute

Construction : Comme d’ordinaire chez Atoll, un épais châssis abrite l’électronique. La façade, rationnelle et sobre, offre une lisibilité optimale des différentes commandes, ce que vient renforcer l’apport de l’écran. La disposition rationnelle des éléments à l’intérieur du coffret garantit à l’ensemble une excellente fiabilité. Les étages de puissance, bien que relativement puissants, sont montés sur des dissipateurs individuels largement dimensionnés. Le câblage interne est réduit au minimum, grâce à une disposition rationnelle des éléments.

Composants : Atoll choisit ses composants électroniques en fonction de leurs performances. La réception des signaux numériques venant de l’extérieur fait appel à un processeur XMOS, et le DAC sélectionné, attaqué en I2S, est un Texas Instruments PCM5102, compatible 192 kHz sous 24 bits. Tout concourt à la recherche de la qualité, tant dans la conception générale que dans les moindres détails. On notera le push-pull de puissance par canal, constitué de transistors MOSFET, les composants discrets en amont, et le blindage des condensateurs de liaison entre les entrées analogiques, les sorties du DAC et l’entrée des étages de puissance. Le câblage, réduit, emploie des liaisons isolées de téflon pour les sorties de puissance.

Grave : Le bas du spectre fait montre d’une belle fermeté et d’une précision exemplaire. Il soutient le message sonore en lui procurant une assise remarquable, tout en nuances et en articulation, comme sur les autres produits de la marque.

Médium : La pureté des timbres et le souci du détail caractérisent le registre médium, exempt de coloration, tout en naturel, ce qui traduit la présence de circuits audionumériques performants, car dépourvus de jitter qui aurait apporté son lot d’agressivité. Cette bande spectrale mérite largement la qualification d’analogique.

Aigu : Délicatement ciselé et fort bien défini, surtout lorsque l’on configure la lecture en 192 kHz à partir d’un ordinateur, le registre aigu impose son caractère naturel et une haute définition. L’aigu file très haut et prolonge les sons et notes au riche contenu harmonique, dans une démarche tout analogique.

Dynamique : Doté de circuits de gain fort bien conçus et d’une réserve de puissance confortable, le SDA200 s’avère vivant et aéré, ce qui le rend apte à restituer les passages complexes où les plans se superposent. L’Atoll ne se laisse jamais distancer, délivrant un message sonore particulièrement détaillé.

Attaque de note : Le constat éminemment positif des performances de ce «super-intégré» en matière de dynamique s’illustre aussi dans les attaques de notes. Le temps de montée très rapide de la section amplificateur de puissance (seulement 2 microsecondes) en est responsable, tout comme le module DAC de haute volée.

Scène sonore : L’ouverture de la scène sonore en trois vraies dimensions à la stabilité exemplaire, d’un audiogramme à l’autre, s’explique par la conception très aboutie du SDA200, comme nous avons pu le constater dans les tests d’écoute précédents. Le respect de la phase renforce cette appréciation très positive dans la restitution des différentes sources sonores qui voient leur contenu harmonique conserver une cohérence enviable. De plus, cette retranscription scrupuleuse du message musical s’accompagne d’un total respect des ambiances, notamment les acoustiques de salles.

Transparence : La pureté des timbres et leur contenu harmonique très réaliste s’associent à une absence totale de coloration et à une aération hors du commun, apanage des très bons appareils haute-fidélité. Le SDA s’applique à recréer les plages musicales telles qu’elles ont été enregistrées, avec toujours cette sensation d’aération qui lui confère une musicalité enviable.

Qualité/prix : La politique avantageuse d’Atoll ne se dément pas, en matière de prix, avec le SDA200, un appareil intégré ergonomique, fiable, performant et surtout musical. Cet appareil complet et très polyvalent répond à un très grand nombre de configurations exploitées avec brio.

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Verdict

Atoll se lance avec succès dans les super-intégrés avec ce SDA200, rassemblant dans le même coffret un lecteur réseau, un DAC 192 kHz/24 bits, un préamplificateur et un amplificateur de puissance, chaque section présentant des qualités optimales, sans compromis autre que leur intégration en un seul coffret. Ce type d’appareil se situe dans l’air du temps et constitue un excellent choix, tant pour la musicalité que pour l’ergonomie, sans oublier la compacité de cette sorte de nodal haute-fidélité qui est promis à un très bel avenir !  

Fiche technique

Origine : France

Prix : 2 800 euros

Dimensions : 440 x 90 x 255 mm

Poids : 9 kg

Entrées ligne stéréo : 2 asymétriques (RCA)

Sortie ligne stéréo fixe : 1 asymétrique (RCA)

Sorties de puissance : 2 paires d’embases banane 4 mm dorées

Entrées numériques : 2 S/PDIF (1 RCA, 1 Toslink), 3 USB (2 type A et une type B) 1 réseau filaire LAN sur RJ45. Réseaux sans fil : Wi-Fi et Bluetooth Fréquence d’échantillonnage : jusqu’à 192 kHz sous 24 bits

Réponse en fréquence audio analogique : 5 Hz à 100 kHz Distorsion : < 0,005 % à 1 kHz

Rapport signal sur bruit : > 100 dB Puissance de sortie : 2 x 80 W (8 ohms), 2 x 120 W (4 ohms)