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LUMÏN LECTEUR RESEAU/DAC T3

Thursday, May 14, 2026
LUMÏN LECTEUR RESEAU/DAC T3
Entre nos lignes, maintenant :  
LUMÏN LECTEUR RESEAU/DAC T3

Introduction

Maître de la résolution

Successeur du T2 (HF n° 238), au succès incontestable, le T3 symbolise le progrès perpétuel qui anime une marque comme Lumïn, à la pointe du numérique. Il conserve de solides bases comme sa conception symétrique double mono, mais hérite d’un nouveau traitement hardware et software, offrant des fonctions améliorées. Les qualités sonores s’élèvent aussi forcément d’un cran.

Développée pour le X1, la nouvelle architecture profite à tous les nouveaux Lumïn. Son processeur plus rapide permet une augmentation de la puissance de traitement et de la capacité de stockage, d’où une plus grande souplesse d’échantillonnage et une pérennité améliorée par sa capacité à évoluer. Le T3 Lumïn dispose du sur- et sous-échantillonnage de tous les formats pris en charge, jusqu’au DSD256 et PCM384 kHz, ce qui offre une grande variété de possibilités. La cosmétique évolue grâce au nouveau traitement de surface anodisé, moins sensible aux traces et aux rayures. D’un aspect soyeux, il recouvre le châssis massif très rigide et bien isolé, fraisé en CNC dans l’aluminium épais, dont le dessin familier évoque un objet futuriste.

VITESSE CYCLONIQUE

La façade galbée intègre dans sa fenêtre le traditionnel écran Oled bleu, aux inscriptions de taille assez réduite. La puissance majorée du CPU s’accompagne d’une structure double mono, totalement symétrique, où le traitement du signal est très sophistiqué. Ceci est possible grâce à la puissance de calcul phénoménale du processeur, accompagné d’une puce Altera Cyclone IV à FPGA et d’un récepteur USB XMOS actualisé. Le logiciel écrit par les ingénieurs de Pixel Magic Systems est constamment amélioré, ici dans sa version 2022. L’alimentation Swich Mode Power Supply blindée à haut rendement fournit séparément chaque étage, parfaitement filtré et régulé.

Le DAC double mono Sabre 32-bits ES9028PRO, identique à celui du P1, intègre son volume numérique, où la nouveauté est l’adoption du Leedh Processing français, qui permet de relier le T3 directement à un amplificateur de puissance. Cet algorithme numérique innovant ajuste le volume en éliminant les erreurs d’arrondi, modulant exactement l’amplitude du signal numérique sans en modifier la forme, et sans perte d’information. Les buffers de sortie analogique dual-mono symétriques sont inspirés de ceux du X1, comprenant des condensateurs de sortie de grade audio, comme les Wima MKP, Panasonic SMD ou Nichicon Muse, et des circuits à ultra-faible bruit pour un respect total de la dynamique.

VERSATILITE MAXIMALE

La compatibilité est totale, seul manque un récepteur Bluetooth, considéré par la marque comme malvenu sur une machine haute résolution. Mais le T3 décode tous les fichiers natifs DSD512 (22,6 MHz/1 bit) et PCM384kHz (16/32 bits), avec bien sûr le sur- et sous-échantillonnage cher à Lumïn, vers tous les formats pris en charge : PCM et DSD jusqu’à 256. Le T3 est un support natif pour Tidal Connect, Qobuz, Spotify Connect, TuneIn Radio et Airplay. « Connect » signifie que le fournisseur contrôle tous les aspects de la lecture et de la sélection musicale, tandis que le Lumïn diffuse la musique directement depuis les serveurs, dans la meilleure qualité possible. Compatible UPnP AV, MQA et Roon Ready, avec une fonction multiroom, le T3 opère la lecture sans interruption et conserve les listes de lecture sur l’appareil.

La brillante application Lumïn gère tout ceci à merveille, si possible sur une tablette pour un confort de lecture accru. Le choix du volume se trouve dans l’icône « roue dentée » : numérique intégré à la puce, Leedh Processing, ou sans volume. L’appli sait aussi gérer votre bibliothèque musicale, comme le numérotage et titrage des listes de lecture, le regroupement des albums multicritères, la recherche avancée ou les différents modes de présentation. La connectivité du T3 est moins riche que le modèle supérieur P1, mais s’avère suffisante, si ce n’est qu’il manque une entrée numérique, pour y adjoindre un transport CD par exemple. En revanche, il dispose d’une sortie numérique S/PDIF sur BNC, et d’une sortie USB haute résolution pour le relier à un autre DAC, cette prise servant aussi à connecter un disque dur ou une clé USB. En sortie analogique, les prises RCA sont doublées de XLR symétriques, à favoriser pour exploiter le circuit de même nature. Pour nos écoutes, nous avons préféré utiliser avantageusement notre préamplificateur, sans le volume numérique, un choix à faire selon la configuration.

Fabrication et écoute

Timbres :

Sur un passage comme l’Inverno des Quatre Saisons de Vivaldi, interprété par Fabio Biondi (Naive), on mesure la haute qualité de restitution atteinte ici par le numérique. La délicatesse des timbres est bien là, la nature caractéristique des instruments anciens est fidèlement transcrite, sans une once de vulgarité ou de simplification. La réverbération naturelle de la prise de son se dévoile aisément, pour nous transporter de satisfaction devant tant de beauté. Même chose sur le splendide piano de Aidan Mikdad, dans The Scriabin Ravel Connection (Linn, 24-96K), d’une justesse harmonique magnifique, étalant un volume grandeur nature et une plénitude enthousiasmants. Mais non content de respecter au mieux la profusion harmonique de la musique, le T3 sait aussi nous émouvoir. La présence et l’interprétation inimitables de Léo Ferré lors de son récital à Bobino, en 1969, sur le poignant « Pépée », se dévoilent sans barrière. La magie opère, simplement là, l’émotion transcendant les époques et la technologie.

Dynamique :

La batterie d’Elvin Jones, album Live at Pookie’s Pub (MQA Blue Note), est on ne peut plus fidèle à ce grandiose interprète, dont la sonorité riche, l’énergie et l’inspiration émergent sans peine. L’instrument possède aussi beaucoup de volume et de vibration, il est comme vivant sur scène, animé par le maître, et restitué intégralement par le Lumïn. Cette immédiateté du live est aussi très sensible sur la prestation de Lauryn Hill à MTV, pour son très bel « Unplugged », d’une présence physique et d’une expressivité extrême, où toutes les petites inflexions ne sont pas estompées, pour un réalisme vraiment crédible. C’est le cas aussi sur le superbe morceau « Rue Blondin » de Lionel Suarez, accompagné à l’accordéon. La chaleur humaine, la sensibilité et l’émotion ne sont pas escamotées par la reproduction numérique, bien au contraire : celle-ci se fait oublier pour mieux englober tous les styles musicaux.

Scène sonore :

En passant sur de la musique symphonique beaucoup plus complexe à reproduire, comme la Symphonie n° 5 de Prokofiev, par le Berliner Philharmoniker dirigé par Herbert von Karajan (24-96K), l’orchestre est bien à sa place, les pupitres se distinguent parfaitement dans la profusion sonore, sans intermodulation ; la ligne de contrebasses est très lisible, où l’on ressent bien la tension musicale et l’intensité expressive de cette œuvre. Dans un tout autre genre, la réédition en DSD de Bill Evans At Shelly’s Manne-Hole, datant de 1963, est surprenante de transparence et de profondeur, en même temps qu’elle conserve sa couleur propre liée à la prise de son d’époque. Le toucher et le feeling de l’immense artiste ne sont pas trahis, le pianiste révélant ici tout son talent. La technologie a du bon, au service des meilleurs enregistrements, et le T3 s’avère aussi un magnifique lecteur de fichiers, stockés sur disque dur externe, en plus de ses hautes facultés en streaming.

Rapport qualité/prix :

Dans la gamme Lumïn, le T3 se rapproche sensiblement du P1, utilisant la même puce dual-mono Sabre 32 bits, dans une architecture symétrique, mais placé lui au double du prix. Le T3 ne possède pas son abondance en matière de connexion, car il lui manque notamment une entrée numérique, mais il en partage l’excellence de la restitution musicale. Sur ce point, il ne craint personne, et se pose comme un des meilleurs streamers/DAC actuels. La possibilité de se passer de préampli procure une économie certaine.

Verdict

La conception, la réalisation et l’utilisation du T3 sont à la pointe des possibilités actuelles, qu’elles soient matérielles et logicielles. Mais à la lecture des meilleurs fichiers, on retient surtout le plaisir musical éprouvé, qu’on ne pensait peut-être pas possible, il y a quelque temps encore, venant du numérique. Que ce soit la dynamique (micro et macro), les nuances fines, la richesse des textures, l’étendue spectrale ou la stabilité de l’image sonore, le T3 répond impérieusement présent. La haute résolution numérique trouve là un appareil à sa hauteur, signé Lumïn, pour en révéler toute la magnificence.

Timbre

8

Dynamique

8

Scène sonore

8

Qualité / prix

7

Plaisir musical

Facilité d'utilisation

Qualité de fabrication

Fiche technique

Prix :
5900
euros
Origine :
Hong-Kong

Finition : anodisé noir ou argent
Garantie : 2 ans
Dimensions (L x H x P) : 350 x 60.5 x 350 mm
Poids : 6 kg
Nouveau processeur : oui
Circuits : symétriques
Échantillonnage et résolution : PCM 384 kHz 16-32 bits, DSD 512
DAC : Sabre32 ES9028PRO dual-mono
Fichiers natifs : DSD512 (22,6 MHz) & PCM384kHz (16-32 bits)
Suréchantillonnage : jusqu’au DSD256
Support natif : Tidal Connect, Qobuz, Spotify Connect, TuneIn, AirPlay, MQA, Roon Ready
Volume : Leedh Processing
Entrées numériques : RJ45, disque USB
Sorties numériques : USB, BNC
Sorties analogiques : XLR & RCA
Alimentation : SMPS blindée

Haute Fidélité N°261
Cette article à été publié dans :
Haute Fidélité N°261
FEVRIER / MARS 2023
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