

Atoll fut l’un des premiers constructeurs à croire aux appareils tout-en-un, en lançant les SDA100 puis SDA200 en 2014. Le SDA300 Signature en est le nouveau fer de lance, dont le succès ne s’est pas fait attendre, et pour cause. Non content de gérer de façon exhaustive les sources numériques, son amplification Mosfet puissante sait se montrer musicalement à la hauteur.
Streamer, DAC et amplificateur intégré, il est aussi doté d’un préamplificateur analogique débrayable et d’étages polarisés en classe A, comme tous les modèles Signature. Équipé en outre de deux entrées analogiques et d’une sortie pre-out, le SDA300 présente une carte de visite bien remplie. Sur le plan numérique, c’est Byzance : réception Bluetooth et WiFi, 4 entrées et 2 sorties numériques, une entrée réseau RJ45, et deux USB-A pour disque externe. Vous pouvez configurer un lecteur NAS dédié, gérer une bibliothèque musicale sur ordinateur à la maison, ou écouter les radios Internet. Il se pliera à toutes les utilisations, commandé de son excellente application, ou directement des diffuseurs avec sa fonction Connect, pour Spotify, Tidal et bientôt Qobuz, en plus de Deezer, HighRes Audio, sans oublier Roon, bien sûr.
Sous sa face avant sobre en aluminium brossé de 8 mm, le SDA300 est en fait la réunion dans un même boîtier du ST300 et de l’IN300 Atoll. Son apparence est très proche du SDA200, mais il est plus trapu. L’écran TFT LED 5 pouces agrémente l’esthétique, affichant les visuels des morceaux, le détail du titre pendant la lecture, les tags, la résolution et les informations fonctionnelles des menus à la demande.
La lecture des fichiers audio en haute définition présents sur le réseau (compatible DLNA et UPnP) se fait sans coupure entre les morceaux, en connexion Ethernet ou WiFi. Le SD300 se pilote soit par sa télécommande, soit par sa façade avec la molette de gauche et la touche de retour adjacente, soit par l’application Atoll Signature gratuite pour tablette Apple ou Android. Il est aussi compatible avec Audirvana, pour ceux qui restent fidèles à leur PC/Mac, disposant du protocole RTSP.
Les fichiers lus peuvent être du MQA, DSF, LPCM, FLAC, ALAC, AIFF, WMA, OGG, WAV, AAC ou MP3, dans les résolutions PCM jusqu’à 24 bits/192 kHz et DSD64 & 128. Le SDA300 adopte l’excellent DAC Burr-Brown 1792 d’une dynamique de 129 dB, fréquemment mis en œuvre par Atoll.
L’appareil ne dispose pas de disque dur interne, source de bruit par l’alimentation, mais accepte les disques USB sur sa façade et à l’arrière. Par ailleurs, il intègre le système Airable en haute définition qui permet d’accéder à plus de 100000 stations radio à travers le monde, plus les podcasts, avec la possibilité d’ajouter des radios dans un menu « favoris ».
Parmi les nombreuses possibilités, la mise à jour peut être faite directement par le réseau, le volume numérique de sortie est variable ou fixe, et ses 6 entrées, dont 2 analogiques, peuvent être renommées depuis l’application.

Pour assurer la précieuse musicalité de ses produits, Atoll est adepte des circuits sans contre-réaction, en pure classe A pour les étages d’entrée et buffers de sorties, en utilisant des composants discrets sans AOP.
Le volume est analogique, par résistances commutées, mais à gestion numérique, pouvant être by-passé. En by-pass activé par la télécommande, la fonction volume est inopérante sur l’entrée choisie, dans le cas d’une connexion à un système home-cinéma, par exemple.
Les condensateurs de liaison MKP sont de qualité audio, d’origine ClarityCap, blindés dans un boîtier. L’étage de puissance fait appel à un triple push-pull de Mosfet en classe AB, fortement polarisé en classe A jusqu’à environ 50 W, délivrant la puissance confortable de 150 W sous 8 ohms, et 280 W sous 4 ohms.
La qualité du SDA300 passe aussi par celle de son alimentation dual-mono, embarquant deux transformateurs toriques de 440 VA, dont le câble d’alimentation est blindé. Des lignes spécifiques séparées sont dédiées aux étages audio analogique et numérique.
Les 8 condensateurs de filtrage de 6800 µF à faible ESR sont fabriqués sur cahier des charges par Nippon Chemi-Con, le total capacitif étant de 65800 µF. La possibilité d’une bi-amplification grâce à une sortie pour la liaison à un autre amplificateur est appréciable.
Le SDA300 possède un panel rare et étendu de compétences musicales, propre à satisfaire les amateurs les plus exigeants. D’abord la qualité de ses timbres est incontestable, les efforts en matière de philosophie propre à Atoll, favorisant la classe A et les meilleurs composants discrets, portent leurs fruits.
Cela se traduit par beaucoup de variété, de richesse harmonique, et une sensation de liberté générale où la musique s’exprime sans contrainte ni aucun déséquilibre dans la bande passante. Celle-ci est très vaste en commençant par un grave de haute qualité, puissant, efficace, détouré, évitant tout côté maigrelet de la restitution, mais sans opacité.
Le médium-aigu se distingue par son talent à dépeindre les nuances sonores les plus ténues, toujours accompagné d’une belle expressivité musicale, et d’un respect des tessitures qui fait que l’on y croit, sans se poser de question.
Les voix sont très crédibles, comme celle de Jill Barber, sur le titre « Mercy », un régal ici. Il est à constater que sur tous les genres musicaux, l’Atoll séduit par sa polyvalence, son aisance musicale souveraine et la cohérence magistrale de toutes ses parties.
Sans débordement inutile, l’Atoll exprime sa puissance généreuse, et impose sa loi aux enceintes acoustiques, en tenant rigoureusement les boomers.
Pour s’en convaincre, il suffit de passer le Copland, Fanfare for the Common Man, par le Minnesota Orchestra (Reference Recording), et encaisser le choc de l’extrême grave, de l’explosion dynamique et de la netteté des attaques. D’autres se seraient écroulés sous de tels coups de boutoir, mais pas l’Atoll.
Dans un registre plus tranquille, comme Pat Metheny interprétant un morceau de Simon & Garfunkel, « The Sound of Silence », on est transporté par l’aération des nuances, la qualité de l’aigu très nuancé et foisonnant, jamais simplifié ni acide, mais au contraire informatif et pur, où les plus petites attaques du guitariste montrent l’expressivité ténue de l’artiste.
Dans un registre plus remuant, le batteur Ted Poor sur le beau morceau « To Rome » est assez impressionnant de réalisme, les frappes cognent avec vigueur et énergie, la matière des toms est très bien rendue, pour un volume général imposant, en vraie grandeur.

L’ampleur du piano de Brad Meldhau, dans son hommage aux Beatles, est vraiment appréciable, sans aspect étriqué, au contraire étalant la dimension de l’instrument dans sa noblesse.
La main gauche n’est pas émoussée, et toute la gamme harmonique est respectée, pour mieux servir l’éloquence artistique et la présence du maître. Sur les masses orchestrales généreuses et opulentes, le SDA300 se montre impérial, comme sur la Symphonie Inachevée n° 8 de Schubert, par Jordi Savall (AliaVox).
L’image est vraiment somptueuse, crédible, où le legato s’exprime ici avec aisance, sans aspect électronique ou numérique venant entacher l’impression de véracité ressentie.
L’Atoll nous invite dans le discours musical en toute franchise, le plus naturellement du monde, pour apprécier cette œuvre dirigée de main de maître, à l’enregistrement flamboyant.
Le SD300 est dans son élément, mais l’est aussi dans un registre opposé sur le « Within » de Daft Punk, on ne peut plus spectaculaire : tous les goûts sont dans la nature.
Difficile à l’heure actuelle de trouver un tout-en-un aussi exhaustif et doué musicalement, en restant quand même abordable, qui plus est dans un format très logeable.
Sa partie streaming est irréprochable et exhaustive, permettant à chacun d’utiliser le SDA300 selon ses préférences, secondée par un excellent DAC. Comme l’amplification est de haut niveau, pourquoi se compliquer la vie ?
Une bonne paire d’enceintes, un bon câble HP et secteur, c’est tout ce qu’il faut pour un système haut de gamme à même de satisfaire les 3/4 des mélomanes.
Parfaitement bien conçu et pensé, le SDA300 sait se faire admirer par sa docilité et son amplification souveraine, mariant une utilisation des plus faciles et un étage de puissance convainquant et très séduisant.
Sa présence physique s’oublie presque, pour laisser exprimer la richesse des sources numériques en haute résolution, ou toute autre source analogique.
La puissance confortable contrôle tout type d’enceintes, toujours d’une façon déliée, avenante, d’une qualité supérieure sur tous les genres musicaux.
Sans aucun doute un futur best-seller signé Atoll.
Timbre
8
Dynamique
8
Scène sonore
8
Qualité / prix
8
Plaisir musical
Facilité d'utilisation
Qualité de fabrication
Finition : argent ou noir
Garantie : 2 ans
Dimensions (L x H x P) : 440 x 103 x 365 mm
Poids : 19 kg
Entrées analogiques : 2
Entrées numériques : 4
WiFi : BT, Ethernet, USB-A x 2
Roon Ready : oui
Sorties numériques : 2
Sortie casque : 6,35 mm
Puissance : 2 x 150 W (8 ohms)
Bande passante : 5 Hz - 150 kHz
Rapport S/B : 129 dB
Distorsion : 0,05 %

