Directeur Général Délégué de Qobuz, Georges FORNAY nous expose les atouts de sa plateforme unique de streaming et téléchargement de fichiers Hi-Res 24 bits. Qobuz, c’est plus de 100 millions de titres (pour seulement moins de 20% du catalogue streamé), 500 000 clients et une présence dans 26 pays.
HF. Quel est votre parcours ?
Q. Après un 3e cycle à Paris-Dauphine en finance, j’ai fait une carrière multiple dans le nucléaire et l’équipement médico-chirurgical. Je suis arrivé chez Commodore en 1984, qui sortait sa fameuse Console 64, puis en 1995 je vais chez Sony pour promouvoir la PlayStation, lancée en 1994, et devenir PDG de Sony France.
HF. L’histoire de Qobuz n’est pas un long fleuve tranquille ?
Qobuz fut fondée en 2007 par Yves Riesel et Alexandre Leforestier, dirigeants d’Abeille Musique. Mais ils ont vite été confrontés à un manque de moyens, sans réussir à lever les fonds nécessaires, plus les difficultés techniques. Qobuz est repris en 2015 au tribunal par la plateforme de la culture et du divertissement digital Xandrie, dirigée par Denis Thebaud. Le site s’est alors focalisé sur une remise à niveau technique, mais a un peu raté le démarrage du streaming, délaissant aussi le marketing.

HF. Quel a été votre rôle à votre arrivée en 2019 ?
Q. J’ai d’abord assisté Denis en l’aidant à lever des fonds, grâce à un partenariat avec une entreprise multimédia canadienne. En 2020, Qobuz s’associe avec Québecor pour créer QUB musique, une plateforme de streaming. Cette année-là, les deux actionnaires lèveront 10 millions d’euros. J’ai ensuite exporté la plateforme aux États-Unis, ce qui a bien aidé sa croissance, puis dans les pays nordiques, en Australie, en Nouvelle-Zélande. En 2021, la société mère acquiert e-onkyo music, site de vente japonais en téléchargement haute résolution.
HF. Quand Qobuz compte-t-il gagner de l’argent ?
Q. Mon objectif est d’arriver à l’équilibre financier en 2025, et cela semble réaliste, alors que l’on existe depuis 17 ans ! Mais aucune plateforme de streaming ne gagne de l’argent, ce sont les labels et les artistes connus qui y gagnent le plus.
HF. Comment sont rémunérés les artistes ?
Q. Il faut savoir que les contrats se font avec les maisons de disques (Universal Music, Sony, Warner, etc.). Il n’y a pas de relation directe, ce sont elles qui gèrent les revenus de leurs artistes. En streaming, c’est le modèle de répartition au stream selon la part de marché des labels. C’est un système très critiqué, car un morceau classique est plus long, et génère moins de streams qu’un morceau de rap, qui lui passe en boucle souvent 10-15 fois, faussant le système. En revanche, le téléchargement va directement dans la caisse du label qui gère l’artiste par contrat (plus ou moins favorable).

HF. Avec Qobuz, l’artiste est mieux rémunéré ?
Q. Oui, chez Qobuz, le revenu moyen par abonné est 3 fois supérieur à celui de Spotify ou Deezer, donc l’artiste est mieux rémunéré. On diffuse des genres comme le classique et le jazz qui sont presque ignorés par les autres.
HF. Votre cible reste le haut de gamme ?
Q. Nous avons le plus gros catalogue Hi-Res en classique, car Qobuz est centré sur la qualité : pas de MP3 et qualité CD (lossless) minimale. Notre stratégie de différentiation forte est axée sur une approche globale de la musique pour faire découvrir des artistes méconnus. On se bat pour apporter du contenu, comme proposer les booklets, et des infos sur l’artiste. Chez nous, les playlists sont faites surtout par des humains, spécialistes des genres concernés.
HF. Des exemples de cette approche globale ?
Q.
- Un travail de qualité sur le contenu, car nous sommes un fournisseur mais aussi un média avec 20 rédacteurs pour les articles, proposant une expérience complète.
- Qobuz Society : c’est une présence Qobuz dans les magasins de hi-fi, avec des offres d’abonnements gratuits, de la PLV, etc.
- Le Magazine : très lu, sur l’actualité artistique et musicale, qui contient aussi des essais audio.
- Qobuz Club : c’est une plateforme qui vise le cœur de cible des passionnés, un forum pour échanger, des sessions en live, un Pass VIP, etc.
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HF. Quel est votre équipement ?
Q. Je ne suis pas un grand spécialiste : j’ai un système B&O, un casque Focal Celestee et j’écoute pas mal de vinyles. Mes jeunes neveux s’y intéressent beaucoup, mais moi je ne supporte pas le MP3 !
HF. Quels sont vos goûts musicaux ?
Q. Ils vont du classique au rock : Doors, Zappa, Mink DeVille, et aux artistes français récents ou anciens comme Étienne Daho, Starshooter, Reggiani, et les belles voix : Nicole Croisille, Nicoletta, et bien d’autres.











