

Vincent Brient nous a confié son nouveau convertisseur Totaldac d1-unity, et quelle ne fut pas notre surprise devant le travail accompli! Cette génération n’est pas un petit upgrade ou une simple mise à jour, mais transporte musicalement vers des horizons sonores insoupçonnés, au plus près du concert original. Extérieurement, rien ne change, c’est bien un Totaldac, en noir ou silver. Le nouveau DAC d1-unity réunit en effet quasiment la quadrature du cercle sur les critères musicaux. Cette nouvelle version procure un plus faible jitter, une meilleure distribution d’horloge, et un plus faible bruit dans la section numérique. En outre, le réseau de résistance R2R est alimenté par une alimentation à plus basse impédance, suivi par un tout nouvel étage de sortie, symétrique et asymétrique. Fidèle à la politique de pérennité des produits Totaldac, l’architecture Unity permet toujours l’upgrade depuis les anciens DAC de la série d1-x.

La génération Unity du d1 se caractérise par environ 150 composants, ajoutés ou upgradés sur les cartes électroniques. La conversion se fait toujours selon le principe R2R à échelle de résistances, en utilisant les fameuses Vishay VAR Bulk Foil naked, au nombre de 100, d’une tolérance de 0,01% ! Elles éliminent drastiquement le bruit, car l’élément résistif est «à nu», sans corps extérieur, juste soudé sur les deux pattes et protégé par un isolant, réduisant la distorsion du signal induite par la capacitance/inductance de l’encapsulage. Mais le prix est plus de dix fois plus cher qu’une R standard! Les Totaldac utilisent un FPGA puissant, programmé dans une configuration NOS (Non-Oversampling), et disposent d’un filtre FIR en sortie, débrayable, seulement pour égaliser les fréquences extrême-aigu. La nouveauté vient de la refonte complète de l’étage de sortie, qui fait appel uniquement à des composants discrets en pure classe A. Il délivre un signal de 3,5 V en asymétrique, et 7 V en symétrique, sous basse impédance, ce qui permet de relier le d1-unity à la majorité des préamplis et intégrés, mais aussi directement à un amplificateur de puissance, car le Totaldac contrôle le volume sur toutes ses entrées. Le DAC gère les sources numériques activables depuis la télécommande : USB asynchrone Xmos, RCA et AES-EBU jusqu’à 192 kHz, optique jusqu’à 96 kHz. L’horloge propriétaire intégrée avec mémoire tampon anti-jitter a été optimisée. Une carte streamer interne est disponible en option pour la fonction lecteur réseau compatible Roon, ainsi que le choix optionnel du DSD (format DoP) sur toutes les entrées.
Le d1-unity de base possède un réseau de résistances R2R par canal, alors que le modèle Triunity en utilise trois, comme son nom l’indique, dans un boîtier unique, lui aussi renforcé d’une plaque de cuivre anti-vibratoire. La multiplication des résistances apporte un bruit encore plus faible et une finesse de résolution supérieure, pour une perception plus naturelle des instruments. Quand au modèle haut de gamme Sublime, son convertisseur contient 12 réseaux (6 par canal), comme le d1-twelve, qui est un nombre Sublime : un entier naturel dont le nombre et la somme des diviseurs sont tous deux des nombres parfaits. Il est constitué de 4 boîtiers : 2 DAC monoblocs, 1 reclocker d1-digital-sublime, 1 alimentation Live-power en grand boîtier à 3 sorties, plus un câble d’horloge BNC custom.

Pour la mise au point musicale, Vincent Brient s’est basé sur des prises de son faites dans le nouvel auditorium Totaldac, en numérique, ou grâce à un enregistreur Studer, reportées en numérique et écoutées sur le d1-unity, comparé à la copie de bande lue sur un magnétophone Analog Audio Design : on peut dire que tous ces efforts s’entendent. La personnalité du modèle Unity se dévoile vite attachante, car en plus de la haute résolution et des capacités dynamiques dont la série d1 peut s’enorgueillir, s’y ajoute une matière sonore beaucoup plus riche, à la palette de timbre infiniment étendue. Cela imprime plus de véracité aux tessitures des instruments, alors que les voix se montrent magnifiquement charnelles, incarnées. La ligne mélodique s’exprime en souplesse, et l’écoute s’avère extrêmement agréable, sans perdre l’attention à tous les petits détails importants, mais où la cohésion générale est toujours préservée, ainsi que le plaisir musical. Les instruments acoustiques resplendissent, comme le violon d’Henryk Szeryng jouant la Partita de Bach sur l’album The Unrealised Berlin (The Lost Recordings). C’est un noble instrument qui s’exprime, dans toute son étendue harmonique. Également, comment ne pas craquer à l’écoute du Getz-Gilberto, datant de 1963; les voix suaves de João et Astrud Gilberto sont un véritable velours pour les oreilles, sans parler de la puissance expressive du saxophone de Getz, dont on capte aisément toutes les couleurs de son jeu, et dont l’enregistrement analogique est paradoxalement mis en valeur par cet excellent DAC.
Sur de bons enregistrements en haute résolution, le d1-unity hisse alors son niveau de jeu, notamment par son ampleur souveraine dans le placement de l’image sonore, qui prend plus de corps et de densité qu’auparavant, tout en conservant un focus précis sur les instruments. Ce n’est pas sans rappeler les sensations ressenties à l’écoute de bandes master, qui ont cet aplomb et cette autorité dans l’expression dynamique, beaucoup plus live. Même si les timbres se parent d’une joliesse qui leur est propre, jamais l’écoute n’est caricaturale ou colorée. Le d1-unity préserve sa générosité expressive, légèrement chaleureuse, pour le plus grand bien de la musique.
L’audiophile et mélomane qui cherche un DAC hautement musical, aux timbres chatoyants et raffinés, grâce à un côté très analogique, au plus proche d’une écoute concert, fera bien de s’intéresser au d1-unity, qui se hisse parmi l’élite en la matière. Sans renoncer aux précédentes qualités de la marque, le Totaldac Unity franchit incontestablement un palier dans sa recherche de perfection en matière de conversion, son cheval de bataille, qui nous a marqués, et séduits.
Timbre
Dynamique
Scène sonore
Qualité / prix
Plaisir musical
Facilité d'utilisation
Qualité de fabrication
d1-unity : 12500 euros
d1-triunity : 24000 euros
d1-sublime : 50000 euros
Option : DSD pour d1 : 350 euros
Carte : streamer Roon : 1350 euros
Dimensions : (L x H x P) : 360 x 110 x 290 mm
Alimentation : (L x H x P) : 122 x 65 x 180 mm
Volume : par télécommande
Écran : OLED
Poids : 7 kg
Niveau : de sortie : 3,5 V et 7 V (XLR)
Entrées : USB, RCA, AES-EBU, optique
Sorties : stéréo RCA, XLR symétrique

