

Absolue nouveauté, l’Elicit MK5 prend place dans un boîtier qui correspond aux normes esthétiques de la gamme Rega actuelle. On bénéficie par ailleurs d’un DAC de la dernière génération, pour une connectivité numérique optimisée, sans oublier l’étage phono MM.
Ce dernier venu profite du meilleur de ses ascendants, puisque sa conception hérite directement de l’amplificateur, réalisé sans aucun compromis, avec le même préamplificateur, basé sur un circuit FET discret, sans oublier le fameux potentiomètre de volume ALPS.
Ce dernier améliore sensiblement les performances sonores. Une attention particulière s’est portée sur la sélection des composants, avec des relais de haute qualité, des condensateurs en polypropylène de très haut niveau également, sans oublier les transistors de sortie Sanken.
Le châssis est en aluminium.

La section numérique est particulièrement soignée, avec des entrées isolées galvaniquement, afin d’éviter les interférences nuisibles.
S’ajoute l’usage d’un circuit intégré Wolfson S/PDIF, à la faveur d’un signal très détaillé, d’une clarté exceptionnelle. Notons que la sortie ligne discrète du DAC Wolfson est conçue entièrement par Rega.
La marque anglaise, comme à l’accoutumée, tente d’extraire de l’univers numérique la plus grande musicalité possible, ce qui semble possible, on le verra plus loin.
On notera la taille imposante du transformateur torique capable de fournir 162 W sous 4 ohms.
Très étendue, la connectique offre à peu près toutes les possibilités, de la platine vinyle avec cellule MM à l’entrée stéréo Direct In qui transformera l’Elicit MK5 en ampli de puissance, ou encore la sortie pre-out.
Les borniers accueillent facilement les câbles de forte section, avec fiches bananes ou fourches.
Sortie casque très soignée.

Nous avons utilisé le convertisseur intégré, sans nul doute d’excellente facture.
On est impressionné par la limpidité de la restitution, claire et aérée, très « objective » d’une certaine façon mais qui ne fait jamais l’impasse sur cette sempiternelle musicalité dont la marque anglaise garde le secret.
La « musicalité » est un terme qui peut sembler vague, flou : il n’en est rien. En réalité, cette notion appartient au domaine étendu de la dynamique, qui joue sur les subtils rouages du phrasé, qui consiste à respecter la ponctuation musicale, les rythmes, les nuances et, au fond, à donner vie à l’interprétation.
Cela est donc relatif à l’art de l’interprète et à la façon de donner du sens au discours de l’œuvre telle que cela peut être perçu au concert, mais aussi sur un bon système d’écoute.
Les disques portent en eux cette dimension singulière, méritante, mais les amplis, les enceintes, les sources ou même les câbles ne sont pas toujours en mesure de reproduire cet élément vital, essentiel, qui contribue à rendre l’écoute captivante, émouvante parfois.
Car, de toute évidence, la simple « hi-fi », souvent un peu glacée, ne parvient guère à atteindre cette dimension.
Pourtant, notre Rega, avec un talent surprenant, parvient contre toute attente à conjuguer cette musicalité innée à un sens purement sonore tout à fait remarquable.
Car le convertisseur et l’ampli proprement dit font montre d’une résolution, d’une définition hors norme.
Cela à la faveur d’une très grande proximité avec la musique. Cette transparence très poussée nous gratifie de fort belles micro-informations qui nous permettent de tout entendre, mais jamais de façon chirurgicale, sinon artificielle.
Étonnant.
Elle est à l’évidence de premier ordre, comme nous l’avons mentionné plus haut.
On perçoit en effet la musique comme un corps vivant, palpitant, d’une incroyable richesse expressive.
Le discours musical se déroule ainsi avec une force de conviction qui s’accompagne d’une tonicité tout à fait exceptionnelle.
Cette réactivité concerne d’ailleurs l’ensemble du spectre empreint, dès lors, d’un système nerveux tout à fait tangible, dans le grave notamment, très réactif car dépourvu de tout embonpoint, toujours en rapport avec le jeu instrumental véritable ; dans le médium aussi très ouvert, très présent et qui apporte cette étrange contiguïté avec la musique.
Au fond, quel que soit le genre musical, notre cher Rega parvient à redonner vie aux enregistrements.
Le plus beau des compliments.

À l’évidence, ce nouveau modèle dénote certains progrès tout à fait audibles, si l’on devait se prêter au jeu des comparaisons avec les électroniques plus anciennes du même cru.
Car si Rega a toujours privilégié le sens musical, cela avec un absolu naturel, la recherche d’une image stéréo en trois dimensions ne semblait pas hier à l’ordre du jour.
Or cette fois-ci, l’écoute oblige à reconsidérer l’affaire : la scène sonore se déploie avec un faste rare, assorti d’une localisation instrumentale que l’on peut qualifier d’holographique.
Un fait nouveau pour un Rega qui concilie admirablement une certaine perfection sonore objective à ces fameux critères plus subtils qui se réfèrent volontiers à l’âme de la musique.
Cette scène stéréo, fort plaisante, est redevable en partie à la qualité supérieure du convertisseur, en mesure de fournir une image sonore en très haute définition.
Il est, comme il se doit, sans objet, tant l’Elicit MK5 nous a séduits par ses immenses qualités.
Il siégera au cœur d’un système qui pourrait être ambitieux, au service d’excellentes enceintes, sa puissance de 100 W par canal sous 8 ohms autorisant une grande aisance dans le choix à opérer.
Platine vinyle fort bienvenue, une Rega, par exemple, grâce à l’entrée MM de haute qualité, parfaitement en adéquation avec les cellules de la marque.
Coup de foudre, bien entendu, avec cette merveille somme toute très accessible, comme quoi le meilleur n’est pas toujours inaccessible.
Car l’Elicit MK5 conjugue la dimension purement sonore à l’esprit de la musique avec un talent exceptionnel.
C’est la qualité première de cet étonnant modèle, non pas seulement « hi-fi » avec pour corollaire une certaine absence d’âme, de vie, ni seulement « musical » avec parfois des partis-pris qui tendent à privilégier la zone médium, au mépris d’une bande passante plus étendue, plus objective, réclamée pourtant par la réalité instrumentale, tout simplement.
Timbre
8
Dynamique
8
Scène sonore
8
Qualité / prix
8
Plaisir musical
Facilité d'utilisation
Qualité de fabrication
Puissance : 2 x 105 W sous 8 ohms
Dimensions : 432 x 82 x 340 mm
Poids : 12,5 kg
Entrées : 5 entrées ligne RCA, 1 entrée Direct In, 1 entrée optique, 1 entrée coaxiale
Sorties : 1 Record, 1 Record Link, 1 Pre-out, 1 sortie casque
DAC : Wolfson 24 bits / 192 kHz
Taux d’échantillonnage pris en charge : de 22 à 192 kHz
Bits pris en charge : 16 à 24 bits

