

Après les cellules parées de laque Urushi, voici celle qui fit naître la légende, fabriquée dans un écrin en bois par M. Sugano. Elle créa la sensation il y a plus de 40 ans, faisant rêver une génération d’audiophiles.
La Rosewood Signature revient meilleure que jamais pour écrire à nouveau ses lettres de noblesse, dignes de Koetsu.
Distributeur de longue date et proche de la famille, M. Arturo A. Manzano d’Analog2Fidelity est l’artisan du retour de cette marque mythique.
Fondée par Yoshiaki Sugano au milieu des années 70, elle fut perpétuée par son fils Fumihiko Sugano, mais arrêtée en 2021. M. Manzano a pris soin de rassembler les maîtres artisans faisant partie de l’équipe d’origine, quitte à en sortir certains de leur retraite, afin de relancer la marque dans les meilleures conditions.
Les protocoles d’assemblage d’époque et la conformité des pièces originales sont ainsi rigoureusement respectés. Koetsu fait renaître progressivement tous ses modèles, dont cette Rosewood Signature, en attendant les célèbres corps en pierre à venir, comme la prestigieuse Onyx Platinum.
Artiste, boxeur, fabricant d’épées et ancien dirigeant dans le secteur automobile, Sugano-san vouait un amour profond pour la musique classique occidentale, ce qui l’incita à créer Koetsu au milieu des années 1970 dans la province de Chiba.
Ce créateur fut le premier à utiliser des matériaux très purs tels que le cuivre 6N et les aimants en fer platine, ayant conscience également des qualités musicales de certaines essences de bois, comme le palissandre très dense, improprement appelé « bois de rose » (Rosewood).
L’effet visuel saisissant du corps chaleureux marié au capot inférieur doré à l’or fin possède une allure inimitable, d’un classicisme superbe.
La marque n’est pas très prolixe sur les spécificités techniques, si ce n’est que l’aimant est au samarium-cobalt, comme toutes les Koetsu actuelles, la bobine est réalisée en fin de cuivre pur 6N plaqué argent, alors que le cantilever est en bore.
Le savoir-faire incomparable des artisans et le choix des essences de bois vieillies font de la Rosewood un modèle unique.
Le niveau de sortie assez confortable est de 0,6 mV, pour une charge de 100 ohms appliquée lors de cette écoute sur le phono Thrax Cotys LCR à transistor, aux selfs bobinées en argent.

La Koetsu Rosewood a révélé son talent sur le système suivant : platine J. Sikora Initial Upgraded, bras KV12, phono Thrax Cotys, enceintes Stenheim Alumine Five SX, préampli Phasemation CM-1500, ampli Phasemation 300B SA-1500 ou Boulder 1163.
Le choix des vinyles du maître des lieux a été un vrai plaisir, tant par la qualité des pressages que de l’éclectisme des goûts.
On retrouve tout ce que l’on aime chez Koetsu, cette façon inimitable d’incarner la musique, de la rendre palpable, jamais de façon hi-fi ou artificielle, mais avec agilité et souplesse, en admirant ce délié et ce suivi mélodique prodigieux qui magnifie la lecture tout en ne jouant pas les divas par sa polyvalence.
Le saxo de Marion Brown et la voix prenante d’Allen Murphy sur « Vista » de Stevie Wonder, sorti en 1975, est intense de justesse et de sensibilité, alors que dans « Maimoun », la contrebasse splendide de Reggie Workman est bien présente et texturée : oui, une Koetsu bien chargée sait faire un grave autoritaire, tendu et luxuriant.
Le doux murmure de Chet Baker en duo avec l’alto agile et inventif de Stan Getz montre que cette Rosewood a décidément beaucoup de choses à nous dire, en y ajoutant le corps et la richesse harmonique de sa balance tonale parfaitement équilibrée, dont un médium-aigu splendide, évident sur l’album « The Saxophones » : luxe et volupté.
L’art d’une bonne cellule est de nous révéler tout ce que contient émotionnellement un bon vinyle, qui n’est pas toujours aussi impliquant.
La Rosewood saisit intimement le génie d’Armstrong, sur le magnifique « Louis and The Good Book » avec le Sy Oliver Choir et les All Stars, un Decca datant de 1958 mais qui offre tant de vie et de plaisir.
La Rosewood nous met en joie, sans nul besoin de décortiquer les critères habituels, en matérialisant devant vous ce que les musiciens ont de mieux à partager.
Roman Noka et Stephan Eicher bien déjantés, sur un album superbement produit et original, sont saisissants d’aplomb sur ce système apte à contrôler sans désordre cette profusion musicale, en respectant le placement précis des artistes.
Les vinyles s’enchaînent sans y prendre garde, car la Rosewood nous happe en sortant son grand numéro de charme.

Ce que l’on entend dans la Rosewood Signature, c’est plus de 40 ans d’expertise en matière de cellule MC, sans besoin d’insister sur des critères techniques particuliers, sachant que ceux choisis répondent à la haute exigence de Sugano-san, et à celle de ceux qui continuent son art.
Ici et maintenant, le savoir-faire irremplaçable et la musique s’unissent à merveille dans cette Koetsu en palissandre, aptes à perpétuer la légende.
Timbre
Dynamique
5
Scène sonore
6
Qualité / prix
Plaisir musical
Facilité d'utilisation
Qualité de fabrication

