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KOETSU | URUSHI TSUGARU : UN ART ETERNEL

Saturday, May 2, 2026
KOETSU | URUSHI TSUGARU  : UN ART ETERNEL
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KOETSU | URUSHI TSUGARU : UN ART ETERNEL

Introduction

Renaissance d’un phénix. Artisan de ce retour, le distributeur de longue date et proche de la famille Koetsu, Arturo Manzano, a rassemblé l’équipe d’origine de maîtres artisans pour relancer la marque dans les meilleures conditions, pour certains en les sortant de leur retraite. Fidèle à l’héritage de Koetsu, les nouvelles séries respectent strictement les protocoles d’assemblages originaux et la conformité des pièces initiales, à l’identique de ce que Koetsu fabriquait il y a plus de quarante ans. Grâce à l’utilisation de matériaux authentiques et à des outils exclusifs, les nouveaux modèles perpétuent le savoir-faire qui a fait la renommée de Koetsu, mais surtout ils préservent leur sonorité incomparable, dans l’esprit originel. Comme le précise Arturo A. Manzano : « Il ne s’agit pas d’une réinvention ou d’une réinterprétation, mais de la continuité de la tradition, perpétuée par les mains et les esprits qui ont fait de Koetsu ce qu’elle est. Nous ne nous contentons pas de remettre un produit au goût du jour, nous préservons un héritage. » Enfin, une bonne nouvelle ne venant jamais seule, tous les anciens modèles Koetsu peuvent-être retipés, même sur mesure et selon vos préférences.

Koetsu Urushi Tsugaru

L’urushi est un art japonais qui remonte à dix mille ans. Extraite de la sève caustique des arbres urushi indigènes, cette laque naturelle est appliquée à la main par des artisans japonais triés sur le volet. Une fois qu’elle a durci, elle se solidifie autour du corps en bois de rose naturel, modifiant ainsi sa fréquence de résonance. La finition de ce modèle Tsugaru rappelle les créations Fabergé réputées pour leur émaillage luxueux incrusté de pierres, comme sur le corps de cette Koetsu. Les modèles Urushi utilisent des bobines en cuivre ultrapur recouvertes d’argent, grâce à un processus qui consiste à étirer lentement une gaine d’argent sur le cuivre. Le stylet est en boron, alors que l’aimant est en samarium-cobalt, un alliage de deux terres rares aux propriétés uniques en matière d’aimantation, comme leur grande densité volumique d’énergie ainsi que leur résistance supérieure à la désaimantation. Le niveau de sortie est de 0,4 mV, pour une impédance de charge recommandée de 100 à 1000 ohms. Il faut insister sur l’aspect visuel de cette cellule à nul autre pareil, d’un raffinement esthétique rare, et sur la volonté d’Arturo Manzano de garantir une qualité de fabrication et d’écoute constante pour tous ses modèles.

Fabrication et écoute

Koetsu a confié à Ana Mighty Sound la distribution en France de sa nouvelle gamme de cellules. Le système d’écoute superlatif de l’importateur était composé comme suit : platine CSPort TAT1, bras tangentiel AFU1-2, phono Phasemation EA-2000, préampli Boulder 1110, amplis mono Boulder 1151, enceintes Stenheim Alumine Five SX, câblage intégral Hemingway.

Émotion, beauté, et justesse

C’est toujours un plaisir spécial de réécouter une Koetsu, qui a souvent laissée des souvenirs indélébiles. Ce nouveau modèle Urushi est réellement à la hauteur de la légende, et même supérieur sur certains paramètres comme la qualité du grave, qui offre une balance tonale beaucoup plus universelle et moins typée, avec une meilleure intégration du médium. Mais on est aussi subjugué par les qualités de finesse et de lisibilité du registre médium-aigu, dont la beauté et la richesse se dévoilent magistralement sur le clavecin de Scott Ross, d’une émotion indicible. De plus, un silence total enveloppe la modulation qui peut exprimer toute sa résolution, exhibant le moindre détail jusqu’aux harmoniques les plus subtils, certainement grâce au bobinage plaqué argent. L’aimant en samarium-cobalt traduit lui les plus petites inflexions dynamiques, jusque dans leur amplitude intégrale, en favorisant la vivacité du signal qui module naturellement, sans retenue, comme sur le sublime Ma Mère l’Oye de Ravel dirigé par Seiji Osawa (DGG). L’orchestre est ici somptueux, les cordes si soyeuses et nuancées, extrêmement fines, mais surtout l’image sonore magistrale place l’orchestre devant vous comme si vous étiez au concert. Le pouvoir expressif de la Koetsu se dévoile alors complètement sur tous les genres musicaux, même opposés, comme sur Talking Heads Live On Tour ’78, dont la prise de son très eighties n’empêche pas une liberté dynamique et des attaques exceptionnelles, avec facilité et sans stress si le système le permet, pour un plaisir d’écoute maximal, comme chaque instant musical passé en compagnie de cette Urushi Tsugaru.

Verdict

C’est une chance et un ravissement de pouvoir s’offrir actuellement une Koetsu, le nouveau modèle Urushi honorant ce nom prestigieux. Cela a un prix, 7 680 euros, ce qui en fait un objet précieux comme son apparence le suggère : c’est bien une MC haut de gamme. Mais quelle autre cellule peut égaler cette signature musicale inimitable, cette façon de faire ressentir la chair et le cœur de l’interprète, son souffle à peine audible tout comme l’empreinte intime de chaque instrument et l’espace réaliste du concert ? La Koetsu y parvient avec aisance et distinction, sur chaque passage musical : une merveille !

Timbre

Dynamique

Scène sonore

Qualité / prix

7

Plaisir musical

8

Facilité d'utilisation

7

Qualité de fabrication

8

Fiche technique

Prix :
7680
euros
Origine :
Japon

Laque : urushi sur corps palissandre
Bobine : cuivre plaqué argent
Aimant : samarium-cobalt
Cantilever : en boron
Niveau : de sortie : 0.4 mV
Réponse : en fréquence : 20Hz - 100kHz
Impédance : interne : 5 ohms
Séparation : des canaux : 30db - 1kHz
Poids : 9.37 g

Haute Fidélité N°277
Cette article à été publié dans :
Haute Fidélité N°277
OCTOBRE / NOVEMBRE 2025
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