

Les enceintes à pavillon ont leurs fervents partisans.
Le concepteur Lukasz Lewandowski défend cette technologie avec passion depuis l’an 2000. On comprend mieux pourquoi à l’écoute de ces pétillantes enceintes polonaises.
La marque Horns fabrique 15 modèles d’enceintes à pavillon. La gamme Aria comprend trois modèles, coiffée par l’Aria III équipée d’un grave de 20 cm, marié à un pavillon de belle taille. La finition générale de l’enceinte impressionne, ce qui est presque secondaire comparé à la joie de vivre musicale qui s’en dégage. Lukasz Lewandowski n’est pas un novice en la matière, puisqu’il s’est fait connaître pour ses pavillons circulaires Auto-Tech, disponibles en DIY et reprenant le profil Hypex développé par Jean-Michel Le Cléac’h, bien connu des amateurs et malheureusement disparu. Comme le précisait JMLC, «un pavillon agit comme un transformateur d’impédance acoustique. Ceci signifie qu’entre la gorge et la bouche du pavillon, le rapport des pressions est inversement proportionnel au rapport des surfaces». Couplé à une chambre de compression, cela engendre des niveaux acoustiques élevés, d’un rendement dépassant les 30%, à comparer aux 0,3 à 3% d’une enceinte classique. De plus, la pression acoustique élevée régnant au niveau de la membrane atteint des hauts niveaux sonores avec très peu de débattement, ce qui réduit nettement la distorsion. Mais pour être valable, la mise au point doit être irréprochable et sans économies mal placées.

Sur une bonne enceinte à pavillon, le choix des transducteurs est primordial. Le boomer est ici un 20 cm à membrane en papier traité et suspension à bord roulé convexe en caoutchouc, chargé en bass-reflex dans un volume de 47 litres. La caisse très rigide dispose de parois de 28 mm d’épaisseur, munie en plus de raidisseurs internes. Dans le médium/aigu, si les qualités sont magnifiées, les défauts sont aussi exacerbés. Le choix de la formule d’expansion du pavillon est important, ainsi que la qualité de sa réalisation. Sur la Horns, il est non pas constitué d’ABS mais de béton polymère, ce qui augmente sa rigidité et minimise les résonances. D’un diamètre de 30 cm pour 10 mm d’épaisseur, son profil court est très évasé vers l’extérieur, presque plat. Il est équipé d’une chambre de compression de diamètre 1 pouce (2,54 mm) à membrane aluminium, dont la coupure s’effectue vers 2500 Hz. Le filtrage est aussi un élément important pour la cohérence générale et le bon équilibre entre des transducteurs de technologie différente. La formule deux voies choisie ici est une bonne idée, beaucoup plus facile à mettre au point et souvent plus cohérente. Dans le grave, la coupure est du 2e ordre, embarquant des composants Jantzen Audio, tandis que le tweeter est filtré en premier ordre, avec un condensateur Mundorf, et une correction d’impédance intégrée. Selon le constructeur, la bande passante s’étend de 35 Hz à 23 kHz, ce qui est une très bonne performance.
La finition et la couleur du pavillon peuvent être choisies parmi de nombreuses variantes, pour le même prix.
Les Horns Aria III sont extrêmement vivantes, faciles à vivre sur tous les genres musicaux, sans intellectualisation ou retenue parfois constatées sur des enceintes au filtre complexe, plus timides et moins alertes sur les petites impulsions. Elles ont la faculté de mieux vous faire entrer dans la musique, en posant les interprètes dans l’espace avec aplomb. Les voix sont incroyablement présentes, incarnées et pleines. La chambre de compression mariée au pavillon circulaire délimite bien tous les petits détails qui font vivre la musique, sans accentuer exagérément la définition dans l’aigu. Il faut dire que les Aria possèdent un grave vraiment bien accordé au pavillon, qui descend profondément, non sans une belle rondeur, jusqu’aux fréquences les plus basses, mais surtout avec une transition imperceptible dans la zone de recouvrement. Il apporte toute l’assise nécessaire et passe le témoin au pavillon en toute harmonie, ce qui est à féliciter.
Leur richesse harmonique enviable les fait passer sans difficulté de Maxim Vengerov maîtrisant son superbe Stradivarius, à la voix sensuelle et charnelle de Corinne Bailey dans «River» de Herbie Hancock, sans oublier les anciens disques mono à la présence incroyable, qui resplendissent sur les Horns. Car elles ont cette faculté d’être alertes sur la microdynamique, réagissant promptement, sans faiblir ou se tasser sur les plus grands écarts d’intensité, avantage des chambres de compression bien mises en œuvre. Leur niveau doit être particulièrement bien ajusté, pour ne pas prendre le dessus, ni devenir agressif dans l’aigu. Ce n’est pas du tout le cas ici, car les écarts dynamiques sont respectés sans déséquilibre, du pianissimo au fortissimo, dans une bonne cohérence tonale. On est en fait proche dans l’esprit d’une écoute large bande, cohérente, sans mise en avant d’une zone de fréquence qui pourrait ajouter un effet «hi-fi», mais avec plus d’assise dans le grave et de liberté dynamique.

Le pavillon porte magnifiquement la scène sonore devant l’auditeur, pour la sculpter plus en volume, au plus près de vous, mais sans projection excessive, parfois rencontrée sur des pavillons trop petits et trop directifs. La directivité horizontale est ici bien maîtrisée, même si le positionnement des enceintes doit être bien ajusté, avec la bonne orientation. Le profil choisi procure une dimension géométrique réaliste de la scène sonore, et même assez impressionnante par l’espace qui s’étale uniformément ; l’expansion bien étudiée du pavillon circulaire produit des fronts d’ondes plus réguliers, grâce à une bouche large et évasée. La distribution sonore construit un tout uni dans l’espace, où la musique coule avec amplitude, sans excès de surdéfinition, mais se déployant confortablement devant vous.
C’est un point fort des Horns Aria III MK2, car pour magnifier leurs grandes qualités sonores, le constructeur propose au choix un placage en 20 essences de bois, ou un laquage couleur RAL mat ou brillant, aussi pour le pavillon, sans supplément de prix !
Les Horns Aria III MK2 sont une très belle découverte, prouvant que la technologie des pavillons bien maîtrisée est capable d’excellents résultats sonores, et signe d’une grande compétence dans la mise au point, car l’équilibre général est remarquable. Enfin, malgré leur rendement modéré, les Aria III ne sont curieusement pas très difficiles à marier, la qualité des watts comptant plus que leur quantité.
Timbre
7
Dynamique
7
Scène sonore
8
Qualité / prix
8
Plaisir musical
Facilité d'utilisation
Qualité de fabrication
Dimensions (L x H x P) : 300 x 1200 x 360 mm
Poids : 40 kg
Nombre de voies : 2
Type : charge bass-reflex
Impédance : 8 ohms
Rendement : 86 dB/1 W/1 m
Réponse en fréquence : 35 Hz - 23 kHz

