

La vénérable marque britannique ARCAM fait son retour dans nos colonnes grâce à la gamme Radia, très remarquée dès sa sortie fin 2023. Présenté dans un second temps, le SA35, en classe G et au splendide design contemporain, a de quoi séduire. Ce tout-en-un se montre en effet doué dans toutes les disciplines, y compris et surtout musicales.
Né en 1976 sous le nom A&R Cambridge (Amplification & Recording), puis devenu ARCAM dans les années 80, la firme a toujours été synonyme d’amplification de haute qualité, comme le prouve le précédent FMJ A49. La respectable marque britannique a voulu faire encore mieux, car cette nouvelle gamme Radia s’annonce comme l’archétype de l’électronique moderne. ARCAM a conçu une nouvelle section streaming plus performante, sous un design pur qui marie habilement le noir rehaussé de jaune d’or. La ligne se compose de huit appareils : intégrés A5, A15, A25, lecteur CD5, streamers ST5, ST25, tout-en-un SA35 et SA45 en classe G. Cette amplification propriétaire de cinquième génération apporte un raffinement encore supérieur à ce concept original.
Le SA35 se révèle exhaustif en traitant comme il se doit toutes les sources, dont , chose rare, deux entrées phono (MM et MC), plus trois entrées ligne. Il accueille les sources numériques filaires HDMI ARC pour un écran vidéo, deux coaxiales sur RCA, et deux optiques Toslink. Que ce soit en Wifi ou Bluetooth aptX HD, la connexion sans fil du SA35 au réseau domestique est simple et rapide grâce à l’application ARCAM Radia, disponible sur smartphone ou iPhone, offrant une lecture instantanée avec Airplay, Google Cast, Spotify Connect, Tidal Connect, Qobuz Connect et Roon. Cet appareil est également UPnP, et diffuse les radios Internet par Airable.

De technologie très avancée, le SA35 introduit une nouvelle plateforme audio numérique et de streaming à six couches, intégrant un plan de masse sur toute la carte pour protéger les composants du bruit et des interférences. La conversion utilise la dernière topologie DAC Hyperstream IV d’ESS, en configuration symétrique, dotée d’un jitter minimal. La fréquence d’échantillonnage peut aller jusqu’à 384 kHz selon les entrées, avec une profondeur de 16, 24 et 32 bits. Le gros atout du SA35 est son correcteur de pièce Dirac Live Room Correction, et l’application qui le gère en sept étapes, avec l’aide d’une courbe cible Harman fournie avec le fichier de calibrage du micro de mesure. Rappelons qu’un gros défaut de salle peut masquer les qualités d’un bon système, mais il peut être corrigé par ce correcteur intégré simple à utiliser.
Unissant les avantages des classes A et AB, mais sans l’échauffement de l’une et la distorsion de croisement de l’autre, la classe G dont le principe fut inventé par Hitachi en 1976 est complexe à mettre au point. C’est une solution intelligente si elle est correctement conçue et optimisée comme ici, utilisant deux bus de tension et d’alimentation. En effet, à l’instar d’un moteur hybride, si un signal dynamique dépasse la capacité de la première source d’alimentation, la source secondaire est mise en service jusqu’à atteindre la puissance nominale maximale requise. La puissance supplémentaire n’est alors utilisée qu’en cas de besoin, un peu comme un turbocompresseur. La classe G d’ARCAM permet de faire fonctionner le SA35 en classe A jusqu’à 20 W, sans distorsion de croisement, et évite de gaspiller de l'énergie puisqu'il chauffe modérément tout en délivrant 2 x 120 W. Ces deux rails sont alimentés par un beau transformateur torique au secondaire à multi-enroulement (35V & 55V) suivi d’un système de régulation et de transistor switchant en fonction du signal détecté. La classe G est maintenant maîtrisée à la perfection par les ingénieurs d’ARCAM.

Nous n’avons pas hésité à brancher le SA35 sur des enceintes valant trois fois son prix, en l’occurence les excellentes Dynaudio Confidence 20, écoutées depuis Qobuz Connect. Le câblage HP et le filtrage secteur étaient assurés par Audioquest (Rocket 88 et Niagara 3000).
Cette fameuse classe G présente à l’écoute une approche unique, qui se caractérise par un parfait contrôle des paramètres sonores, notamment de la lisibilité et de la propreté des informations musicales qui semblent débarrassées de toute scorie. Le SA35 délivre un message limpide, sans brillance ni coloration, mais aux justes textures qui évoquent la classe A. Le registre grave se montre très profond et étendu, dessinant un relief sonore généreux ; la qualité des timbres s’exprime dans un panorama superbe, avec une certaine suavité qui n’est pas synonyme de sucrerie, mais témoigne d’une distorsion réduite. La transparence du SA35 fait ressortir des ambiances et des matières toujours différentes, sans jamais apporter de coloration surajoutée trop aguicheuse pour être vraie. Les Sonates pour violoncelle et piano de Beethoven interprétées par Simca Heled offrent ainsi une très belle justesse de timbres, sans débordement inutile, pour se concentrer sur le jeu musical du duo, avec Simone Dinnerstein au piano. Dans les magnifiques Concertos pour violon de Bach par Carmignola,, la prise de son surprend par son extrême aération, sa richesse lumineuse et la respiration de l’espace : l’Andante du deuxième concerto n’en est que plus beau, le violon baroque d’une pureté splendide exprimant sa légère verdeur, mais sans acidité. Le SA35 livre une image sonore grande ouverte, majestueuse, qui laisse se déployer la musique, sans la coincer dans un cadre étroit à cause de limitations techniques.

Le SA35 peut aussi dévoiler une autre facette de sa personnalité, plus impressionnante et démonstrative tout en restant homogène, en montant juste un peu plus le bouton de volume. Pour preuve le “ Step Right On de Young Disciple ”, de l’album Road To Freedom du talentueux groupe Acid Jazz des années 90, dont les effets de rebond et d’écho du synthétiseur sont ici spectaculaires ; l’extrême grave décoiffe, alors que la voix de Carleen Anderson est d’une forte puissance émotionnelle. Comme celle de SZA, sur le titre “ Cry Baby”, où le mixage est parfaitement lisible mais sans cafouillage ni agressivité, pour un gros son au service de cette voix douce et suave, qui triture les phonèmes de la langue américaine bien à sa façon. Nicholas Payton sur Notes from the Zen Gangster est poignant sur le SA35 : sur le titre “ The Sound of One Hand”, la magnifique trompette s’exprime avec éclat dans un espace magnifié, attestant un côté aérien rare. Même un vieux Rod Stewart comme le superbe “ Smiler” de 1974, qui ouvre sur les aboiements de son boxer, s’exprime à merveille entouré de guitares saturées et rageuses, même si l’enregistrement avoue ses limites : belle démonstration des facilités de l’ARCAM.
Ce nouvel ARCAM SA35 enchantera les mélomanes qui profiteront de son universalité et de son ergonomie avancée, mais surtout d’une amplification en classe G de dernière génération aux avantages incontestables. C’est une source de plaisir musical qui laissera s’exprimer vos enceintes préférées, en ajustant même au besoin le système à votre pièce grâce au correcteur acoustique Dirac Live. La gamme ARCAM Radia et le SA35 vous plongeront alors dans un monde musical radieux et enthousiasmant.
Timbre
Dynamique
Scène sonore
Qualité / prix
8
Plaisir musical
7
Facilité d'utilisation
8
Qualité de fabrication
7
Couleurs : noir
Dimensions : (L x H x P) : 431 x 98 x 344 mm
Poids : 12 kg
Type : amplificateur connecté
Puissance : 2 x 120 W
Classe : G
Correcteur de pièce : Dirac Live
DAC : ESS Hyperstream IV
Résolution : 16, 24, 32 bit
Échantillonnage : jusqu’à 384 kHz
Entrées analogiques : 3 x Ligne RCA, Phono MM & MC
Entrées numériques : HDMI eARC, RJ45, 4 x S/PDIF, USB-A Media
Sorties : 2 x Sub, 1 x Pre-out
Compatibilité : GoogleCast, Airplay 2, Spotify Connect, Tidal Connect, Qobuz Connect, Roon

