Vivre en Haute Fidélité

Rock - Le cas Black Sabbath

Les rééditions audiophiles de Black Sabbath.
March 17, 2026
Rock - Le cas Black Sabbath
Entre nos lignes, maintenant :  
Rock - Le cas Black Sabbath

« Voilà c’est fini » serinait déjà Jean-Louis Aubert à la fin des années 80… Sauf que là, c’est vraiment terminé : le 5 juillet 2025, Black Sabbath donnait en Mondiovision un ultime concert dans son fief natal de Birmingham. En cette mémorable soirée, Black Sabbath a mis un ultime clou dans le cercueil de son enfer de carrière. Et débranché à jamais les guitares… Paradoxalement, du côté des rééditions 180 grammes très Haute-Fidélité, il semble bien que le Sabbat Noir sorte enfin du purgatoire, grâce aux américains de Rhino Records…

Contexte : le premier album de Black Sabbath est paru en Angleterre vendredi 13 février 1970. C’est un disque totalement british… Inspiré par les films d’épouvante de la Hammer, le bassiste Geezer Buttler gribouillait des textes cabalistiques qu’hurlait d’une voix démente le chanteur Ozzy Osbourne. Tony Iommi, le guitariste ? Un estropié comme on n’avait pas vu depuis Django Reinhardt ! Trois doigts cisaillés dans une machine-outil, mais ça ne l’empêchait nullement d’inventer sur ce premier disque le rock triple L, Lourd, Lent & Lugubre, mélodies inspirées par le sulfureux accord du Triton (Diabolus in Musica interdit par le Pape Paul III durant le Concile de Trente !) Comme Liszt, Berlioz, Saint-Saëns avant eux, les Black Sabbath inventaient plein de choses avec ce fameux accord du diable !

Le Metal notamment. Et puis ce concept de Rock de l’Apocalypse, doom rock. Sachez que derrière Black Sabbath allaient se lever des hordes de rockers sauvages qui, 50 ans plus tard, fédèrent des millions de fans, ont leurs festivals dédiés (Hellfest, Wacken, Donington, tant d’autres) et se divisent en plus de 200 familles atypiques (Glam Metal, Thrash Metal, Hair Metal, Dark Metal, Death Metal, Metal Suédois, Metal Symphonique, Metal Celtique, Drone Metal, etc etc), tous d’accord sur un seul truc : leur musique a quelque chose de Black Sabbath. Oui, de Metallica à Lady Gaga… TOUT LE MONDE REVERE BLACK SABBATH.

De plus, ne l’oublions jamais, Black Sabbath c’est avant tout un SON. Unique, énorme, une colossale vision de la suramplification… Et ça, vos enceintes vont adorer.

Très régulièrement réédité par la maison BMG dès le retour du vinyle, 2007, le catalogue Black Sabbath restait cependant destiné au seul public Metal. Or, voici que Rhino Records, (label de rééditions du catalogue Warner, USA) décide d’appliquer le traitement royal audiophile 180 grammes aux premiers albums de Black Sabbath ! Grande première… Et Rhino n’a pas fait les choses à demi.

Retrouvant l’ingénieur qui enregistra l’album originel aux studios Regent Sound, (deux faces bouclées en une modeste journée !) Rhino soumet ce vétéran de l’art sonique à un feu roulant de questions d’où il ressort que le guitariste et le batteur jouaient tellement fort qu’on décida de brancher le bassiste directement dans la table de mixage, sans passer par aucun ampli. Ceci explique sans doute l’incroyable séparation des instruments dans tout ce projet fondamental, visionnaire, enregistré sur 4 pistes mais grandiose comme du Wagner à Bayreuth et qui retrouve donc, ces jours-ci, en édition limitée (5000 exemplaires) le chemin des bacs audiophiles avec une réédition hors pair signée Kevin Grey.

Partant du master analogique initial -ce qui est quelque peu fondamental- Grey a réussi à redonner une puissance sonique époustouflante à tout ce disque d’à peine trente-neuf minutes devenu totalement légendaire !

Prenez la seule pochette… Photographiée dans la campagne british, 5H00 du mat’ j’ai des frissons, normal au lieu-dit le Moulin de Mapledurham, aux fins fonds de l’Oxforshire, en plein mois de décembre… Dans un premier temps, le photographe Keith Macmillan tente une série de photos d’une jeune mannequin de 18 ans totalement nue devant le Moulin puis portant un petit chat noir. Mignon, mais bien vite la fille est gelée, on lui jette sur les épaules un manteau pour la réchauffer, elle esquisse un sourire, un corbeau se pose sur l’arbre à gauche et BAM, le cliché est dans la boite !… Il sera la source d’un nombre de légendes insensé sur Internet avant de finir en Pop Figurine, couronnement ultime !

Black Sabbath est mort, vive Black Sabbath, mais laissez-moi vous prédire une chose : Black Sabbath va rester…. Les sinistres prédictions de ces Nostradamus du Metal sont devenues le sommaire du journal de 20H00… Et ce son unique… Entrez donc ici Black Sabbath, vous voici enfin reconnus par la nation audiophile (50 ans après, il était temps !).

Black Sabbath, Black Sabbath, Rhino Records, import. Nous avons déniché une copie de cette merveille chez Vinyl 9, 132 rue de Tocqueville, 75017. Toujours chez Rhino, on nous annonce pour incessamment sous peu le remastering très haute-fidélité du deuxième album de Black Sabbath, le fameux Paranoid.

Haute Fidélité N°276
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