Bloc Monos GAMUT 250I

La société GamuT existe depuis le début des années 1980 et s’est installée à Årre,au Danemark. Elle propose des sources, enceintes acoustiques, câbles… et des amplificateurs, comme ces blocs mono M250i. 

La hi-fi danoise se porte bien, témoin cette marque qui gagne à être connue. En effet, GamuT propose des produits très performants, sortant quelque peu des sentiers battus et rebattus. La firme s’appuie sur la psycho-acoustique qui tient une place prépondérante dans la recherche et le développement de ses produits. Ce terme n’a rien de péjoratif, il s’applique à définir les interactions entre l’audition humaine et les moyens techniques, afin d’optimiser les écoutes. Les concepteurs de chez GamuT cumulent plus de cent ans d’expérience dans le domaine de la haute-fidélité haut de gamme.

Blocs mono

Chaque bloc possède une entrée asymétrique sur Cinch et une entrée symétrique sur XLR. En sortie, chaque M250i délivre la puissance maximale de 250 W sous 8 ohms sur quatre borniers universels. Un commutateur secteur d’excellente facture, situé en façade, agit sur la mise sous tension de l’amplificateur, déclenchant la temporisation de l’allumage. La conception des blocs mono annule tout risque de diaphonie (effet parasite nuisant à la séparation des canaux). Ce choix technique impose la parfaite identité des performances des deux blocs de puissance, ce qui entraîne un tri sévère des composants.

Ce que l’on voit

Chaque bloc mono intègre un transformateur torique imprégné, d’une puissance de 1 600 VA, suivi d’une paire de puissants ponts redresseurs à double alternance, montés sur l’épais dissipateur en U, qui occupe trois côtés du coffret. Deux de ses parois reçoivent de larges dissipateurs à ailettes. Quatre capacités de 25 000 µF chacune (soit 100 000 µF sous 50 V) lissent le courant redressé. Toute l’alimentation est câblée en l’air, aucun circuit imprimé ne venant atténuer les transferts d’énergie.

La carte de l’amplificateur proprement dit, situé au fond du coffret, au plus près de la connectique, gère la protection contre les courts-circuits, entre autres, et supporte les drivers à transistors qui, montés en parallèle, attaquent les deux énormes éléments Mos-Fet, chacun étant capable de délivrer la bagatelle de 500 watts ! Seuls deux transistors de puissance (un par branche) sont utilisés dans chacun des deux blocs mono. GamuT ne donne pas dans la demi-mesure : toute l’électronique est optimisée, voire surdimensionnée, sans l’ombre d’un compromis.

Ce que l’on ne voit pas, mais

La conception de ces blocs mono a nécessité une étude technique poussée, de manière à optimiser la restitution, en fonction d’une esthétique sonore prédéterminée, voulue par les concepteurs, que seule une parfaite maîtrise de la psycho-acoustique pouvait faire aboutir. En jouant sur les attaques transitoires des amplificateurs et autres constantes de temps, les concepteurs ont affiné la sonorité globale des GamuT M250i pour leur donner une réponse dynamique qui magnifie littéralement leur musicalité, extrêmement agréable et addictive.

Fabrication et écoute

Construction : Chaque bloc mono dépasse allègrement les 30 kg : le châssis rigide doit supporter le puissant transformateur de l’alimentation, tout autant que l’énorme dissipateur thermique qui court sur trois des quatre côtés. La façade en aluminium brossé est du plus bel effet. Sa partie centrale comporte une plaque miroir supportant le commutateur général et sa LED de rappel. La disposition des différents sous-ensembles est rationnelle, voire traditionnelle, puisque l’on n’imagine pas de meilleure disposition que celle choisie par GamuT.

Composants : La conception des blocs mono est simple, voire dépouillée : un seul transistor de puissance par branche, un transformateur torique représentant à lui seul plus des deux tiers du poids d’un M250i, et de très grandes capacités pour lisser les alimentations. La carte électronique de l’amplificateur dispose de capacités Wima, mais aussi Jantzen, et des résistances de très haute qualité. Les étages pré-drivers emploient très peu d’amplificateurs opérationnels, NE5532 et 5534 dont la réputation n’est plus à faire.

Grave : Les Gamut présentent des graves très bien définis, sans agressivité, mais sans mollesse non plus. Les timbres de ce registre sont très fidèlement retranscrits, bien mis en valeur par une superbe esthétique sonore, sur laquelle nous reviendrons… plus bas ! On peut suivre sans effort une ligne de basse, tant les amplificateurs font preuve de discernement dans les différents événements sonores présents dans ce registre, sans jamais verser dans la simplification.

Médium : On apprécie particulièrement la restitution des voix, tant féminines que masculines, bien timbrées et précises, avec du détail et notamment une excellente lisibilité, sur les chœurs, notamment. Les instruments de musique bénéficient de cette qualité de définition très musicale, les GamuT suivant avec rigueur les moindres détails présents sur les morceaux écoutés, mais toujours avec cette esthétique sonore très élégante qui confère à ces blocs mono un cachet extrêmement agréable, appliquant au message musical une sorte de plénitude et d’élégance bienvenues.

Aigu : Ce registre s’accorde fort bien avec les deux autres qu’il complète harmonieusement, au sens propre, comme au sens figuré. L’aigu conjugue définition et épaisseur, dans un équilibre réussi. Le haut du spectre sonore est la zone où l’on ressent le mieux les intentions technico-artistiques des concepteurs, car il est empreint d’une douceur étonnante, donnant une impression d’aération et de souplesse à la retranscription, sans jamais rencontrer l’écueil de la simplification et encore moins celle de l’agressivité.

Dynamique : L’esthétique sonore si réussie des GamuT prend son origine dans le travail « balistique » de l’enveloppe dynamique. En d’autres termes, les concepteurs ont soigné le suivi dynamique, en ajustant la spontanéité de la restitution de manière à faire sonner les amplificateurs d’une manière agréable et dense, ce qui convient à tout style de musique. On ne peut qu’en apprécier les effets sur les plages musicales, plus denses, aux sons plus authentiques, plus analogiques, car ils gagnent en matière et en définition.

Attaque de note : Les temps d’attaque des notes ont aussi été travaillés, à la manière d’un peintre impressionniste jouant sur l’évocation, en maîtrisant les contours et les associations de couleurs. Cela se traduit par une cohésion sonore décidément très réussie qui met en valeur le contenu des plages musicales, sans les trahir, mais en les magnifiant.

Scène sonore : Ces blocs monophoniques s’appliquent à restituer le moindre détail. On ne s’étonne donc pas de percevoir la richesse des réverbérations enveloppant les grandes orgues jouées par Jean Guillou, sur Tableaux d’une Exposition de Moussorgski. Les meilleures électroniques sont capables de restituer les réverbérations progressant par vagues dans la nef de la cathédrale, effet d’acoustique que nous livrent les GamuT de la plus belle manière. L’image stéréophonique emplit la salle d’écoute, dans un relief en trois vraies dimensions. Si la diffusion sur le plan horizontal s’appuie sur le fait que les amplificateurs soient des blocs mono (donc à diaphonie nulle), ils ne perdent rien en profondeur, cette restitution respectant l’étagement des plans, en favorisant la stabilité des sources musicales dans l’espace sonore. L’auditeur ressent les ambiances comme s’il se trouvait dans la salle de concert.

Transparence : Les grandes électroniques respectent toujours le contenu harmonique des timbres, en n’omettant aucun détail dont l’absence aurait pu nuire à l’authenticité des écoutes sur un plan global. Cette neutralité, que l’on remarque sur les GamuT, s’applique à diffuser la totalité des petits détails présents dans les plages musicales. Les extinctions de notes, ainsi que les fins de réverbération semblent se prolonger, tant les détails sonores sont intégralement diffusés. Les GamuT ne connaissent ni l’à-peu-près, ni la simplification !

Qualité/prix : La somme qu’il faudra débourser pour s’offrir les M250i n’a rien d’anodine. Mais ces amplificateurs puissants et d’une rare musicalité s’appuient sur un schéma original qui expose avec une rare élégance une esthétique sonore hors du commun. La qualité de conception de ces amplificateurs et leur faculté de ravir nos oreilles ont un prix…

Verdict

La musicalité des GamuT M250i laisse des souvenirs impérissables et surtout très agréables. Ce sentiment survient à chaque fois que nous avons le plaisir de tester des électroniques d’exception. Saluons le talent des concepteurs, aussi doués à réaliser des amplificateurs puissants et très performants, qu’à appliquer leur grande expérience de la psycho-acoustique, qui magnifie la musicalité des M250i. Merveilleux amplificateurs !

fiche technique

Origine : Danemark
Prix unitaire : 11 900 euros (23 800 euros la paire)
Dimensions unitaires : 431 x 164 x 470 mm
Poids unitaire : environ 35 kg emballé
Réponse en fréquence : 5 Hz à 100 kHz
Rapport signal sur bruit : > 100 dB
Puissance de sortie : 250 W (8 ohms), 500 W (4 ohms), 900 W (2 ohms)
Entrées ligne : 1 asymétrique sur Cinch (20 kilohms) et une symétrique sur XLR (40 kilohms)
Sensibilité d’entrée : 0,775 V, 1,55 V, 3,1 V ou 3,9 V, ajustable en interne
Gain global : environ 34 dB
Sortie de puissance : 2 paires d’embases banane 4 mm universelles

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