Bannie_re_provisoire

ENCEINTE

B&W 684 S2

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Du nouveau chez Bowers & Wilkins ! La firme britannique a refondu sa série 600. La 684 a subi de nombreuses modifications tant techniques qu’esthétiques, ayant conduit à la rebaptiser 684 S2.  

La série 600 de B&W se compose de deux colonnes, deux enceintes de bibliothèque, deux voies centrales, trois caissons de grave et un modèle d’enceinte surround. La colonne 684 S2 est l’avant-dernière de la gamme classée en ordre croissant.  

Une colonne plus compacte

Si la hauteur de la 684 s’aligne presque sur celle de la 684 S2, cette dernière est nettement moins encombrante : seulement 34,5 dm3 contre un peu plus de 54 dm3 pour les anciens modèles. Cette différence s’explique par l’adoption d’une paire de boomers médiums de 13 cm de diamètre en lieu et place de la paire de transducteurs de 16,5 cm des modèles antérieurs. Ainsi, le constructeur a réalisé un baffle nettement plus étroit, tout en conservant la même disposition des haut-parleurs.  

Deux voies

Exit le principe à 2,5 voies des anciennes 684 et leur boomer inférieur limité à 150 Hz : les boomers des S2 fonctionnent en tandem sur toute leur bande passante jusqu’à 4 kHz. Le nouveau modèle dispose toujours de membranes légères et rigides en kevlar, mais sans la technologie FST que l’on retrouve cependant sur le modèle au-dessus, la 683. En revanche, le cache-noyau, lui aussi très rigide (en polymère EVA), est serti à l’intérieur de la bobine mobile afin d’améliorer la restitution en atténuant le fractionnement de la membrane. Par rapport à l’ancienne 684, la S2 perd 3 dB de sensibilité et une dizaine de hertz dans l’extrême grave, malgré la présence d’un large évent bass-reflex. Le filtre conserve une pente du premier ordre, à 6 dB par octave. En revanche, le tweeter s’inspire largement de celui de la CM10, avec son double dôme en aluminium, afin de réduire la distorsion. Le transducteur d’aigu, doté de sa charge arrière infinie (héritée de la technologie des Nautilus), ne subit pas les vibrations de coffret grâce à son découplage, réalisé au moyen d’une sorte de gel de synthèse. Ce procédé améliore la restitution du registre aigu, gagnant en liberté, en spatialisation et en naturel.

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Fabrication et écoute

Construction : Les standards de Bowers & Wilkins se maintiennent à un haut niveau de finition pour ces petites colonnes bien proportionnées. Les 684 S2 doivent leur stabilité à leurs socles que l’on pourra découpler du sol au moyen de pointes ou de dômes hémisphériques, les deux types étant fournis.

Composants : La force du constructeur britannique s’illustre dans la fabrication de ses propres transducteurs de qualité, même pour cette gamme abordable. On retrouve cette qualité dans les éléments de filtrage et dans le mode de découplage mécanique du tweeter. Le bornier double autorise le bicâblage.

Grave : Les B&W 684 S2 font preuve d’une assise remarquable dans le bas du spectre : la définition des contrebasses, sur l’enregistrement de l’orchestre  symphonique d’Alfred Schnittke, différencie leur partition de celle des violoncelles, jouant de concert et produisant une rythmique enlevée. Ces colonnes restituent d’une manière satisfaisante les sonorités particulières du stick Chapmann de Pascal Gutman (sur son album Cascades). En effet, cet instrument est connu pour sa profondeur et son caractère percutant dans le grave.

Médium : Le caractère fruité de ce registre se remarque dès les premières notes de musique, en restituant avec une finesse remarquable les bois et les cordes frottées, sans coloration notable. La restitution des voix atteint un degré de présence et d’authenticité laissant passer l’émotion des artistes et les moindres nuances de l’interprétation. Les nuances se retrouvent dans les percussions, suivant leur caractère léger ou dense, en suivant le programme musical avec tact.

Aigu : Le haut du spectre ne semble pas avoir de limite haute. Il se joue des passages difficiles, comme, par exemple, un enregistrement très chargé dans l’aigu, tel que le morceau « Open » de Steve Hillage. La B&W respecte la richesse harmonique des différentes sources musicales. Les enregistrements effectués en salle de concert ne prennent pas les 684 S2 en défaut, grâce à la retranscription réaliste des ambiances sonores, en passant de l’atmosphère intimiste d’un club de jazz à l’ampleur perceptible d’un espace plus vaste, apte à accueillir un orchestre symphonique.

Dynamique : À n’en pas douter, ces nouvelles 684 s’inscrivent dans une écoute domestique fluide et confortable. Le constructeur a tablé sur un habile compromis : B&W parvient, sur ces colonnes de sensibilité moyenne, à conserver des pianissimi toujours crédibles, tant pour les timbres des instruments que pour l’ambiance acoustique dans lesquels ils baignent.

Attaque de note : Les attaques de notes diffusées par les 684 S2 font preuve d’une rapidité appréciable, mettant en valeur les événements sonores, en particulier les percussions, mais pas seulement : les attaques des cordes de guitare du bluesman Ted Hawkins n’ont rien à envier à ce que l’on pourrait entendre en direct, sans enregistrement.

Scène sonore : Ces petites colonnes diffusent le message musical au-delà de ce que l’on pouvait imaginer, pour peu qu’elles soient correctement installées et pincées vers la zone d’écoute. La scène sonore dépasse le simple cadre des colonnes, en présentant une bonne focalisation des sources musicales dans un espace en trois dimensions s’adaptant aux ambiances variées des enregistrements, dans un bon étagement des plans sonores.

Transparence : Nous avons évoqué les performances des 684 S2 dans ce qui précède, concernant la neutralité des timbres, la vitalité dans l’établissement des notes, de même que l’installation d’une scène sonore tridimensionnelle à l’image des plages musicales jouées. Seul l’extrême grave paraît un peu atténué. Ces petites colonnes, associées à des électroniques rapides et dynamiques, donneront le meilleur d’elles-mêmes en faisant preuve de transparence sur tous les aspects détaillés dans ce qui précède. A contrario, des amplificateurs trop poussifs terniront sensiblement leur restitution.

Qualité/prix : Bowers & Wilkins maîtrise tous les paramètres de fabrication de ses enceintes, à commencer par la réalisation de transducteurs innovants. Ici, la technologie montre toute son efficacité dans la réalisation de colonnes expressives et musicales, bien timbrées et surtout équilibrées. Leur encombrement raisonnable n’influe pas sur le plaisir d’écoute que l’on tire de ces B&W 684 S2. Au final, le rapport qualité/prix optimisé de ces colonnes leur apporte un argument supplémentaire dans cette gamme de prix où la bataille fait rage.  

Verdict

Moins sensibles, un peu moins profondes dans le registre grave, les 684 S2 rassemblent cependant de nombreux atouts, tels qu’une meilleure adaptation aux petites pièces d’écoute, une discrétion accrue et une excellente musicalité, tout en conservant un prix des plus abordables en regard de leurs qualités globales. Toutefois, ces nouvelles B&W imposent des électroniques vivantes et rapides pour dévoiler tous leurs atouts.  

Fiche technique

Origine : Royaume-Uni

Prix à la paire : 1 049 euros

Dimensions (avec socle, sans les pointes) : 955 x 160 x 235 mm

Poids : 14,2 kg

Réponse en fréquence : 45 Hz à 50 kHz (-6 dB)

Sensibilité : 87 dB/1 W/1 m

Impédance nominale : 8 ohms (minimale : 3 ohms)

Fréquence de transition du filtre : 4 kHz