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Une visite guidée chez Hi-Fi Câbles & cie

Quand il ouvrit le magasin Hi-Fi Câbles & cie le 1er avril 1995, Jean-Claude Tornior ignorait deux choses ! La première, c’est que malgré cette date teintée d’humour, il venait de créer l’un de ses projets les plus pérennes. La seconde, c’est qu’un jour il fabriquerait ses propres câbles. Car au début, la vocation de l’entreprise était de distribuer le plus grand nombre de câbles possibles et de faciliter le choix de ses clients par un système de prêt sous caution.

Après avoir longuement testé les nombreuses marques réputées qu’il commercialisait, Jean-Claude Tornior acquit la conviction qu’il pouvait aller plus loin dans la qualité en concevant ses propres modèles, non assujettis à des considérations d’ordre marketing. L’homme possédait un solide bagage en matière de développement. Jeune ingénieur, il était en effet devenu l’assistant de Joseph Léon chez Elipson. Recherche et développement était alors très important chez Elipson, car à l'instar de la BBC, l'ancien ORTF travaillait d'une manière très proche avec ce constructeur ; ils étaient passionnés et très avides d'innovations (réalisations spéciales). Plus tard, Jean-Claude créa sa société, Phonophone, où il développa enceintes acoustiques et électroniques. Bref, sa compétence n’était pas à mettre en doute, d’autant qu’il avait la conviction que le câble était une énigme non résolue.

Ce n’est que deux ans après la création de Hi-Fi Câbles & cie, en 1997, qu’après de nombreux essais et prototypes, il présenta son premier modèle, un câble de modulation dont le nom a atteint aujourd’hui une indiscutable notoriété : l'Isis. Ce n'est que plus tard que naquît le Maxitrans, premier modèle HP.

Cet épisode créa un précédent dans l’histoire de Hi-Fi Câbles & cie. Car dès lors, Jean-Claude Tornior comprit que le champ d’expérimentation en la matière était encore vaste et prometteur pour qui s’y aventurerait avec sagesse et ouverture d’esprit.

Le développement des produits combine une dose savante d’empirisme (devrait-on parler d’expérience ?) et de maîtrise technologique. Par ailleurs, le processus de fabrication est maintenant assuré par un partenaire industriel dont les capacités techniques permettent la réalisation de prototypes, et garantit surtout une véritable qualité à tous égards.

  

Le catalogue Hi-Fi Câbles & cie est touffu, qu’il s’agisse des modèles HP (gauche) ou modulation (centre). En tous les cas, ces références sont maintenant reconnues comme est repérable leur conditionnement (droite) « bio » ! Tout le savoir-faire passe dans le produit, pas dans le « marketing »… Quelques reliques suspendues  témoignent du passé de l’enseigne comme distributeur. Mais Hi-Fi Câbles & cie continue à commercialiser quelques modèles abordables d'autres marques qu'il juge d'un très bon rapport qualité/prix.

Non content d’écumer les arcanes de l’audio, Jean-Claude Tornior a toujours gardé un œil sur l’image et développé des cordons vidéo. Après les TransYUV, Trans S-VHS et autres Trans RVB2S, il présente son propre câble HDMI, le TransHDMI II, un câble entièrement repensé pour les hautes définitions qui autorise la transmission des signaux les plus rapides sans atténuation, ni rotation de phase dû à l'effet de mémoire des diélectriques traditionnels utilisés par les productions bas de gamme.

Thierry, le fidèle assistant nous montre la complexité d’un câble destiné à la liaison HDMI. Chaque conducteur est enrubanné dans un fragment de Téflon. Une attention particulière a été portée à l’agencement des conducteurs pour les quatre « paires » blindées qui sont chargées de transmettre les signaux les plus importants dont ceux de l’horloge de synchronisation. Elles respectent scrupuleusement l’impédance de 100 ohms, définie par la norme.

19 contacts sont présents sur une surface d’à peine quelques centimètres carrés. Le montage exige une attention soutenue, et une réelle dextérité dans le maniement du fer à souder. Le TransHDMI II est monté avec des fiches aux contacts plaqués or, et aux dimensions que vous désirez. Il est disponible en 1 m, 2 m, 3 m, 5 m, 7,5 m, 10 m, 12 m, 15 m et 20 m (autres longueurs sur demande).

C’est plus fort que lui, Jean-Claude Tornior s’est relancé dans la conception d’enceintes acoustiques avec le projet Héritage. Il a créé un monitor baptisé A (une deux voies qui peut fonctionner seule dans une pièce de dimensions moyennes), qui vient se placer sur un caisson de grave nommé B. On peut acheter le premier seul, ou en association avec le sub. Fidèle à son expérience acquise chez Elipson et Phonophone, il a réalisé un produit sans compromis acoustique, se focalisant peu sur l’esthétique, mais mettant tout le potentiel sur le créneau électroacoustique.

 

Les proportions de chaque coffret sont déterminées grâce au nombre d’or (photo de gauche). La finition classique est en placage Wengé, mais une nouvelle finition en couleur est disponible moyennant un petit supplément. Pour tester ses enceintes et pendant le processus de mise au point, Jean-Claude Tornior utilise des électroniques Atoll (photo de droite). Notre concepteur tient à adopter des produits français, de bonne qualité, et surtout abordables. Il est désireux de proposer un système « qui ne coûte pas les yeux de la tête ».

Petite exclusivité pour les internautes de Haute Fidélité, une vue plongeante sur le nouveau câble HP Super Maxitrans II. Il s’agit d’une évolution naturelle du Super Maxitrans, dont la gaine est débarrassée de tout colorant. Non seulement la composition mais aussi les différents additifs des isolants, tels les colorants ont une importance majeure sur une forme de « retenue » du signal, par un phénomène connu sous le nom « d’effet mémoire ». Comme le Maat et le Powertrans II, ce nouveau modèle HP en est dépourvu.

www.hificables.fr

Un reportage de Laurent Thorin