Les reportages

Le salon 2010 de Noir & Blanc à Bruxelles

Les 13 et 14 Novembre 2010, l’auditorium Noir & Blanc a organisé son salon annuel à Bruxelles. Cet événement ne tend pas à être le plus grand mais au contraire à limiter ses présentations aux marques qui sont chères à l’équipe de N&B. Une attention toute particulière fut portée sur la mise en œuvre des systèmes afin d’offrir une présentation la plus soignée possible. L’ambiance est tout aussi importante et N&B mis tout en œuvre pour que les visiteurs passent un moment agréable. Le salon comportait 9 salles d’écoute avec pas moins de 11 systèmes en démonstration.

Dans la première salle, les importateurs PV Trade et Daluso présentaient une paire d’enceintes Focal Diablo Utopia alimentée par une « complète » Abbingdon Music Research, c’est-à-dire l’ampli intégré AMR AM-77, le lecteur CD AMR CD-77, et le préampli Phono AMR PH-77. La platine 33 tours était une Dr Feickert Woodpecker, et les câbles des Harmonix.

 

Chez DSM Audio et More Music, les colonnes Audiophysic Virgo 25 chantaient sous la houlette de l’amplificateur Accustic Arts Power 1 MK3 et du lecteur CD Accustic Arts CD1. Câbles Wireworld.

Le système composé par le magasin Noir & Blanc mettait en œuvre une paire d’Audio Physic Cardeas alimentée par deux blocs de puissance Modwright KWA150 bridgés en mono (450 watts au total). Pour le reste, rien que du bon également. Preamplificateur : Modwright LS36.5 + alimentation à tubes. Transport CD : PS AUDIO Perfect Wave Transport. Convertisseur N/A : PS AUDIO Perfect Wave Dac. Câbles modulation : Argento Audio Flow Master Reference. Câbles HP : Argento Audio Flow.

Chez Fusion Acoustic, les nouvelles Rockport Technologies Mira 2 étaient associées à l’ampli Gryphon Diablo et au lecteur CD Gryphon Mikado.

Tecnodis présentait un gros système comprenant le drive Metronome Technologie T3A Signature, le convertisseur C3A Signature, le préampli Art et Technologie SE150P, les blocs mono Art et Technologie Absolute Mono Class A, les monumentales enceintes Art et Technologie floorstand prototype, tout cela installé sur du mobilier Artesania Audio Esoteric.

Belram déployait les nouveaux Atoll IN400 et CD400 sur les haut-parleurs Audium Comp 7.

In Legato Audio, minimaliste aussi, présentait les monitor Focus Audio FP60 avec l’amplificateur Resolution Audio Cantata et le lecteur CD Resolution Audio Cantata Music Server, avec des câbles Argento Audio.

Enfin, Transtel-Sabima avait installé un système Home-cinéma tout en un Denon RB1000 + Denon Cara S-5 BD avec des enceintes Monitor Audio : une première pour la nouvelle série Gold. Et également la série Bronze avec Audio Analogue, le Meastro Class A Integrated, un amplificateur de 2 x 50 watts en pure classe A.

www.noir-et-blanc.be

Les petits secrets de Verity Audio

Lors de l’un de ses derniers passages à Paris, Julien Pelchat, vice-Président de Verity Audio a levé le voile sur les particularités un peu spéciales de ses enceintes. En tant que responsable Recherche & Développement, il a parfaitement su trouver les arguments pour convaincre !

Pour Verity Audio, la compacité est une donnée de base du cahier des charges ?
C’est certain. Je me souviens, il y a plusieurs années, nous avions développé des enceintes pour Oracle Audio. Et l’une des premières choses que nous nous étions dites, c’était : à quoi ça sert de développer la meilleure enceinte au monde si personne ne peut la faire entrer chez lui ? Par conséquent, nous étions arrivés à la conclusion que nous voulions que notre enceinte soit capable de fonctionner dans une très large gamme d’appartements. Donc nous avons fait une étude spécifique et sommes arrivés à la conclusion que la taille optimale pour fonctionner à peu près partout, était celle de notre modèle Parsifal, c’est-à-dire un produit compact.

Quel espace vital minimal requièrent-elles ?
Environ douze mètres carrés. 

C’était donc votre postulat de départ ?
Absolument. Et puis à partir de cela, nous avons déterminé les paramètres electro-mecano-acoustiques des haut-parleurs. Nous voulions conserver une efficacité minimale de 89 dB, et la bande passante la plus large possible, ce qui impliquait un module spécifique pour le grave, et un aigu très performant. La première version montait à 30 kHz. Maintenant, elle va à 40 ! Bref, au terme du processus, cela a donné une enceinte qui n’était autre que la première version des Parsifal.

C’est un produit finalement très polyvalent ?
Oui, par exemple la partie du haut (le module médium aigu) peut être utilisée seule. Mais cela ne représente que 20% des ventes.

Est-il vrai que Keith Jarrett en utilise chez lui ?
Oui c’est vrai. Nous lui avons même fait la modification chez lui quand il a voulu passer de la première version à la génération suivante. Il les utilise avec des amplificateurs mono BEL 1001 mk3. Après que l’on a effectué la mise à jour, il a passé une bande master qu’il venait de réaliser. Et juste après il nous a joué la même chose au piano. Un vrai concert privé…

Sur la Parsifal et la Rienzi, il est possible d’orienter le caisson vers l’avant ou vers l’arrière ?
Oh, on pourrait en parler des heures. Pour ne rien vous cacher, lors de nos tout premiers essais, nous avons même essayé avec un HP tourné vers le bas. Mais la gravité faisant son œuvre, le boomer a fini par se décentrer avec le temps. Et cela est vrai dans un caisson de grave comme dans une enceinte conventionnelle. Par ailleurs, il faut savoir que toute la mathématique de modélisation des enceintes (les paramètres de Thiel et Small) remonte à 1972. Tout les courbes et les filtres ont été déterminés en prenant des mesures dans une chambre anéchoïque. Et si l’on prend une charge bass-reflex d’aujourd’hui, on obtient une courbe cohérente, mais dans une salle anéchoïque, pas dans une pièce normale, parce que dans ce dernier cas, il y a des interactions acoustiques ! Donc nous nous sommes demandés comment optimiser l’enceinte en fonction d’une pièce normale. Bref, plutôt que d’utiliser un filtre de type Butterworth (conçu pour posséder un gain aussi constant que possible dans sa bande passante), nous avons choisi un filtre de type Bessel dont le temps de propagation de groupe est rigoureusement plat. En plus nous avons déterminé l’accord de la charge en dessous de la fréquence de résonance du haut-parleur, et cela donne une courbe qui commence à s’atténuer beaucoup plus haut, mais avec une pente très douce, qui garantit plus d’extension dans le grave. Donc lorsque l’on prend cette courbe et qu’on lui rajoute le renforcement de la pièce, on obtient une pente droite mais très étendue dans le bas du spectre. Et en mettant le HP vers l’arrière, on optimise le renforcement de la pièce. On joue avec les murs. Il faut toujours tenir compte des modes de résonance de la pièce, parce qu’inévitablement, on va les exciter. Par conséquent le placement de l’enceinte est important. Mais c’est le but de la manœuvre, que l’enceinte travaille avec la pièce plutôt que contre la pièce.

Donc il est fortement recommandé de placer le boomer derrière ?
Personnellement je n’ai jamais utilisé, dans un salon par exemple, le boomer en position frontale. Mais il y a des cas très particuliers dans lesquels on ne peut s’y soustraire. Par exemple, un de nos tout premiers clients habitant New York, avait dépensé un million de dollars dans son installation. Il possède une très grande pièce recouverte de rayonnages supportant 25 000 disques vinyles sur trois de ses cloisons, du plancher au plafond. Cela crée un immense diffuseur qui absorbe toutes les basses. Donc dans ce cas particulier, nous avons retourné les boomers vers l’avant.

Sur le marché vous êtes quasiment les seuls à placer le boomer vers l’arrière ?
C’est vrai, mais cela s’explique techniquement. C’est notamment parce que notre fréquence de coupure entre le médium et le grave est située très bas (150 hertz), alors que la norme est plutôt à 400 Hertz. Car chez nous le médium travaille en très large bande. Bref, au moindre coup de timbale on parle d’une longueur d’onde d’au moins trois mètres, donc quel que soit l’endroit où est placé le boomer, pour nous, ça ne change pas grand-chose. Mais on a préféré le mettre en arrière pour pouvoir optimiser, parce que c’est plus central, plus homogène.

Propos recueillis par Laurent Thorin

3 questions à Billy Wright alias Mister Cary

Billy Wright, créateur et président de Cary Audio Design nous a accordé quelques moments précieux au sein d’une tournée européenne bien remplie.

Cary revient en France après une assez longue période d’absence ?
Effectivement, nous n’étions plus vraiment représentés depuis quelque temps, alors que nous avons toujours eu des compliments de la part de nos utilisateurs français. Mais aujourd’hui cette situation est terminée. Nous avons trouvé un accord avec la société Privatech et nous en sommes enchantés. Je tiens à préciser que Privatech a largement fait ses preuves avec Dali depuis plus d’un an, et ce fut pour nous un critère décisif. Vous n’êtes pas sans savoir que dans de nombreux pays, Cary et Dali sont très souvent distribués par la même personne, et que la synergie entre les deux marques est avérée.

Effectivement, vous faites cohabiter au sein de votre catalogue plusieurs lignes distinctes…
Si nous avons débuté notre activité avec la haute-fidélité « pure » et puriste, en proposant une large gamme d’électroniques à tubes (Classic Series), nous avons tenu à suivre les autres tendances du monde de l’audio. C’est pourquoi, au fil du temps nous avons développé une série de produits dédiés à la reproduction en multicanal de la musique et des films (Cinema Series). Puis nous avons tenu à proposer des produits plus abordables comme ceux de la série Concept, qui, pour leur prix délivrent une performance plus que respectable… C’est notre manière d’expliquer que l’audio requiert une expertise, mais que notre savoir est applicable de différentes façons. C’est notre exigence de qualité qui nous caractérise, plus que nos technologies.

Comment envisagez-vous l’avenir ?
Sincèrement, avec sérénité, mais sans jamais s’endormir sur nos lauriers. Nous devons tenir compte des évolutions du marché, et notamment de la manière dont la musique enregistrée est « consommée ». C’est pourquoi nous nous sommes penchés sur de nouveaux développements concernant la musique dématérialisée. La série Xciter propose un DAC USB (photo ci-dessous) et un serveur, mais aussi un tout petit ampli intégré à tubes. On ne se refait pas !

Propos recueillis par Laurent Thorin

Hegel, une autre philosophie du son

Bent Holter, créateur et designer de la marque Hegel

Même si son créateur a toujours l’air d’un étudiant, la marque norvégienne fête ses vingt ans cette année. Moderne, voire décalée, elle récuse le snobisme de certaines élites du high end, et prétend délivrer des performances exceptionnelles à des prix qui ne le sont pas. Comment ? Grâce à une technologie novatrice, tout simplement. La richesse de Hegel, c’est sa philosophie. La petite firme norvégienne refuse d’appliquer de vieilles recettes, et développe systématiquement des circuits inédits qu’elle valide à grands renforts de brevets, pour prouver son originalité et sa capacité créatrice. Nous avons rencontré Bent Holter, son mentor, et avons obtenu ses confidences sur fond de musique rock !

Pouvez-vous nous décrire votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?
C’est tout simple et finalement assez logique. Je pratique la musique et l’électronique depuis mon enfance. Je jouais de la clarinette dans un orchestre symphonique, et de la guitare électrique dans des groupes de rock pendant plusieurs années. J'ai construit mon premier amplificateur à l’âge de 12 ans. Depuis j'ai d’ailleurs toujours fabriqué mes amplificateurs de guitare, mes enceintes mes boîtes d’effets moi-même. J'ai même réalisé une table de mixage de 24 pistes pour la sonorisation professionnelle de concerts quand j'avais 19 ans !

Vous avez donc naturellement abordé le monde de l’audio ?
Comme je l'ai dit, mon intérêt pour la musique m’a incité à me diriger vers l'électronique audio. Je me suis d'abord beaucoup consacré à l’environnement de la guitare électrique et à l’audio pro. J'ai d’ailleurs commencé comme ingénieur de mixage « live », couvrant des concerts rock en direct pour de nombreux groupes célèbres de Norvège entre 1986 et 1994.
Cette expérience m'a amené à la hi-fi, par passion, mais surtout parce que cela me permettait d’exploiter mon bagage d’ingénieur en microélectronique dans le domaine de la musique. Mon diplôme universitaire concernait la conception de semi-conducteurs, et j'ai appris à élaborer intégralement des transistors à partir d’une feuille blanche. Dans ma position de constructeur, c’est un avantage majeur, car quand on creuse un peu, on se rend compte qu’assez peu de designers audio comprennent vraiment bien les limites physiques des transistors.

Vous n’avez exercé aucune autre activité dans la hi-fi avant Hegel ?
Non, j'ai commencé Hegel en 1985 à l'âge de 20 ans, donc je n'ai aucune expérience dans une autre société de Hi-Fi avant cela.

Pourquoi avez-vous choisi le nom de Hegel ?
Je jouais de la guitare électrique dans un groupe de rock norvégien dans la période 1983-1986. Parce que j'étais très intéressé par la philosophie à ce moment-là, j'ai appelé le groupe Hegel. Nommé d'après le grand philosophe allemand Friedrich Georg Wilhelm Hegel. Et je l’ai conservé pour la société.

Sur quels critères fondamentaux est Hegel différent de ses concurrents ?
Hegel utilise une nouvelle technologie, qui est fondamentalement différente de la technologie audio standard. En premier lieu, nous n'utilisons pas de contre-réaction globale. En outre, nous adoptons de nouveaux circuits qui reproduisent parfaitement les signaux dynamiques de la vraie musique. De nombreuses marques audio développent leurs produits avec une technologie optimisée pour les signaux de test continus. Pour nous, cela n'a aucun sens, car la vraie musique, n'est pas composée de signaux continus, mais d’une multitude de signaux dont l’intensité et l’amplitude varient en permanence.

Hegel est très attaché à l'innovation et à la communication. A gauche vous pouvez voir le logo correspondant au brevet du SoundEngine. A droite, vous découvrez les deux stades de matérialisation de cette invention. Le premier exemplaire prend la forme d'un circuit intégré truffé de cms. La dernière génération pousse l'intégration jusqu'à devenir une puce à part entière (composant bleu).

Quels sont les développements que vous avez faits pour la marque qui sont absolument déterminants (Sound Engine ...) ?
Notre brevet SoundEngine permet d’obtenir une très faible distorsion et une excellente performance en matière de signaux non continus, comme dans la vraie musique (rires). Il assure par ailleurs une très faible distorsion de croisement, ce qui préserve un très bon comportement dynamique.
Quant à nos horloges de précision, elles sont équipées de très efficaces dispositifs de réduction du jitter au sein de nos lecteurs et de notre convertisseur HD10.

Pourquoi les produits Hegel sont-ils si bon marché par rapport à leur performance ?
C'est parce que nous utilisons de nouvelles technologies. Ainsi, au lieu de choisir des composants coûteux pour améliorer des circuits audio fonctionnant selon de vieux standards, nous utilisons les nouvelles technologies afin de pouvoir sélectionner des composants de coût raisonnable. Cela rend les produits Hegel plus abordables que ceux d'autres marques.

Comment parvenez-vous à obtenir un facteur d'amortissement aussi élevé sur vos amplificateurs ?
C’est notre brevet SoundEngine qui offre ce haut facteur d'amortissement.

Vous indiquez « > 1000 », mais est-il plus élevé ? En quoi ce critère est-il important ? 
Ce qu’il y a de plus important à savoir en matière de facteur d'amortissement, c'est que les amplis Hegel parviennent à complètement neutraliser la force contre-électromotrice que l’enceinte acoustique essaye de renvoyer dans la sortie HP de l’amplificateur. Un haut-parleur est un composant inductif ; il essaiera toujours de renvoyer un courant quand il est alimenté par un signal d'entrée. Il est extrêmement important de détruire ce « retour » du haut-parleur, pour obtenir le meilleur contrôle des basses fréquences et le plus faible taux de distorsion.

Le futur ensemble est composé du préampli P30 et du bloc H30. Ce dernier fonctionne indifféremment en stéréo et en mono.

Quelles seront les prochaines nouveautés Hegel ?
Nous avons présenté à Munich au printemps un nouvel ensemble haut de gamme composé du préamplificateur P30 et de l’amplificateur H30. La caractéristique principale de ce dernier est d’être un bloc stéréo qui peut fonctionner en mono en doublant sa puissance, de 300 à 600 watts. Cela permet aux amateurs de faire évoluer leur système. Enfin, nous travaillons toujours sur le front du numérique.

Que pensez-vous de l'avenir de la musique dématérialisée ?
De plus en plus de gens utilisent le disque dur pour stocker de la musique. C’est assez logique puisque l’ordinateur devient l’interface privilégiée des consommateurs.
Le gros problème avec ce genre de fichiers musicaux, c’est le niveau de jitter qui dégrade le processus de lecture. En termes de technologie de décodage, conserver le plus faible taux de jitter est absolument nécessaire afin de parvenir à avoir un son de qualité avec des fichiers de musique stockés numériquement.
Hegel possède une connaissance particulière et profonde dans ce domaine de l'audio, car nous travaillons sur la technologie de réduction du jitter depuis 1994.
Hegel est l'une des rares entreprises de matériel haute fidélité qui possède une connaissance technologique de rang international dans la conception de circuits analogiques audio hautes performances ET une expertise en matière de développement numérique à faible taux de jitter.
Par conséquent, l'avenir de notre société dans le domaine de la musique stockée sur ordinateur devrait être lumineux ;-)

Le HD10 est le premier maillon 100% numérique lancé par Hegel, fin 2009. Il préfigure une génération de produits à venir chez le constructeur norvégien.

Propos recueillis par Laurent Thorin