Henri Texier Red Route Quartet
Label Bleu








Henri Texier est une personnalité marquante de l’univers du jazz contemporain hexagonal, certes, mais toujours prêt à découvrir d’autres horizons. Il enregistre depuis 1962 et a connu ou croisé la plupart des musiciens « qui comptent » avant de devenir assez vite l’un d’eux. Prolifique, pléthorique, alternant sans cesse la route et le studio, il joue inlassablement entrainant dans son sillage une foule de jeunes musiciens qui depuis font parler d’eux. Les nommer serait fastidieux, mais regardez la scène jazz française depuis une vingtaine d’années, cela devrait vous donner un aperçu. Bref Henri Texier est un passeur passionné.
Son dernier opus est le fruit d’un quartet, baptisé Red Route en référence à l’axe rouge londonien, artère de circulation qui intime l’ordre de ne pas arrêter, de continuer… Le musicien a aimé cette invitation et en a profité pour assembler autour de lui Christophe Marguet à la batterie, Manu Codjia à la guitare et son fils Sébastien au saxophone alto et à la clarinette.
Le Red Route Quartet interprète pour moitié des compositions originales, mais également des reprises des plus grands (Dexter Gordon, Lee Konitz, Chet Baker, Art Farmer, Hampton Hawes…) liées à l’amour et aux sentiments, fil rouge de ce disque. En tout état de cause le pari est entièrement réussi, tant le climat de sérénité et d’effervescence de cet album est manifeste. La longue relation de ces quatre hommes ne peut que préjuger de leur complicité. Les mélodies coulent avec une grande harmonie et beaucoup de « confort harmonique » ! Nous sommes moins dans le déferlement d’énergie brute que sur « Alerte à l’eau », son précédent opus, mais le bonheur d’écoute est tout aussi grand sur un registre plus serein, certainement.
La qualité sonore est tout à fait éloquente. On appréciera un son très pur, dépouillé de toute forme de coloration et allant à l’essentiel, comme débarrassé de la moindre trace de surépaisseur qui pourrait freiner cet élan irrésistible. En effet, sur un système musical, on se délectera du très beau rendu rythmique (essayez le solo de batterie de la plage 7 !), mais aussi de la très belle délicatesse avec laquelle la frénésie alterne toujours.
Laurent Thorin
















